Le Chêne et le Roseau

Livre I - fable 22

Les sources de la fable se trouvent chez Esope : Le roseau et l'olivier

Le roseau et l'olivier se querellaient au sujet de leur résistance, de leur force, de la tranquillité de leur vie.
Comme l'olivier invectivait le roseau, lui reprochant d'être faible et de céder facilement à tous les vents, celui-ci resta sans mot dire. Il n'attendit pas longtemps.
Un vent violent ayant soufflé, le roseau, qui était secoué et ployait sous la tempête, se tira d'affaire facilement.
L'olivier qui s'était raidi contre le vent, fut brisé brutalement.

Cette fable signifie que celui qui se soumet aux circonstances et n'affronte pas directement les puissants se retouve dans une condition meilleure que celui qui entre en lutte contre les forts.

La Fontaine de son côté, pour mieux frapper les orgueilleux, donne au chêne un ton de protection insolente et il sera jeté aux pieds de celui que sa bienveillance voulait humilier.
Le destin du chêne et du roseau est celui des grands et des petits.

Version de La Fontaine

Le Chêne un jour dit au roseau :
Vous avez bien sujet d'accuser la nature
Un roitelet pour vous est un pesant fardeau.
Le moindre vent qui d'aventure
Fait rider la face de l'eau

Vous oblige à baisser la tête :
Cependant que mon front, au Caucase pareil,
Non content d'arrêter les rayons du soleil
Brave l'effort de la tempête.

Tout vous est aquilon ; tout me semble zéphir.
Encor si vous naissiez à l'abri du feuillage
Dont je couvre le voisinage
Vous n'auriez pas tant à souffrir : Je vous défendrais de l'orage ;

Mais vous naissez le plus souvent
Sur les humides bords des Royaumes du vent.
La Nature envers vous me semble bien injuste.
Votre compassion, lui répondit l'Arbuste,
Part d'un bon naturel ; mais quittez ce souci.

Les vents me sont moins qu'à vous redoutables.
Je plie, et ne romp pas. Vous avez jusqu'ici
Contre leurs coups épouventables
Résisté sans courbés le dos ;
Mais attendons la fin. Comme il disait ces mots,

Du bout de l'horizon accourt avec furie
Le plus terrible des enfants
Que le Nord eût porté jusque là dans ses flancs.
L'Arbre tient bon ; le Roseau plie.

Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tête au ciel était voisine,
Et dont les pieds touchaient à l'empire des morts. 
Le chêne et le roseau La Fontaine     

Version de Fabulgone

Où Fabulgone remet bien vite les pendules à l’heure
aux forts qui rabaissent les petits et leur crèvent le cœur.

Le chêne jouait au flambard face au petit roseau
Qui doit courber la tête au poids d'un p'tit moineau

Pour qui même une fourmi est un pesant fardeau.

Ȧ ta place, lui dit-il, moi j’passerais au guignol, (tribunal)
Avec un débarbot (
avocat) qui soye pas un mariole.
Et j’cloquerais un procès au grand barbu d’en haut,
Qui t’as fait riquiqui et moi maousse costaud.

C’est vrai que je tremblote au plus doux des zéphyrs, 
Qu’au moindre petit vent, je souffre le martyre,
Mais si je courbe la tronche, toujours je me relève,
Alors lâche-moi la grappe, Y a un orage qui se lève.

Zeus avait pris les boules. Il envoya Eole,
Le fils de Ménalippe, filer une torgnole,
Et punir le chêne de s’être payé sa fiole.

Un ouragan venu du fin fond de l’horizon,
Déracina le chêne qui tel un grand couyon,
S’abousa sur le sol au pied de l’avorton.

Le roseau qui s’était plié au ras du sol
Se dit qu’être vivant est un sacré coup de bol.
Quand il vit le géant il redressa sa tige
Et puis en se marrant il jabilla : - Tu piges
Toi qui touchais le ciel et te croyais costaud 
Sur le plancher des vaches te v’là tombé de haut.

Pas besoin de rappeler ce que Coluche a dit :
Dans la vie il n’y a pas de grands ou de petits,
La bonne taille pour les jambes, il n’y a pas de mystère,
C’est quand tes deux panards, ils touchent bien par terre.

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Chêne et Roseau Fabulgone

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