La mère Cottivet

Mere CottivetLe personnage de la Mère Cottivet est aussi célèbre à Lyon que Guignol ; il a été créé et interprété par l’auteur humoriste Elie Périgot-Fouquier (1891-1971), qui en écrivit les sketchs. L’émission fut diffusée sur Radio Lyon de 1927 au (à la mort de l’artiste) tous les mercredis de 11h à midi
La Mère Cottivet a aussi été interprétée par le chansonnier Marie Benoît Antoine Renard, dit Benoîst Mary (1864-1944).

Parfaite pipelette, les sketchs de la Mère Cottivet commençaient toujours par la phrase « En descendant montez donc, vous verrez le petit comme il est grand ».
Elle habitait au 99, « cent moins n’un » de la Montée de la Grande Côte, donc tout en bas de la Montée, et au dernier étage de l’immeuble et finissait par « À mercredi que vin mes belins belines ».

Le personnage de la Mère Cottivet a connu un succès aussi important que notre marionnette emblématique, dont elle est devenue un personnage en parodiant les mœurs et les pratiques des hommes politiques. De nos jours et avec talent certains parodient sur la toile l’humour caustique de notre concierge adorée.

Précisons que cotivet en parler lyonnais signifie la nuque (du grec kotte qui signifiait pour la tête : la nuque). le mot s'écrit avec un seul "t" tandis que le nom de notre truculente pipelette s'écrit avec deux "tt", Cottivet, ce n'est pas une faute d'orthographe.

 

Le confinement par la mère Cottivet

À l’attention des vrais Gones... (Tout l'monde y peut pas être de 'Yon, tant pis donc pour vous autres, pauvres michemahuts)

"Sainte-Marie des Terreaux, priez pour celle des Brotteaux...", comme disait la Mère Cottivet, tout va de bisangoin et ça sent un drôle de goût, c'est certainement le bocon.
C'était pourtant pas des gognandises qu'on nous avait dégoisées, p'us moyen de se peter la miaille, ni même de barjaquer bugne à bugne aque nos amis au bar des Gones. P'us possible, même pour les catolles du quartier, de jacqueter et de faire un tas de patrigots. Le grand vide, rue de la Croix-Rousse... et comme ma main, la rue des Pierres Plantées. Cinquante-cinq jours sous une benne à se piétiner les agacins ! On est resté pique-plante tout gredin à faire la bobe, recrenillé chacun dans son coin, blanc comme une patte mouille...
Et c'est pas la fin des embiernes ! S'il te faut aller à consulte, c'est maintenant de loin au téléphone ; si te retrouves à plat-de-lit, à raqueter et à carcasser, si te as attrapé la caquerelle ou "le vas-y-vite", c'est tout de suite direction l'hôpital pour te rapapilloter rondo si te veux pas en défunter.
On nous avait dit que Le Coronus Vira durerait pas autant que le marché de Villefranche... Mais justement, le marché de Villefranche, de nos prop' zyeux on l'a vu fermé : première fois depuis mille ans ! Même qu'à la réouverture, on était tous après faire la queue en gardant b'en la distance.
Quant aux ordres et aux contrordres, tous des balans... On va tâcher moyen de leur y dire comme y faut : si te veux pas être pris pour un cogne-mou, quand t'as voulu, vas pas dévouloir ! Par chance, et sans vouloir hypothéquer sur les brouillards du Rhône, on annonce le déconfinement et on est fin prêt à se décabaner. C'est pas que le silence nous dérange, mais le sicotti commence à nous manquer vers la Grand'côte. Ah, vivement le retour du bistanclaque.
Et puis tous ces connectés petafinés qui se bambannent avec leurs liens virtuels (ça veut dire "pour de faux"...) et qui transmettent leurs messages qu'à ceusses qui comprennent. Les autres ont qu'à se marcotter. Moi, sans être un niquedandouille complètement bazut, j'ai surveillé ma boîte-à-lettres : mais toujours aussi vide...

Enfin, je me tiens tati et en attendant, je vous coque la gaugne».

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