Tout simplement noir

Comédie

JP, un acteur raté de 40 ans, décide d’organiser la première grosse marche de contestation noire en France, mais ses rencontres, souvent burlesques, avec des personnalités influentes de la communauté et le soutien intéressé qu’il reçoit de Fary, le font osciller entre envie d’être sur le devant de la scène et véritable engagement militant...

Tout simplement noirJean-Pascal Zadi et John Wax nous proposent un film incroyable et totalement surréaliste en pointant plus d’un préjugé sur un sujet explosif.
La première question que l’on se pose, c’est, comment a-t-il pu convaincre autant d'acteurs tous autant fantastiques les uns que les autres et débordant d’autodérision, de participer à cette aventure ?

Sans les citer tous, de Fary à Eric Judor en passant par Claudia Tagbo, Fabrice Eboué, Lucien Jean-Baptiste, Soprano ou encore la journaliste Karen Guiock, tous se sont prêtés au jeu de ce vrai-faux documentaire qui pointe les contradictions de chacun avec un humour mordant. Prenons comme exemple la scène de l'antillais déchaîné avec notre acteur Lucien Jean Baptiste et Fabrice Eboué, Celle de la journaliste Karen Guiock ou le dialogue bourré de non-sens avec Ramzy Bedia et ses amis.

Zadi est insolent et drolatique, et la grande force de son burlesque est qu'il égrène les discours mais n'en adopte aucun, nous laissant en tant que spectateurs, comme le font ses interlocuteurs : débattre, trancher ou entrer dans la complexité.

Chaque scène est très forte et bien jouée c’est aussi drôle que gênant et nous sommes parfois mal à l’aise tellement il dit d'absurdités. Personne n'est méprisé et quand la colère monte, c'est de la singularité de sa dentition que se moquent les interlocuteurs/trices de Jean-Pascal. C'est revigorant et on ne s'ennuie pas un instant pour parvenir peu à peu à plus de sagesse, plus de modestie avec, à la fin du film, un étrange happy-end en forme de fiasco car l’idéologie mémorielle et la victimisation obsessionnelle sont bel et bien une double impasse. Oui, mais pas que puisque ce film décortique les identités plurielles et reprend les stéréotypes et les clichés qu'on entend sur les uns et les autres et que le vrai-faux reportage brosse en filigrane le portrait d’un père de famille attachant qui voudrait lui aussi sa place sous les feux de la rampe. À ce sujet, petit clin d’œil à Caroline Anglade pour son petit rôle rafraîchissant en qualité d’épouse de Jean-Pascal.

Un film qui ne peut laisser indifférent et provoquer même la grossièreté de quelques sectaires et idéologues qui croyaient voir un pastiche à sens unique. À voir le cœur et l’esprit bien ouvert.

Opinion des gens :
Presse (32 titres) – 94% de positif dont 12% de 5/5 et 66% de 4/5 et en négatif, 6% de passable.
Spectateurs (366 critiques) – 76% de positif dont 36% de 5/5 et 25% de 4/5 et en négatif 10% de passable et 14% de mauvais.
Notation (1050 personnes) – 66% ont aimé ce film.

Nationalité : Français. Genre : comédie burlesque et grinçante.

Je n’ai pas mis l’affiche du film qui me semble éloignée du contexte, j’ai préféré l’image de la famille de Jean-Baptiste.

30 juillet 2020

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