Peter Pan épisodes 11 à 15

Cette troisième série va nous montrer les interactions entre les différents groupes, Peter pan et ses amis, Crochet et les pirates, les Peaux-Rouges... et le crocodile géant.
Comme toujours, les épisodes sont en ordre décroissants au fur et à mesure de leur saisie ci-dessous.
     
Bonne lecture et n'oubliez pas de cliquer sur les images pour en améliorer la visualisation.

 

épisode 15 - La lagune aux sirènes

Il ne suffit pas de croire aux sirènes pour en rencontrer sur les eaux,
mais il suffit parfaitement de croire à l'influence des mots, pour que cette influence aussitôt surgisse.
Jean Paulhan - Les Fleurs de Tarbes

Wendy ne s’inquiétait pas trop, persuadée que ses parents gardaient la fenêtre ouverte.
Ce qui la troublait, c’était que ses frères ne gardaient qu’un vague souvenir d’eux. Elle décida donc de maintenir leur mémoire par des interrogations écrites comme à l’école.
Les garçons perdus insistèrent pour y participer et chacun s’asseyait autour de la table pour répondre aux questions à leur façon.
Les questions étaient simples : Quelle est la couleur des yeux de maman ? Qui est le plus grand, papa ou maman ? Maman est-elle blonde ou brune ? Décrivez le rire de papa, de maman, la niche et son locataire…
Quand on ne savait pas répondre on mettait une croix. Seul La Plume répondait à toutes les questions, mais les réponses étaient si saugrenues qu’il se retrouvait le plus souvent à la dernière place.
Peter qui méprisait toutes les mères exception faite pour Wendy, n’y participait pas d’autant qu’il ne savait ni lire ni écrire.

Souvent Peter sortait seul et à son retour il était difficile de savoir s’il avait eu une aventure ou non et s’il fallait conter toutes les aventures qu’il s’octroyait réelles ou non il faudrait un volume de la taille d’un dictionnaire encyclopédique.
Il lui arrivait de rentrer avec la tête couverte d’un bandage. Wendy le dorlotait et baignait son front avec de l’eau tiède, tandis qu’il l’affolait avec des récits étourdissants comme la fois où il sauva la vie de Lis Tigré, l’attaque nocturne de la maison souterraine où les assaillants restèrent coincés dans les troncs creux d’accès, les combats pour rire avec les indiens…

Wendy et les SirènesMais parlons de la lagune aux sirènes. Les enfants passaient de longues journées d’été sur la lagune, à nager flotter et jouer dans l’eau, mais les sirènes ne les traitaient pas en amis ; c’était le plus vif regret de Wendy qui ne reçut jamais d’elles le moindre mot poli et si la jeune fille s’approchait trop, elles plongeaient et l’éclaboussaient avec leurs queues.
Sur le rocher de l’îlot des Abandonnés où elles se doraient au soleil, seul Peter pouvait venir bavarder avec-elles. La période la plus fascinante pour les observer est celle du changement de lune où elles émettaient d’étranges gémissements mais la lagune était alors dangereuse pour les mortels.
Wendy aimait se rendre à la lagune les jours où le soleil brillait après la pluie car les sirènes se rassemblaient par centaines et jouaient avec des bulles multicolores faites d’eau et d’arc-en-ciel. Elles s’en servent comme de ballons qu’elles se lancent l’une à l’autre d’un coup de queue jusqu’à ce qu’elles éclatent.
Les deux extrémités de l’arc-en-ciel forment les buts et les gardiennes de but n’ont le droit de se servir que de leurs mains.
Si les enfants  s’approchaient, les sirènes s’évanouissaient aussitôt et ils se retrouvaient seuls. Mais les sirènes les observaient en douce quand ils jouaient au ballon et elles adoptèrent la technique de John qui consistait à se servir de sa tête pour renvoyer le ballon.

Par un beau jour d’été, les garçons faisaient la sieste sur l’îlot des Abandonnés, une demi-heure après le repas comme le souhaitait Wendy.
Soudain un changement survint dans la lagune, le soleil s’obscurcit, les ombres passèrent sur l’eau qui se mit à frissonner, la lagune d’ordinaire si riante, avait pris un aspect hostile, inquiétant. Transie de peur, son cœur se mit à battre sauvagement en entendant un battement sourd d’avirons, et Wendy paralysée n’arrivait pas à réveiller les garçons.
Par bonheur pour eux tous, Peter était capable de sentir un danger jusque dans son sommeil. Il se dressa d’un bond, l’œil vif et bien ouvert et d’un cri réveilla ses compagnons. Puis il tendit l’oreille et s’écria :
Les pirates, plongez !
Il y eut comme un feu d’artifice de jambes nues, puis la lagune sembla totalement déserte avec le rocher des Abandonnés qui se dressait solitaire au milieu des eaux sombres. La barque se rapprochait.

