Ch 8 C'est de mon invention

2 - Le cavalier blanc, son chargement, sa chansonnette

Cavalier blancPendant qu’ils voyageaient ensemble et après avoir fait plusieurs chutes de cheval car il était très maladroit, le cavalier lui raconta ses inventions toutes plus farfelues les unes que les autres. Avec ses doux yeux bleus et son bon sourire, il se mit à chantonner à la façon d’une mélopée une chansonnette de son invention qu’il avait appelé Assis sur une barrière et qui se révéla très surréaliste la voici
« Je vais te conter maintenant l’histoire de ce bon vieillard chargé d’ans, assis sur la barrière. Qui es-tu et quel est ton gagne-pain ? Dis-je à cette relique. Comme un tamis retient du vin, je retins sa réponse :
‘’Je pourchasse les papillons qui volent dans les nues ; j’en fais des pâtés de mouton, que je vends dans les rues. Je les vends à de fiers marins qui aux flots s’abandonnent ; et c’est là mon seul gagne-pain. Faites-moi donc l’aumône ! ’’

Mais moi qui concevais ce plan : teindre en vert mes moustaches et me servir d’un grand écran pour que nul ne le sache, je dis (n’ayant rien entendu) à cette vieille bête : Allons, voyons ! Comment vis-tu ? Et lui cognai la tête. Il me répondit aussitôt :
‘’ Je cours à rendre l’âme et lorsque je trouve un ruisseau vivement je l’enflamme ; on fait de l’huile pour cheveux de cette eau souveraine ; moi je reçois un sou ou deux, c’est bien peu pour ma peine. Mais je pensais à un moyen de me nourrir de beurre, et ne manger rien d’autre, afin d’engraisser d’heure en heure. ‘’ »
Comme s’il n’avait rien écouté de cette réponse, le cavalier repris : 
« Je le secouai sans façon, et dis plein d’impatience : allons comment vis-tu ? Quels sont tes moyens d’existence ?
‘’ Je cherche des yeux de brochets sur l’herbe radieuse, j’en fais des boutons de gilets dans la nuit silencieuse. Je ne demande ni diamants ni une bourse pleine, mais, pour un sou à tout venant j’en donne une douzaine. Aux crabes, je vends des gluaux, j’en fais un grand massacre ; ou je vais par monts et par vaux chercher des roues de fiacre. Voilà comment en vérité, j’amasse des richesses… Je boirais bien à la santé de votre Noble Altesse. ‘’ »
Cette fois-ci, le cavalier qui avait écouté et entendu la réponse déclara :
« Je l’entendis, ayant trouvé un moyen très facile d’empêcher les ponts de rouiller en les plongeant dans l’huile. Je le félicitai d’avoir amassé des richesses et, plus encore, de vouloir boire à ma Noble Altesse. »
Et à ce moment il dit en terminant sa chanson…

Fin de l’épisode, à suivre…
04 août 2022.

1 – Les cavaliers rouge et blanc s’affrontent

Le bruit décrut et un silence de mort régna. Le plat ayant contenu le gâteau était à ses pieds et Alice n’avait pas rêvé.
Les cavaliersC’est alors qu’aux cris de : « 
Holà ! Holà ! Echec ! », un cavalier en armure écarlate fonça sur la fillette en brandissant sa lourde masse d’arme. Le cheval stoppa net devant elle et le cavalier dégringola à bas de sa monture. « Tu es ma prisonnière cria-t-il en remontant en selle ! »
lorsqu’une nouvelle voix retentit : «
Holà ! Holà ! Echec ! ». C’était à son tour le cavalier blanc qui arrivant près d’Alice chut à son tour à terre puis il se remit en selle déclarant avoir vaincu le cavalier rouge. Ils se toisèrent tous les deux en silence et mirent leurs casques ressemblant à des têtes de cheval avant de s’affronter. 
Ils se cognaient avec tant de fureur qu’Alice se réfugia derrière un arbre. Ils alternaient les chutes et les remises en selle, jusqu’à ce qu’ils tombèrent ensemble. Fin du combat, ils se serrèrent la main, le cavalier rouge enfourcha son cheval et partit au galop.

Alice dit qu’elle voulait être Reine. « Pas de problème ! déclara le cavalier blanc, je vais te protéger jusqu’au prochain ruisseau ; tu le franchiras et tu seras Reine. » La jeune fille le remercia et l’aida à enlever son casque. Il avait de longs cheveux blancs, le visage plein de bonté et de grands yeux très doux. Il était revêtu d’une armure en fer blanc et portait comme un sac à dos une boîte retournée vers le bas dont le couvercle pendait.
« 
C’est une boîte de mon invention pour que la pluie n’y pénètre pas ; j’y place mes vêtement et des sandwichs. » S’apercevant qu’elle était vide à cause du couvercle ouvert, il l’accrocha à une branche d’arbre pour que les abeilles viennent s’y nicher et lui donner du miel.
« 
Vous avez une ruche attachée à votre selle, s’étonna Alice. »
« 
Je sais, répondit-il, mais aucune abeille ne s’y est approchée. Je suppose que les souris qui sont à côté empêchent les abeilles de venir à moins que ce ne soient les abeilles qui empêchent les souris de venir. »
Laissant Alice perplexe, il lui montra les anneaux de fer aux chevilles de sa monture précisant : 
« 
C’est de mon invention pour qu’il ne soit pas mordu par un requin. » Ceci étant, il fourra le plat à gâteau dans un sac qu’il accrocha à sa selle avec d’autres sacs chargés de bottes de carottes, de pelles, de pincettes, de tisonniers et tout un tas d’autres objets.
Ils se mirent en chemin, elle à pied et lui sur son cheval qui avançait doucement au pas…  

Fin de l’épisode, à suivre…
25 juillet 2022