Du XIXe à nos jours

Histoire 2ème partie

En 1856 une réparation des mécanismes tentée par Joseph Mourier sera sans effet et l'horloge restera muette jusqu'en 1894 où la Commission des Monuments Historiques confiera la nouvelle restauration à la Maison Château de Paris qui terminera son travail en 1903. En 1954 un simple nettoyage s'avérera insuffisant devant l'état de dégradation de la vieille horloge astronomique.
En 1990, les Monuments Historiques reconnaissent la vétusté inquiétante de l'horloge et sa complète rénovation s'effectuera dans le respect des règles des anciens maîtres. L'entreprise lyonnaise Xavier Desmarquet se voit confier les travaux d'horlogerie. Automates, cadrans, mécanismes divers, tout est démonté et restauré en atelier. Les roulements sont inspectés et polis, et les cinq câbles changés, dont l'un permet à un poids de 300 kg d'actionner le mécanisme de l'heure, de la minute, de l'astrolabe et du calendrier perpétuel. Les parties en bois et en métal sont également restaurées, après avoir été débarrassées, pour les premières, des vers qui les habitaient.

Dès le début de l'an 2000 l'horloge de Saint-Jean de Lyon a retrouvé son carillon et son lustre d'antan, mettant en valeur toutes ses particularités. En partie basse, sur le devant (face ouest), se trouvent deux cadrans. L'un contient le calendrier perpétuel et l'almanach ecclésiastique. Il donne l'année, le quantième du mois, le jour de la semaine, le calendrier romain et grégorien avec le saint du jour, et tous les renseignements pour les offices quotidiens, ainsi que les dates des fêtes religieuses qu'elles soient fixes ou mobiles : Épiphanie, Mercredi des cendres, Paques, Ascension, Pentecôte, Fête Dieu et Avent et ce jusqu'en 2019.

Au-dessus de ce premier cadran il en existe un second nommé l'Astrolabe. Il est formé de deux parties mobiles superposées à un cadran fixe, l'une se rapporte au mouvement solaire, l'autre au mouvement lunaire. Il indique les heures, la position du soleil, les phases de la lune, la hauteur des astres dans le ciel et les signes du zodiaque. Sur la face sud de l'horloge, un cadran ovale, muni d'une aiguille télescopique, marque les minutes avec une particularité, celle de ne pas comporter le chiffre 45, mais deux fois le chiffre 46.

Sur la partie haute se trouvent tous les automates. Sur une première galerie au centre, on aperçoit un personnage symbolisant le jour de la semaine. Il change tous les jours à minuit et représente : - le dimanche : le christ ressuscité - le lundi : la Mort avec sa faux - le mardi : Saint-Jean-Baptiste - le mercredi : Saint-Etienne - le jeudi : le Christ tenant une hostie et un calice - le vendredi : un enfant tenant une croix - le samedi : la Sainte Vierge De chaque côté de ce personnage se trouve un génie : celui de droite tient un bâton de chef d'orchestre, et celui de gauche un sablier.

Au-dessus, la Vierge agenouillée regarde vers le public ; en face d'elle une porte ; plus haut encore, le Père Eternel avec de chaque côté de lui des anges prêts à frapper sur des cloches. Au-dessus encore, une nouvelle galerie avec un Suisse tenant une hallebarde et enfin tout en haut sur le dôme un coq.

Aux différentes heures de la journée, 12, 14, 15 et 16 heures, tous ces automates s'animent au moment où l'heure va sonner :
- Le génie de gauche donne le top départ en retournant son sablier.
- Le coq chante trois fois en haussant le cou et battant des ailes.
- Les anges frappent sur les cloches et jouent l'hymne de Saint-Jean-Baptiste, pendant que le génie de droite bat la mesure avec son bâton.
- L'Ange Gabriel ouvre la porte et salue la Sainte Vierge qui se tourne vers lui et s'incline, alors qu'elle vient d'apprendre qu'elle sera Mère de Dieu (c'est l'Annonciation).
- Une colombe représentant le Saint-Esprit descend au-dessus de la Vierge par le plafond qui s'entrouvre, pendant que Dieu le Père bénit trois fois.
- Le suisse circule sur la galerie supérieure, saluant au passage.
- Au dernier coup de cloche de l'hymne, la colombe et l'ange se retirent, la porte se referme, les personnages s'immobilisent, et la grosse cloche située sous le coq sonne alors l'heure.

En 2013, l’horloge fut vandalisée par un déséquilibré mental et grâce aux dons elle a pu être restaurée, mais les travaux de rénovation de la cathédrale ont nécessité son confinement (comme pour les humains) et c’est seulement fin 2019 que le public a pu la retrouver en l’état. 

La cathédrale Saint-Jean et son horloge astronomique restent un atout touristique majeur de ce quartier de Lyon inscrit sur la liste du Patrimoine mondial de l’Humanité de L’Unesco depuis décembre 1998.
Souhaitons-lui de charmer nos yeux et nos oreilles pendant encore de longues années.

Commentaires (1)

Marie thérèse Caucheteur
  • 1. Marie thérèse Caucheteur | 17/05/2020
merci ... je ne connaissais pas cette horloge... je n'irais plus voir de la meme facon la cathedrale. Bisous

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