C’était le canot des pirates, avec trois personnes à bord. Smee et maître Starkey, et rien moins que Lis Tigré, prisonnière. Ses mains et ses chevilles étaient ligotées et elle n’ignorait pas le sort qui l’attendait.

À suivre...
21 décembre 2020

épisode 14 - la maison souterraine

Une maman qui vous borde au lit laisse un parfum de sommeil.
Jean Gastaldi ; Le petit livre de maman (2003)

Heureusement pour lui, personne ne demanda à Peter ce qu’était une première impression car ils étaient affairés à soigner leur mise.
Tout le monde retenait son souffle sauf Clo-la-Rétameuse qui ricanait du haut de sa branche.
La porte s’ouvrit sur Wendy et tous ôtèrent leur bonnet. Elle avait l’air étonnée comme ils l’espéraient demandant : 
« Où suis-je ? »
La Plume le premier dit : « Dame Wendy, c’est pour vous que nous avons construit cette maison. »
« Dites qu’elle vous plaît ! rajouta Bon Zigue. »
« Une exquise et délicieuse maison ! s’exclama Wendy »
« Et nous sommes vos enfants ! » s’écrièrent les Jumeaux.

Ils s’agenouillèrent en lui demandant d’être leur mère à tous. Elle hésitait ; alors Peter lui précisa qu’il faut juste qu’elle ait l’air maternelle et donc elle accepta puis joua son rôle de maman en les faisant entrer après qu’ils se soient essuyé les pieds et quand elle leur promit de leur lire la fin de Cendrillon, ils se précipitèrent tous à l’intérieur.

Vous vous demandez comment ils peuvent tous tenir dans la petite hutte. C’est simple, nous sommes au pays de l’imaginaire et tout est possible.

La Maison souterraineL’histoire finie, elle alla les border dans le grand lit de la maison souterraine et revint dormir dans sa petite maison.
Peter monta la garde devant sa porte car il entendait au loin les pirates qui bambochaient et les loups qui rôdaient.
Il s’assoupit et les fées revenant d’une fête durent escalader son corps et en passant elles déposaient une sorte de bisou sur son nez avec leur poudre de fées.

Le lendemain Peter prit les mesures de Wendy, John et Michael  pour leur trouver des arbres creux à leur taille. Car en fait chacun rejoint la maison souterraine en passant par un tronc creux et ils doivent cadrer avec celui-ci.
La technique pour monter et descendre est un peu complexe mais au bout de quelques jours les trois enfants Darling maitrisèrent le principe de reptation ; nous voyons bien ici que ce n'est pas n'importe quel individu qui peut y accéder.
John, Michael et surtout Wendy adoraient, la maison souterraine qui se composait d’une seule pièce avec un plancher en terre que l’on pouvait creuser pour trouver des vers si on voulait aller à la pêche et il y poussait des champignons solides qui servaient de sièges.
Un arbre imaginaire poussait au centre que l’on coupait à ras du sol le matin, car à l’heure du thé, il atteignait la hauteur de deux pieds et en posant dessus une porte ça faisait une table.
Le repas terminé, on sciait à nouveau le tronc pour avoir plus de place pour jouer.
Il y avait aussi un énorme foyer qui se trouvait à l’endroit où il vous plaisait d’allumer le feu.

Wendy tendit des cordes de fibre pour y mettre la lessive à sécher.
Pendant le jour on rabattait le lit contre le mur. On l’ouvrait le soir car il remplissait la pièce à moitié. Tous les garçons y dormaient sauf Michael, allongés comme des sardines en boîte. Pour se retourner il fallait que quelqu’un donne le signal et tous se retournaient comme un seul homme.
Michael aurait bien voulu être de la partie, mais Wendy voulait un bébé,
vous savez comment sont les femmes, il était le plus petit alors il dormait suspendu dans un panier.

