J'ai perdu mon corps

Animation de Jérémy Clapin

Ȧ Paris, Naoufel tombe amoureux de Gabrielle. Un peu plus loin dans la ville, une main coupée s’échappe d’un labo, bien décidée à retrouver son corps. S’engage alors une cavale vertigineuse à travers la ville, semée d’embûches et des souvenirs de sa vie jusqu’au terrible accident. Naoufel, la main, Gabrielle, tous trois retrouveront, d’une façon poétique et inattendue, le fil de leur histoire...

Affiche J'ai perdu mon corpsJérémy Clapin nous propose un film superbe qui fait se rencontrer, avec une remarquable fluidité, le fantastique et la chronique réaliste. 

Il adapte le roman de Guillaume Laurant (coscénariste) au cinéma avec tendresse et mélancolie. Une histoire incroyable, d’une infinie tendresse et délicatesse, à la fois profonde et intelligente.

Grâce aux cadrages savants et aux poursuites frénétiques au ras du sol dans les rues de Paris, nous nous attachons aux aventures, de cette main obstinée, qui se déroulent en parallèle de l'histoire de Naoufel, jeune garçon qui tombe amoureux de Gabrielle. Il y a juste ce qu'il faut de dialogues pour mettre en valeur les magnifiques images invoquées par les mots. Pareillement, les musiques collent aux situations ; du sans faute. 

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La main face aux ratsLa main est très sensorielle, du toucher d’éclats de verre à celui d’une moquette comme dans ses gestes de défense et elle est incroyablement dotée… de la « vue ». Nous comprenons vers la fin l’objet de sa quête qui anticipe la romance des jeunes gens, Nous comprenons aussi la présence de cette mouche qui, par moments, que ce soit au travers des flash-back sur l’enfance du garçon ou dans le présent, joue un « rôle ».

Les deux histoires alternent entre onirisme et réalisme sur la solitude et le passage de l’enfance à la maturité. Un film qui se révèle une véritable odyssée sentimentale et physique.

Naoufel gabrielleȦ voir pour le romantisme mélancolique qu’il dégage en se situant dans les années 90 avant la pollution des technologies, tactiles à outrance, qui font parfois perdre nos sens normaux du toucher ou de la vue.

C’est beau, doux, cruel et optimiste sur la volonté humaine qui a fait dire à Saint-Exupéry : Fais de ta vie un rêve et de ton rêve une réalité. Et c’est à nous de poursuivre la suite de ce conte qui ne se termine pas vraiment. Un petit bijou que je conseille fortement car ce film d’animation est un cadeau qui nous fait comprendre que le sens du merveilleux ne fait pas perdre le sens de la réalité.

Opinion des gens :
Presse (29 titres) – 100% de positif dont 40% de 5/5 et 55% de 4/5.
Spectateurs (70 critiques) – 86% de positif dont 24% de 5/5 et 40% de 4/5 et en négatif 10% de passable et 4% de mauvais.

Notation (575 personnes) – 82% ont aimé ce film.

Nationalité : Française. Genre : Animation, drame, onirisme, poésie

11 novembre 2019

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