La Mère Bizolon

La maman des Poilus

La Mère Bizolon est une Mère à part.

La Mère BizolonEn 1893, à l’âge de 22 ans, elle devient veuve avec son fils unique Georges, âgé de deux ans. En août 1914 ce dernier est mobilisé au front où il est tué en mars 1915. Clotilde Bizolon se retrouve seule et elle dira :
" La Guerre m’a pris mon fils unique, désormais tous les soldats seront mes fils ! "

Elle décide alors d’ouvrir sa buvette " Le déjeuner du soldat " devant la gare de Perrache.
Quelques planches et six tonneaux composent le petit comptoir derrière lequel elle distribue café, vin, des biscuits, du saucisson, du bouillon et surtout, des mots de réconfort.
Sans relâche, cette femme de 44 ans voit défiler des dizaines de poilus, qu’elle encourage quotidiennement. Sa renommée grandit.  Elle obtient le soutien financier d’un riche américain domicilié dans le Bugey, John Jacob Hoff.  Edouard Herriot, le maire de Lyon, l’aide aussi en faisant construire une vraie buvette en dur, avec un comptoir en zinc.

À la fin de la guerre, celle qui est devenue la " maman des poilus " ne s’arrête pas. Elle transforme l'ancienne boutique de cordonnier de son mari en un modeste " bouchon lyonnais " et participe à de nombreuses oeuvres de bienveillance. 
En 1925, Edouard Herriot lui remet la légion d’honneur.

Au début de la seconde guerre mondiale, à presque 69 ans, Clotilde Bizolon rouvre " le déjeuner des soldats " pour accueillir les bidasses partant au front. L’affluence est la même. Mais la dame se fait vieille. Sa célébrité réveille des jalousies.
Dans une ville et un pays en pleine déconfiture, elle se fait agressée chez elle le 29 février 1940 avant de mourir quatre jours plus tard le 4 mars.
L’enquête ne trouvera jamais l’auteur de l’agression.

Plaque Clotilde Bizolon Mère des poilusL’émotion est vive pour celle qui était, la Madelon pour les soldats, la maman des poilus pour les lyonnais pour lesquels elle fut la Mère la plus aimée de son vivant. Des centaines de de personnes se réunissent pour ses obsèques, à la basilique Saint-Martin-d’Ainay à Lyon 2e. Le cardinal Gerlier, primat des Gaules est présent, tout comme le président du Cartel des anciens combattants, le maire de Lyon et plusieurs conseillers municipaux.

Après la Seconde Guerre Mondiale, une plaque commémorative est apposée en gare de Lyon-Perrache.
Plus tard, la ville de Lyon donnera son nom à une rue du 2ème arrondissement, «
rue Clotilde Bizolon ».
Tous les ans, au 11 novembre, sa tombe est fleurie.

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buvette Bizolon  en 1917

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