La galette des rois

Histoire de la galette

La galette des rois tire son origine des Saturnales, les fêtes romaines situées entre la fin du mois de décembre et le commencement de celui de janvier, durant lesquelles les Romains désignaient un esclave comme « roi d’un jour ».
Ces fêtes favorisaient l’inversion des rôles au cours du banquet au sein de chaque grande famille. Les Romains utilisaient la fève d’un gâteau pour tirer au sort le « roi d’un jour » où l’esclave disposait du pouvoir d’exaucer tous ses désirs pendant la journée avant d’être mis à mort, ou plus probablement de retourner à sa vie servile. Cela permettait de resserrer les liens d'affections domestiques.

Cette coutume fut reprise par les chrétiens ou le partage de la galette fut associé à la célébration des rois mages lors de l'Épiphanie.

Au Moyen Âge, le duc Louis II de Bourbon, dès 1356, voulant montrer sa piété le jour des Rois (à l'épiphanie), il faisait roi un enfant de huit ans, le plus pauvre que l’on trouvât en toute la ville. Il le revêtait d’habits royaux et lui donnait ses propres officiers pour le servir. Le lendemain, l’enfant mangeait encore à la table du duc, puis venait son maître d’hôtel qui faisait la quête pour le pauvre roi. Le duc de Bourbon lui donnait communément quarante livres, tous les chevaliers de la cour chacun un franc et les écuyers chacun un demi-franc. La somme montait à près de cent francs que l’on donnait au père et à la mère pour que leur enfant fût élevé à l’école.

Avant Louis XIV, les grandes dames qui tiraient la fève devenaient reines de France d’un jour et pouvaient demander au roi un vœu dit « grâces et gentillesses » mais « le Roi Soleil » abolit cette coutume. Il conserva toutefois l’usage du gâteau des rois.  

Quand vint la Révolution, le nom même de « gâteau des rois » fut un danger et Manuel, du haut de la tribune de la Convention, tenta sans succès d’obtenir l’interdiction du gâteau des rois, mais la galette triompha du tribun. Peu après, un arrêté de la Commune ayant changé, dans la séance du 31 décembre 1791, le jour des rois en « jour des sans-culottes », le gâteau n’eut plus sa raison d’être. Cette disparition ne fut néanmoins que momentanée car les sans-culottes ayant renommé l’Épiphanie en « fête du Bon Voisinage », un décret du 4 nivôse an III ayant recommandé de partager la « galette de l’Égalité », il reparut bientôt sur toutes les tables familiales.

Un sondage est réalisé en France en 2014 : 97 % des français goûtent cette fête, mais 85 % selon une autre source. Ils mangent pour : 70 % une galette à la pâte feuilletée et à la frangipane, essentiellement dans le 3/4 nord de la France ; 11 % un gâteau à la pâte plus ou moins dense parfumée à l'eau de fleur d'oranger, principalement dans l'extrême sud ; 8% une galette à la pâte feuilletée, de la frangipane et de la pomme ; 9 % en consomment plus de cinq.
68 % trichent pour donner la fève aux plus jeunes.

Part du pauvrePour assurer la distribution aléatoire des parts de galette, il était de coutume que le plus jeune se place sous la table et nomme le bénéficiaire de la part. L’usage commande de partager la galette en autant de parts que de convives, plus une. Au Moyen Âge, cette dernière, appelée « part du Bon Dieu », « part de la Vierge » ou « part du pauvre » était destinée au premier pauvre qui se présenterait au logis.

 

La fève

L’emploi de la fève (la graine) remonte aux Grecs, qui en utilisaient pour l’élection de leurs magistrats. Les Romains se servant du même moyen pour élire le maître des Saturnales. L’Église combattit longtemps cette coutume païenne avant de nommer la graine "l’enfant Jésus, longtemps cherché par les Rois mages".

Pendant la Révolution française, on remplaça "l’enfant Jésus" par un bonnet phrygien. La même époque vit naître la « galette de la Liberté », ou « de l'Égalité », dépourvue de fève, qui permettait de poursuivre la tradition du gâteau partagé sans élire un roi.

À partir de 1870, les graines de fève furent systématiquement remplacées par des figurines en porcelaine ou, plus récemment, en plastique. Si l'emploi de fèves est d'actualité, il existe une multitude de fèves fantaisie que collectionnent les adeptes de la « fabophilie ».

GaletteLa personne qui découvre la fève a le droit de porter une couronne de fantaisie puis choisit sa reine ou roi. Dans le circuit commercial, dans la seconde moitié du XXe siècle, les boulangers fournissent avec la galette une couronne en papier doré ou argenté. Plus traditionnellement, chaque famille réalise et conserve une ou plusieurs couronnes.

Galette louisianeL’Épiphanie étant passée, avec les émigrants français, dans le Nouveau Monde, il est de coutume de consommer à La Nouvelle-Orléans lors du mardi gras un « gâteau des rois » consistant en une espèce de brioche au glaçage aux couleurs violette, verte et or, traditionnelles du carnaval, quelquefois fourrée de fromage à la crème et de pralines.
On trouve des coutumes similaires selon les pays et les régions, qui recourent à d’autres sortes de pâtisserie :
En Belgique, la pratique est très répandue (elle porte le nom de driekoningentaart en Belgique néerlandophone)
En Suisse Francophone, la galette des rois est restée la galette à base de brioche La galette beurrée (ou au beurre) en Belgique, comme dans le nord de la France
Le bolo rei au Portugal
Le roscón en Espagne
Le king cake au sud des États-Unis
La rosca au Mexique
La vassilopita en Grèce
La pitka en Bulgarie.

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