Reine MabDans le mur, une niche pas plus grande qu’un cage d’oiseau constituait les appartements de Clo-la-Rétameuse, avec un léger rideau pour l’isoler du reste de la pièce. Clochette était tatillonne sur ce chapitre et tirait le rideau chaque fois qu’elle se dévêtait. Aucune femme n’aurait pu rêver boudoir plus exquis. Son lit était un authentique Reine-Mab (une fée des légendes britanniques médiévales voir l’image) aux pieds rococo, sa courtepointe variait selon les fleurs de la saison. Le miroir, bien connu des fournisseurs de fées, datait du Chat Botté (il n’en reste plus que trois exemplaires à l’heure actuelle).
La table de toilette réversible provenait de chez Chippendale, le fameux ébéniste et s’harmonisait à la commode Prince Charmant VI.
Le chandelier n’était là que pour faire joli car la fée éclairait elle-même la pièce. Clochette était très fière de son alcôve même si l’ensemble avait un petit côté prétentieux.

Wendy trouvait son séjour enchanteur et sa turbulente famille lui donnait fort à faire. Elle avait à peine le temps d’aller prendre le frais le soir et encore avec une chaussette à la main.
Elle préparait toute sorte de plats exotiques à base d’ignames, de noix de coco, de sapotilles (
La sapotille est le fruit du sapotillier, arbre que les mayas utilisaient pour le latex qu’il contient. La pulpe de la sapotille est juteuse et très sucrée, comme caramélisée. Mais au-delà de cet aspect des plus gourmands, la sapotille contient beaucoup de vitamines et de minéraux qui font de ce fruit exotique un fruit à découvrir.) et autres. On ne savait jamais si l’on allait faire un vrai repas ou un pour rire car cela dépendait de l’humeur du capitaine car pour lui, faire semblant de manger ou manger pour de vrai était pareil.
Lorsque tout le monde était couché, Wendy ravaudait, elle leur taillait de nouveaux pantalons et les renforçait aux genoux et son visage rayonnait.

Rappelez-vous, quand Wendy rêvait dans sa chambre à Londres, elle chouchoutait un louveteau abandonné par ses parents. Dès que celui-ci sut que Wendy était dans l’île, il la retrouva ; ils se jetèrent dans les bras l’un de l’autre et désormais le petit loup ne la quittait plus.
Au fur et à mesure que le temps passait, Wendy songeait bien de temps en temps aux parents bien-aimés qu’elle avait abandonnés. C’est une question ardue car il est impossible d’évaluer le temps au pays de l’Imaginaire, qui se calcule en lunes et soleil innombrables. Alors…

À suivre...
14 décembre 2020

épisode 13 - La petite hutte

Petite maison, mais bien aménagée,
Petit champ, mais bien cultivé,
Petite femme de bonne volonté.
Proverbe anglais

La Guigne se tenait fier près du corps de Wendy lorsqu’arrivèrent les garçons qui n’entendirent pas Clochette les traiter d’imbéciles avant de disparaître.
La Plume fut le premier à dire qu’elle n’etait pas un oiseau, mais une dame et La Guigne trembla.
Bon zigue rajouta « Et nous l’avons tué ! »
Tous ôtèrent leurs bonnets.
Le frisé dit «  Peter nous l’amenait » « Pour prendre soin de nous !» conclurent les Jumeaux. La Guigne était tout pâle plein de remords et commença de s’en aller, mais il fut retenu par ses compagnons qui avaient plus peur pour eux que pour lui.
À ce moment ils entendirent Peter chanter signalant ainsi son retour comme à son habitude.
Les Garçons se mirent autour de Wendy, la cachant et La Guigne se tint à l’écart. Intrigué de leur silence, il leur dit qu’il leur avait amené une mère. Tous s’écartèrent en silence de Wendy et Peter la vit. La Guigne lui dit qu’elle était morte.

Peter ôta la flèche du cœur de son amie demandant qui l’a tuée et La Guigne à genoux se dénonça. Il demanda à Peter de le tuer avec cette, flèche mais par deux fois, le bras de peter retomba disant que quelque chose l’empêchait de frapper.
« C’est la dame » dit Bon Zigue montra le bras levé de Wendy qui soupira murmurant : « Pauvre La Guigne ».

« Elle est vivante » dit Peter, ce que confirma La Plume en pleurant. S’agenouillant près d’elle Peter aperçu le bouton qu’il lui avait offert comme baiser et qu’elle avait suspendu à la chaîne de son cou. « Mon baiser lui a sauvé la vie » dit-il, en priant Wendy de se rétablir rapidement.

