De sculpteur à Chute

En 1909 sous le titre Fablichonneries Georges Gillet fit éditer dans la collection des Conteurs Joyeux, un recueil de fabulettes avec des morales sous forme de calembours.
Nous étions à l'époque de Courteline et Alphonse Allais ainsi que d'autres auteurs de ces calembours qui faisaient les délices des lecteurs. 
Le calembour était souvent décrié par les auteurs jusqu'en 1900 où à partir du second Empire, le calembour s'installa en maître, dans les théâtres, les journaux et sur les boulevards.
Il fait aujourd'hui partie de notre vie quotidienne et Le Canard enchaîné en maintien joyeusement la tradition. Il ne déclenche pas vraiment les rires, mais fait toujours sourire.
Les fables que je vous offre sont illustrées par José Roy.
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Le sculpteur et l'Amour

Le Patineur

Un sculpteur portant l’Amour
Une adorable statuette,
En plein hiver, certain jour,
Par le bois de Boulogne allait à la Muette.
Voyant des patineurs, notre homme sur le lac
Veut malgré son fardeau, les imiter… mais crac !
Il glisse et laisse choir le frêle statuette
Du pauvre Cupidon qu’il brise tout net

Moralité
On ne patine pas avec l’amour !

Dédommagement

Hygiène

Dorénavant disait à la jeune Angélique
Son vieux mari fourbu, nous ferons, chaque mois
L’amour seulement une fois !
C’est peu, mais c’est assez : c’est plus hygiénique.
Il faut savoir en tout modérer son désir.
Angélique se tut ; mais bientôt, l’ame en peine
Elle s’en fut trouver son cher cousin Eugène
Qui lui promit de moins observer l’hygiène.

Moralité
Où il y a de l’hygiène, il n’y a pas de plaisir

Chute bénigne

Chute bénigne

Un client glissa chez une crémière
Et s'en vint tomber, tête la première,
Dans une motte de beurre... effroi général !
Mais le beurre amortit ce faux pas magistral.
L'homme se releva bientôt sans aucun mal.
Il n'eut qu'une mine effarée
Et la figure un peu beurrée...

Moralité
Plus de beurre que de mal