Un divan à Tunis

comédie humaine de Manele Labidi

Après avoir exercé en France, Selma, 35 ans, ouvre son cabinet de psychanalyse dans une banlieue populaire de Tunis. Au lendemain de la Révolution, la demande s'avère importante dans ce pays « schizophrène ». Mais entre ceux qui prennent Freud et sa barbe pour un frère musulman et ceux qui confondent séances tarifées avec "prestations tarifées", les débuts du cabinet sont mouvementés… Alors que Selma commence enfin à trouver ses marques, elle découvre qu'il lui manque une autorisation indispensable pour continuer d'exercer…

Affiche un divan à TunisManele Labidi, réalisatrice franco-tunisienne, signe son premier long-métrage avec cette comédie réussie : intéressante, drôle et intelligente. Elle utilise les ressorts qui nous rappellent les comédies italiennes et nous livre une fresque sociale teintée de tendresse et d'humour pour mieux dépeindre un pays en pleine reconstruction sociale, politique, économique et administrative.

La mise en scène et le scénario appuient sans méchanceté le ridicule des situations, la caricature des personnages, la satire d'une société qui ne craint pas de rire d'elle-même et de ses dysfonctionnements et la bande-son est excellente.

Golshifteh Farahani irradie, toujours aussi subtile, au sourire désarmant, conquérante et rayonnante, dans ce petit théâtre tragi-comique. Je ne dirai rien des nombreux personnages qui sont tous parfaits, souvent attachants et parfois jubilatoires et ils ont chacun leur moment de « gloire ».

Juste une petite scène vers la fin lorsque Selma roule dans sa guimbarde, (accompagnée de sa nièce qui ne cesse d’apparaître quand on ne s’y attend pas) ; elle est alors au bout du rouleau, craque et tombe en panne la nuit sur une route déserte. Elle va être prise en charge par un taiseux qui n’est autre que le fantôme de Freud. Une courte scène onirique adorable.

Manele Labidi nous gratifie d’un cinéma naïf dans son sens pictural, qui va de la comédie de mœurs au portrait de groupe avec une insolence décontractée. Nous assistons au trajet existentiel vers la vérité et la connaissance de soi des personnages comme de la psy.

C’est reposant et ça fait beaucoup de bien. Je rajoute qu’il y a aussi quelques très beaux dialogues en arabe sous-titrés.

Ȧ voir absolument, une petite perle.   

Opinion des gens :
Presse (23 titres) – 100% de positif dont 70% de 4/5. Pour une fois, je suis en plein accord avec les professionnels de la presse qui saluent autant la qualité de la mise en scène que celle des acteurs et figurants qui accompagnent l’actrice.
Spectateurs (80 critiques) – 87% de positif dont 28% de 5/5 et 32% de 4/5 et en négatif 5% de passable et 8% de mauvais. Notation (370 personnes) – 80% ont apprécié le film.

Nationalité : Français. Genre : Comédie humaine, parodie.

16 février 2020

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