Denise en 1943 et début 44

STO et répression

9 février 1943, Denise écrit - Il y a tout le temps des attentats « terroristes » et les Allemands pour nous punir, avaient ordonné le couvre-feu
– Interdiction de sortir entre 8 heures du soir et 6 heures du matin
– Mon Dieu que de vengeances s’amoncellent, de désirs de vengeance du moins car, pour l’instant, chacun se tient à carreau, au moins apparemment. Beaucoup ne savent plus où est leur devoir ; nous nous accrochons désespérément à la vérité à laquelle nous croyons ou du moins à ce que nous croyons être la vérité parce qu’un homme qui ne croit plus en rien est un homme fini. 

J’ai cherché loyalement de quel côté était le salut de la France (...) Et depuis que j’ai trouvé (...) j’essaye de faire comprendre aux autres, avec prudence bien sûr, leur devoir. C’est difficile, c’est dangereux surtout. Papa me l’a fait remarquer, mais je suis persuadée que nous n’obtiendrons pas le salut de la France sans mettre en péril notre tranquillité et il le sait bien. J’espère avoir le courage et l’énergie nécessaires pour affronter les dangers qui se présenteront sur ma route.

16 février 1943  – Instauration du STO pour les jeunes nés en 1920, 1921 et 1922.
Premiers départs en gare des Brotteaux prévu le 7 mars.

STO propagande22 février 1943 (Denise) – Depuis quelque temps déjà les Allemands nous obligent à un marché odieux : ils forcent les ouvriers français à aller travailler en Allemagne et en contrepartie, ils renvoient au compte-gouttes quelques prisonniers. (La Relève...)
Mais maintenant ils ont trouvé quelque chose d’encore plus terrible. Les jeunes gens de vingt et un, vingt-deux, vingt-trois sont mobilisés pour effectuer ce service obligatoire du travail : service de deux ans et mobilisation immédiate pour partir en Allemagne.  

STO réponse des jeunesLes étudiants se réunissent, ils discutent violemment, certains tapent des tracts pour encourager à refuser le départ en Allemagne, d’autres se démènent pour chercher des filières qui permettent de se cacher dans la montagne.

1er mars 1943 – Rafle de 300 personnes à Villeurbanne

5 juin 1943 – Important opération de police à Lyon pour retrouver des réfractaires au STO.

9 décembre 1943 – Maurice Schumann à la BBC  « Rappelez-vous ces deux noms : Henri Fertet et Marcel Reddet. Ils avaient 16 ans (vous entendez bien : 16 ans) quand, le 26 septembre dernier, ils furent abattus (...)

6 avril 1944 – Arrestation des enfants d’Izieu.

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En mai 44 Denise deviendra responsable des jeunes des Mouvements Unis de la Résistance.

Recherchée par la Gestapo, elle échappera de peu à l'arrestation.
Elle rappellera lors d’une vidéo en 2007 l’anecdote avec son petit frère.

C’était sur le pont de la Guillotière qui n’avait pas encore été détruit par les Allemands. Elle accompagnait son petit frère Bernard et ils avaient tous les deux un cartable sauf que le sien contenait des documents compromettant. Arrivé au milieu du pont, elle vit que de chaque côté, un camion militaire et la gestapo arrivaient pour bloquer ceux qui en sortaient. Elle demanda alors à son frère d’échanger discrètement leur cartable puis elle lui dit de partir devant en faisant un sourire au soldat et ensuite de poursuivre normalement son chemin sans courir. C’est ce qu’il fit. Même que le soldat le laissa passer en lui caressant la tête.
Arrivée à son tour à l’extrémité du pont, l’homme de la gestapo lui demanda d’ouvrir son cartable. Il vit cahier, plumier et livre et sans plus vérifier, la laissa passer.
Elle dira qu’elle a eu beaucoup de chance et en fait elle n’avait pas conscience que son petit frère aurait pu risquer gros.
Elle rajouta que si au lieu de la gestapo c’était un milicien, celui-ci aurait compris le subterfuge en reconnaissant des affaires de classe primaire.

Peu de temps après elle quitta Lyon pour se mettre au vert dans un camp de résistants car la répression en ville devenait plus forte. Elle retournera à Lyon en août 44.

Ȧ suivre
03 septembre 2020

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