Seules les bêtes

film de Dominik Moll

Une femme disparaît. Le lendemain d’une tempête de neige, sa voiture est retrouvée sur une route qui monte vers le plateau où subsistent quelques fermes isolées. Alors que les gendarmes n'ont aucune piste, cinq personnes se savent liées à cette disparition. Chacune a son secret, mais personne ne se doute que cette histoire a commencé́ loin de cette montagne balayée par les vents d’hiver, sur un autre continent où le soleil brûle, et où la pauvreté́ n’empêche pas le désir de dicter sa loi.

Depuis, Le Cercle rouge le film franco-italien écrit et réalisé par Jean-Pierre Melville, sorti en 1970, le dernier film de Bourvil avec Yves Montand, Alain Delon, Gian Maria Volonté et Paul Crauchet, je n’avais jamais revu au cinéma un scénario aussi parfait avec des acteurs aussi géniaux.

Affiche seules les betesEh bien oui, ma passion du cinéma, prend un degré de plus avec « Seules les bêtes » inspiré d’un roman de Colin Niel, paru aux éditions du Rouergue en 2017 qui prouve décidément que Dominik Moll réalisateur et coscénariste a un sacré talent.

Je confirme : le hasard n’existe pas dans ces deux films de fiction et les rares critiques n’ont pas perçu le côté purement fictionnel de l’histoire qui fait qu’un film ou un roman nous permettent de vivre au-delà du réel, nous faisant rêver comme l’avaient souhaité les frères Lumières.

Je ne vous dirai rien de l’histoire où vous vous demanderez dès le début du film : « Comment un Africain, Armand, joué par  Guy Roger N’drin, qui, lui, réside bien loin du Rouergue, en Côte d’Ivoire, à Abidjan peut-il avoir un rôle à jouer, et un rôle qui n’a rien de mineur, dans la disparition d’une femme sur le Causse ? » C’est la trouvaille la plus étonnante de cette histoire qui n’a rien d’incongru.

Nous avons un film noir hypnotique, un polar rural évoquant avec une incroyable audace les ravages de la misère affective, la cruauté de l’amour fou. Il démarre comme un thriller social, qui se mue progressivement en une tragédie imprévisible et pathétique, dont chaque facette dévoile un nouveau piège et où la résolution de l’énigme importe moins que l’origine du mal.

Je vous dirai simplement que ce long métrage est Interprété par des comédiens impeccables : un très beau casting où chacun est aussi crédible que convaincant. Avec les toujours excellents Denis Ménochet, Laure Calamy, Valéria Bruni-Tedeschi comme l'incontournable Damien Bonnard et la belle révélation Nadia Tereszkiewicz, qui aident sans problème à nous faire passer un excellent moment.

Quel tour de force de nous balader ainsi de personnage en personnage, de petites histoires en petites histoires, en réservant un chapitre personnel à chacun. Ce qui nous permet de saisir chaque version, chaque point de vue. Tout ceci pour vous dire que le scénario est diablement habile avec quelque fois des dialogues écrits « par écran interposé » à l’humour particulier.

Ce suspense original très bien ficelé nous intrigue et nous séduit en ne finissant pas de nous surprendre jusqu’à la toute fin aussi improbable que le corps du film. Une étonnante et brillante réalisation.

Opinion des gens :
Presse (28 titres) – 90% de positif dont 14% de 5/5 et 54% de 4/5 et en négatif, 10% de passable.
Spectateurs (76 critiques) – 90% de positif dont 9% de 5/5 et 48% de 4/5 et en négatif 6% de passable et 4% de mauvais.
Notation (410 personnes) – 100% ont aimé ce film. C’est la première fois que ceux qui se prononcent à la sortie sont aussi unanimes.

Nationalité : Français, Allemand. Genre : suspense, policier, drame.

15 décembre 2019

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