Le Paon se plaignant à Junon

Livre II - Fable 17

Phèdre – Plainte du Paon à Junon

Indigné de n'avoir pas eu en partage la voix du rossignol, le Paon vint trouver Junon.
« Ce chant harmonieux, dit-il, plaît à tout le monde, tandis que ma voix ne fait qu'exciter le rire. »

La déesse lui répondit pour le consoler :
« Tu l'emportes par la beauté, par ton port majestueux ! Ton cou brille des plus vives couleurs de l'émeraude, et tu déploies une queue étincelante de l'éclat de mille pierreries. A quoi me sert une beauté muette, si je suis le dernier par la voix ? Le Destin, reprit Junon, a assigné la part de chacun : toi, tu as reçu la beauté ; l'aigle, le courage ; le rossignol, le chant ; le corbeau, le don de prédire ; la corneille, celui des sinistres présages ; et cependant chacun est content de son lot. »
Gardez-vous d'envier les biens que vous n'avez pas ; votre espoir déçu ne vous laisserait que des regrets.

Comme vous l'allez voir, La Fontaine a juste mis Junon en colère au lieu de consoler l'oiseau, le menaçant de lui faire perdre son avantage

Version de La Fontaine

Le Paon se plaignait à Junon :
Déesse, disait-il, ce n’est pas sans raison
Que je me plains, que je murmure ;
Le chant dont vous m’avez fait don
Déplaît à toute la Nature :
Au lieu qu’un Rossignol, chétive créature,
Forme des sons aussi doux qu’éclatants ;
Est lui seul l’honneur du Printemps.

Junon répondit en colère :
Oiseau jaloux, et qui devrais te taire,
Est-ce à toi d’envier la voix du Rossignol ?
Toi que l’on voit porter à l’entour de ton col
Un arc-en-ciel nué de cent sortes de soies,
Qui te panades, qui déploies
Une si riche queue, et qui semble à nos yeux
La Boutique d’un Lapidaire ?
Est-il quelque oiseau sous les Cieux
Plus que toi capable de plaire ?

Tout animal n’a pas toutes propriétés ;
Nous vous avons donné diverses qualités,
Les uns ont la grandeur et la force en partage ;
Le Faucon est léger, l’Aigle plein de courage ;
Le Corbeau sert pour le présage ;
La Corneille avertit des malheurs à venir ;
Tous sont contents de leur ramage.

Cesse donc de te plaindre, ou bien, pour te punir,
Je t’ôterai ton plumage.

Pour l''image de la fable de La Fontaine,
J'ai choisi l'illustration de Gustave Doré

Celle de Fabulgone est plus élaborée
Pour le Parthénon c'est  une illustration de mon dernier livre d'histoire que j'avais au collège.
Le paon n'est autre qu'une figurine de la série Schleich
J'ai incrusté un arbre sur le côté gauche
Junon comme son siège est un découpage
 
Que j'ai installé et photographié dans un carton au fond blanc.

Le Paon et Junon - Gustave Doré

Version de Fabulgone

Où Fabulgone dénonce le mecton qui jalouse ses voisins
Sans rien voir pauvre couyon de ce qu’il possède en bien.

Le paon gicla un jour en haut du mont Olympe
Jaspinant à Junon : Si, près de toi, je grimpe,
Et que je m’déballonne, pardonne moi donzelle,
Mais esgourde ma voix, on dirait une crécelle.
Mon poteau l’rossignol qu’est le roi du bel canto,
Quand y pousse sa romance tu larmiches illico.
Si mézigue à mon tour, je pousse une cantate,
Tout le monde se barre, me jetant des tomates.
Répare cette injustice, et modifie ma voix
Change-moi dès demain en ténor d’opéra.

Esgourde bien mon miston, rétorqua la déesse,
Avant que ma grandeur te file son pied aux fesses,
Ce qu’avec Jupiter, nous avons concocté,
Pour que chaque volatile ait sa propre qualité.
Au faucon nous donnâmes, vitesse et légèreté.
Une vue perçante à l’aigle qui de la gent ailée,
Est le mec à la redresse des michtons du quartier.
Le corbac facilite aux augures, les présages,
Tandis que la corneille refile sans ambages,
L’annonce du malheur qui t’attend au virage.
La caille et le perdreau sont gouteux tous les deux,
Te diront les chasseurs et puis les maîtres queux.
Pas terrible l’avantage ! Oui, mais c’est délicieux.
Le rossignol lui chante, c’est l’roi du hit-parade.
Il quiritte la nuit et trille à la cantonade.
Mais il se planque le jour car de trouille il bade.
Et toi qui viens mendier, ne t’ai-je pas donné
La parure d’un roi qui te fait pavaner ?
Tu déploies en rayons ta queue qui étincelle
De milles pierreries, que reluquent les fumelles.

A quoi me sert dit l’paon, d’être le plus choucard,
Si ma voix est plus tarte que l’dernier des tocards.
Lorsque lui dit Junon sur toi je m’suis penchée
T’as reçu quelques dons, à toi d’en profiter
La gamelle du voisin garde toi d’y loucher,
Où ta vie ne sera que tristesse et regrets.
Alors lâche moi la grappe, magne toi de gicler,
Avant que ton croupion, je décide de l’plumer.

Le Paon se plaint a Junon

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