La Mélie ou Mère Amélie

Une légende beaujolaise de la gastronomie lyonnaise

La Mélie est le diminutif de Marie-Louise Émilie Deschamps que l'on retrouve inscrit sur la façade de son établissement sous entendant La Mère Amélie. Elle est née en 1856 à St Nizier d'Azergues. En 1856, elle épousa Albert Carton né, lui aussi pas bien loin du village de sa future femme, à Poule-les-Écharmeaux en 1865, un jeune homme qui a donc neuf ans de moins qu'elle. Ils auront un enfant unique, Albert Carton né en 1892 et qui périra au début de la guerre le 8 octobre 1914 ; il avait 22 ans. Quant à son mari, il décèdera en 1929. Elle, par contre, vivra jusqu’en 1941 à l’âge avancé pour l’époque de 85 ans.

Souvenir de LamureCes beaujolais purs souche sont restés de grandes figures de leur territoire et La Mère Amélie un des personnages caricaturaux des Mères Lyonnaises, car son restaurant à Lamure sur Azergues n’en est pas moins un territoire du Lyonnais et de la gastronomie Lyonnaise. L'influence gastronomique de la Capitale des Gaules est considérable du temps de notre sommité locale. La Mère Amélie devient une légende vivante et son fort caractère n'y est pas pour rien. En effet, des milliers de cartes postales circulent dans toute la France sur cette femme qui n'hésite pas à s'exhiber quitte à choquer pour l'époque. On la voit photographiée sur une table, dans sa carriole avec son chien et ses légendaires répliques, à califourchon sur une chaise comme un homme, tenant un bouquet à la main, les mains dans les poches dans sa tenue de mitron ou de cuisinière en chef de l'époque.

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La Mélie à tableLa patronne c'est elle, et il faut que cela se sache. Rien n'est trop beau pour faire parler d'elle et le narcissisme lui va si bien pour oublier la tragédie de sa vie. Qui n'a pas entendu parler de La Mélie au cours de La Belle Époque dans le lyonnais ?

La rivière de L'Azergues qui passe dans le village de La Mèlie descend du col des Écharmeaux pour se jeter dans la Saône à Anse. Ȧ cette époque, les rivières sont très poissonneuses, une canne à pêche suffit pour ramener le nécessaire à la cuisine. La Mèlie fait des plats traditionnels et roboratifs de son terroir. L'une des spécialités gastronomiques de la région est sans conteste le saucisson du Beaujolais, cuit dans son jus. L'andouillette du Beaujolais, les poires au Brouilly, les fromages, biscuits, confitures et bien d'autres spécialités de saison. On vient de très loin pour déjeuner chez La Mèlie.

Tout le monde en parle, elle ose ce que les autres n'osent pas. C'est une grande gueule au cœur d'or. Un sacré caractère qui n'a que faire des ouï-dire avec son tempérament tout en rondeur et cette exigence qui font les grandes cuisinières avec leur chignon typique de la Belle-Epoque. La Mélie reste encore de nos jours, une célébrité incontournable, une légende des Mères de la gastronomie lyonnaise.

Commentaires (1)

grange
  • 1. grange | 21/09/2020
Très intéressant de connaitre les personnes représentative de nos régions, surtout quand elles sont peu connues du public.
Lire cela est beaucoup plus intéressant que les débats contradictoires sur le covid.
Félicitations

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