Les garçons lui apprirent la perfidie de Clochette la vraie responsable et Peter, la chassa disant qu’il n’était plus son ami malgré qu’elle essayait de se justifier. Wendy souleva alors un bras et peter radouci dit à Clochette « Bon ! Va-t’en juste une semaine ! » Les fées sont d’étranges créatures et Peter qui les connaissait bien leur distribuait souvent des gifles.

Le Frisé et La Plume proposèrent de la descendre dans leur maison, mais Peter dit qu’il ne fallait pas la toucher ce qui serait un manque de respect et pour qu’elle ne meure pas comme le craignait La Guigne, il proposa de construire une petite hutte autour d’elle se qui enthousiasma les garçons.
En un clin d’œil, affairé comme une couturière la veille d’un mariage, ils apportèrent couvertures et bois pour construire la hutte.

C’est alors qu’apparut John suivit de Michael soulagés de retrouver Peter. Peter leur dit que Wendy dormait et qu’avec les garçons, ils étaient tous ses serviteurs. Il les embaucha pour aider à la construction.
Peter demanda à La Plume d’aller chercher un médecin, mais comme il n’y en avait pas, La Plume mit le haut-de-forme de John et feignit d’en être un.
Sans toucher Wendy, il fit semblant de l’examiner et déclara qu’elle était guérie et qu’il faut lui donner du bouillon de viande dans une tasse à bec.

Petite huttePeter suggéra à Wendy de chanter pour dire le genre de maison qu’elle souhaiterait. Sans ouvrir les yeux, Wendy chanta :
« Je voudrais avoir une jolie maison, la plus petite qui puisse se voir, avec de drôles de petits murs rouges et un toit vert moussu ! » Ça tombait bien, ils avaient des branches poisseuses de résine rouge et le sol était tapissé de mousse.
Les garçons chantèrent : « Nous avons bâti les petits murs et le toit, et fabriqué une jolie porte. Dis-nous donc, maman Wendy, ce qui te ferait encore plaisir ? »
Wendy demanda avec convoitise : « Oh ! Comme j’aimerai avoir de pimpantes fenêtres avec des roses qui pointent leur nez à l’intérieur et des bébés qui passent la tête dehors ! »
En un clin d’œil les fenêtres furent prêtes avec de grandes feuilles jaunes en guise de volets et les garçons firent semblant de faire pousser des roses. Pour les bébés, ils entonnèrent : « Nous avons fait les roses, et les bébés attendent à la porte. Nous ne pouvons nous faire nous-même car on nous a déjà faits. »
Peter content de l’ouvrage remarqua qu’il manquait un heurtoir à la porte. La Guigne offrit la semelle de son soulier qui faisait un excellent heurtoir.
« Il faut aussi une cheminée » dit Peter. John proposa son haut-de-forme que Peter défonça d’un coup de poing et le déposa sur le toit. Ravie d’être pourvue d’un élément aussi essentiel, la petite hutte se mit à fumer en signe de remerciements. Il ne restait plus qu’à frapper à la porte.

« Tachez de vous tenir comme il faut, la première impression est décisive ! » les prévint Peter.

À suivre...
08 décembre 2020

épisode 12 - Le drame, une flèche atteint Wendy

Les pirates s’égayèrent parmi les arbres. Seul avec Smee, Crochet se confia à son fidèle maître d’équipage.
Crocodile et Crochet— « Par-dessus tout, dit Crochet avec passion, je veux étriper leur capitaine, Peter Pan. » Il brandit son crochet menaçant. « Peter m’a coupé la main et l’a jetée à un crocodile qui l’a trouvée si bonne qu’il me suit d’une mer à l’autre pour manger le reste de ma personne. »
Il était assis sur un grand champignon, et avec un frémissement dans sa voix, il rajouta.
— « Ce crocodile, par chance a avalé un réveil, et donc avant qu’il ne puisse m’atteindre, j’entends la tic-tac et me sauve. J’ai toujours l’angoisse que le réveil s’arrête. » Il se mit à rire, d’une voix caverneuse.

