Deux Moi

comédie sociétale de Cédric Klapisch

Rémy et Mélanie ont trente ans et vivent dans le même quartier à Paris. Elle multiplie les rendez-vous ratés sur les réseaux sociaux pendant qu'il peine à faire une rencontre. Tous les deux sont victimes de cette solitude des grandes villes, à l’époque hyper connectée où l’on pense pourtant que se rencontrer devrait être plus simple… Deux individus, deux parcours. Sans le savoir, ils empruntent deux routes qui les mèneront dans une même direction… celle d’une histoire amour ?

Deux Moi afficheDisons le tout de suite, Cédric Klapisch nous offre là deux films en un, deux histoires qui comme des parallèles se suivent sans se rencontrer. Au-delà du seul décor de la capitale, "Deux Moi" s'attarde d'abord sur les facteurs externes qui renforcent leur isolement, Le monde professionnel par exemple obsédante pour Mélanie, déshumanisé pour Rémy. La famille avec l'impossibilité de communiquer réellement avec un parent et le manque de confiance en soi. Les réseaux sociaux et les illusions virtuelles qu'elles induisent.

En mêlant l'absurde à la gravité, la caméra de Cédric Klapisch saisit donc toute l’importance de cette pression sociétale exercée sur chacun d’eux en se recentrant sur ce qui se cache en eux, un passé douloureux ou des expériences amoureuses désastreuses.

François Civil et Ana Girardot sont époustouflants de naturel et de crédibilité. Nous pouvons même dire qu’ils ont joué en état de grâce. Le film va s'attacher à retracer le processus de guérison effectué par Rémi et Mélanie pour les amener à se rencontrer, avec leur thérapie assez jubilatoire plus profonde qu’elle n’y parait.
Camille Cottin, psy de Mélanie et François Berléand, psy de Rémy sont plus vrais que nature avec beaucoup de charisme.

Rajoutons le jeu de Simon Abkarian dans le rôle de Mansour, l’épicier, qui est excellent et apporte une touche de douceur au scénario qui nous fait pester à chaque échec d’une rencontre qui nous paraissait évidente. De même le chat qu’ils partagent simultanément ou la chanson de Dalida qui les réunit un moment sans qu’ils se voient, sont des petits rayons de soleil dans la grisaille de leur vie. Tous les seconds rôles sont bien en place et contribuent à la crédibilité du scénario.

Je ne dirai rien de la fin, mais je pense que nous avons là, un des plus beaux films de Cédric Klapisch que j’avais déjà bien apprécié avec Ce qui nous lie ou Le voyage de Fanny pour ne citer que ces deux exemples. Ici encore, la justesse de son regard en qualité de réalisateur ne faillit jamais, grâce à sa subtile combinaison de rires et de larmes qu'il véhicule par son analyse toujours pertinente des rapports humains.

Opinion des gens :
Presse (33 titres) – 97% de positif dont 70% de 4/5 et en négatif 3% de passable.
Spectateurs (225 critiques) – 70% de positif dont 13% de 5/5 et 32% de 4/5 et en négatif 21% de passable et 9% de mauvais.
Notation (1600 personnes) – 77% ont aimé ce film.

Nationalité : France. Genre : comédie sociétale qui sous-tend le romantisme.

20 septembre 2019

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