Lise Bourdelin

Parachutiste, pilote d'avion... et danseuse

Dans mes recherches sur les femmes d'exception, je suis tombé sur la belle histoire d'une Lyonnaise passionnée.

Andrée Albertine Bourdelin dite " Lise " nait le 13 septembre 1907 à Lyon  3e. Son père est un ouvrier ajusteur.
Dès l'enfance, elle se passionne pour la danse où elle excelle puisqu'elle deviendra maîtresse de ballet à l'Opéra de Strasbourg.
En 1920, au sortir de la Grande Guerre, l'activité civile reprend sur l'aérodrome de Lyon en banlieue lyonnaise. L'Aéro-club du Rhône y produisait son premier meeting. Parmi les spectateurs, une fillette de 13 ans accompagnée de ses copines, Andrée Albertine, est littéralement fascinée.

Elle dira : << Je regardais évoluer les "zincs" avec l'incommensurable désir de monter dedans. >> 
Rajoutant : <<
Mais le prix du baptême était trop élevé pour ma bourse d'adolescente, qui contenait, pour toute fortune, le prix de mon entrée à la pelouse et de mon trajet d'autobus. >>
Il lui faudra patienter jusqu'à sa majorité (21 ans à l'époque) pour pouvoir passer le brevet de pilote. Pour l'heure, elle persévère dans la danse et l'enseignement et aussi, elle rencontrera au théâtre, une certaine Eva qui saute déjà en parachute.

Lise BourdelinEn 1928 Lise a 21 ans et elle se lance pour sa première descente. 
<<
Gonflée à bloc, c'est sans hésitation aucune que, sur un signe de mon pilote, j'enjambais la carlingue puis, sur un second signe, je me laissais glisser dans le vide. Le sort en était jeté et moi aussi. >>
Cette pionnière obtient son brevet de parachutiste ; elle est la 2e femme brevetée après Edith Boiteux. Dans la foulée, elle passe aussi son brevet de pilote à l'aéroclub du Rhône et participe comme parachutiste à de nombreux meetings d'aviation à Bron et en France.

À l'époque elle est la seule à faire la double descente avec ouverture du deuxième parachute retardée.

Audacieuse doublée d'une perfectionniste, elle aime le stress lié aux situations à risque. Très pragmatique, habile stratège, intuitive et imaginative, il émane d'elle un certain magnétisme.

Se mettre en scène pour le spectacle, le spectaculaire et les bravos du public, sont autant de bonnes raisons qui l'amène à la danse et au parachutisme. Ces deux domaines lui permettent de mettre en œuvre une minutie appliquée qui ne laisse rien au hasard et dans un contexte très cadré.

En femme d'avant-garde, elle ose faire ce qui ne s'est jamais fait.

Cette danseuse devenue dame volante qui a recherché l'adrénaline dans un sport à risque, décède l'année de ses cent ans à Saint-Rambert-en-Bugey, le 7 mars 2007.
Son nom figure sur la stèle érigée au cimetière de Montparnasse à Paris, en l'honneur des 27 premiers parachutistes brevetés dans le domaine civil.

28 avril 2021

Ajouter un commentaire