Depuis qu’il s’était assis sur le champignon, il ressenti de la chaleur.
— « Smee, dit-il, ce siège est chaud ! » Ils examinèrent le champignon, qui était d’une taille et d’une solidité inconnue sur l’île ; ils le tirèrent vers le haut, et comme il n’avait pas de racine le champignon sortit de terre et ils virent de la fumée sortir du trou comme s’il s’agissait d’une cheminée.
Ils comprirent qu’ils venaient de découvrir la maison souterraine des Garçons perdus dont ils entendirent les voix joyeuses car ils se sentaient en sécurité. Crochet replaça le champignon, remarquant aussi les sept arbres au tronc creux.
Il hocha la tête, resta longtemps perdu dans ses pensée jusqu’à ce qu’un sourire crispé allume son visage basané. Smee attendait.
— « Déballez votre plan, capitaine, s’écria-t-il avec empressement. »
— « Retournons au navire, répondit Crochet, faisons cuire un énorme gâteau riche de crème et recouvert de sucre. Il ne peut y avoir qu’une seule pièce en dessous, car il n’y a qu’une seule cheminée. Ces taupes stupides n’ont pas cru devoir mettre une porte par personne. Ça montre bien qu’ils n’ont pas de mère. Nous laisserons le gâteau sur la plage de la lagune des Sirènes. Les garçons nagent souvent là-bas, jouant avec les sirènes. Ils trouveront le gâteau et ils vont le manger gloutonnement ignorant que c’est dangereux de s’empiffrer avant de se baigner et ils mourront ! »

Il éclata de rire, quand soudain un bruit ténu puis grandissant, tic tac tic tac, leur parvint aux oreilles.
— « Le crocodile ! » souffla Crochet et ils décampèrent à vive allure poursuivis par le saurien géant.

Les garçons émergèrent de leur souterrain sans se soucier de rien, et se retrouvèrent face à Bon Zigue poursuivi par une meute de loups.
— « Sauvez-moi, sauvez-moi ! » s’écria Bon Zigue s’effondrant dans l’herbe.
Songeant à ce qu’aurait fait Peter Pan, les Garçons prirent une allure menaçante, pliés en deux, et se précipitèrent vers les loups qui s’enfuirent la queue basse. Bon Zigue se releva et ses compagnons crurent qu’il voyait encore des loups mais il s’écria 
— « J’ai vu une chose plus extraordinaire encore, s’écria-t-il tandis que ses amis l’entouraient avec impatience. « Un grand oiseau blanc. Il vole vers nous. Il semble épuisé et à chaque coup d’aile il gémit disant "Pauvre Wendy" ».
Je me souviens, dit La Plume qu’il existe des oiseaux qui s’appellent des Wendys. C’est alors qu’ils distinguèrent la voix perçante de Clochette. La jalouse petite fée attaquait sa victime de tous côtés et cria aux Garçons.
— « Peter vous ordonne de tuer le Wendy. »

Les garçons avaient l’habitude d’obéir à leur chef sans poser de question et se précipitèrent dans leur maison, chercher leur arcs et leurs flèches. La Guigne qui avait sur lui son arc et ses flèches fut remarqué par Clo.
— « Vite, La Guigne, cria-t-elle ! Peter sera si content ! »
Tout frémissant, La Guigne ajusta sa flèche.
— « Ecarte-toi, Clo ! » Cria-t-il, puis il tira.

L’instant d’après, Wendy s’abattait sur le sol, une flèche plantée dans la poitrine.

À suivre...
02 décembre 2020

épisode 11 - A la queue leu leu

Les pirates ne paient pas d'impôts
Et s'font des tatouages sur les biscotos
Boris Vian - chanson Les pirates

Crochet était d’allure racée ; il soignait sa diction et se montrait d’autant plus courtois que ses intentions étaient sinistre, D’un courage indomptable, seule la vue de son propre sang l’effarouchait. Il tenait toujours en bouche un fume-cigare de sa fabrication qui lui permettait de fumer deux cigares à la fois.
Œil-de Bœuf le bouscula malencontreusement et le crochet du capitaine jaillit tuant le maladroit. Voilà l’homme terrible contre lequel Peter Pan était opposé. Qui sera vainqueur ?

Sur la piste des pirates qui suivaient la piste des Garçons perdus, arrivaient sans bruit, sur le chemin de la guerre, les Peaux-Rouges qui portaient des tomahawks et des couteaux. Leurs corps nus luisaient de peinture et d’huile et ils portaient à la ceinture des scalps, ceux des garçons comme des pirates.
Ils étaient de la tribu Piccaninny qu’il ne faut pas confondre avec les Delawares ou les Hurons au cœur plus tendre.
En avant-garde nous trouvons Grande Grosse Petite Panthère le guerrier qui possédait le plus grand nombre de scalp et fermant la marche (
poste le plus périlleux) voici Lis Tigré une princesse à part entière, la plus belle Diane des Dianes brunes ; c'est elle qui dirige la tribu. Elle se montrait à la fois coquette, froide et ardente ; chacun des braves voudrait l’épouser, mais elle évitait l’autel à coups de hachette, distribués aux malheureux prétendants.
Se déplaçant sans bruit, on entendait que leur respiration car ils étaient un peu gras après avoir festoyé et cela constituait leur principal danger.

Nous les voyons disparaitre comme des ombres, suivis d’une procession bigarrée de fauves, lions, tigres, ours, devant lesquels fuyaient les plus petites bêtes sauvages.
Tous ces mangeurs d’homme vivaient joue contre mâchoire sur cette île bienheureuse. Leurs langues pendantes attestaient qu’ils avaient faim cette nuit.

Fermant le ban venait le Crocodile géant.

Le défilé pourrait durer indéfiniment puisqu’ils tournaient en rond autour de l'île, à la même allure, jusqu’à ce que l’une des parties s’arrêta ou changea de rythme et alors très rapidement, nous assistons à la mêlée.
Les premiers à sortir du cercle furent les Garçons qui s’affalèrent sur l’herbe près de leur maison souterraine.
Les Garçons perdus« J’aimerais que Peter revienne », dirent-ils nerveusement bien que chacun d’entre eux, soit en hauteur comme en largeur, tous plus grands que leur capitaine.
« Je n’ai pas peur des pirates, dit La Plume, mais j’aimerai qu’il nous raconte la suite de l’histoire. »
Ils parlaient de Cendrillon et de son côté, La Guigne était convaincu que sa mère devait être très belle comme la princesse du conte de fées. Ce n’est qu’en l’absence de Peter qu’ils pouvaient parler de leurs mères, un sujet tabou et stupide selon lui.
« Tout ce dont je me souviens de ma mère, leur dit Bon Zigue, c’est qu’elle disait souvent à mon père : "
Oh, comme j’aimerais avoir mon propre chéquier ! " Je ne sais pas ce qu’est un chéquier, mais j’aimerais en offrir un à ma mère. »
Pendant qu’ils parlaient, ils entendirent un bruit lointain, la chanson sinistre des pirates.
En un clin d’œil, à l’exception de Bon Zigue parti en reconnaissance, ils se réfugièrent dans leur maison souterraine, une résidence charmante que nous visiterons prochainement. Nous ne voyons pas d’entrée mais si vous regardez attentivement, vous apercevrez sept grands arbres, et leurs troncs creux qui sont les sept entrées de la maison souterraine que capitaine Crochet recherchait en vain depuis de nombreuses lunes.

La trouvera-t-il ce soir ? Car les pirates s’approchaient et l’œil rapide de Starkey aperçut Bon Zigue s’apprêtant à disparaître à travers le bois. Il sortit son pistolet pour tirer mais une griffe de fer saisit son épaule.
« Rengaine ton pistolet, dit Crochet sur un ton menaçant en rajoutant : Le bruit aurait rabattu sur nous les Peaux-Rouges de Lis Tigré. Veux-tu perdre ton scalp ? »
« Voulez-vous que je le suive avec Jean Tire-Bouchon, demanda Smee ? »
Smee avait des noms amusant pour tout, et le sobriquet de tire-bouchon s’adressait à son couteau qu'il aimait tortiller dans la plaie d’un ennemi. Smee avait aussi des côtés adorables comme, après un meurtre, essuyer ses lunettes, au lieu de son poignard.
« Pas maintenant, Smee, dit Crochet. Je les veux tous les sept ensembles, Peter et les Garçons. Dispersez-vous et cherchez-les. »

À suivre...
25 novembre 2020

Commentaires (2)

Ginie
  • 1. Ginie | 16/12/2020
Bonsoir mon pipa, j'ai lu la suite des histoires de Peter Pan. Merci. Bisous
fabulgone
  • fabulgone | 17/12/2020
En cette période grisounette, un peu de rêve est nécessaire. Bisous Chic'Pie

Ajouter un commentaire