Premier Contact

Science-fiction de Denis Villeneuve

Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions. 
Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver des réponses. Pour les obtenir, la jeune femme va prendre un risque qui pourrait non seulement lui coûter la vie, mais détruire le genre humain…

Premier contactLe québécois Denis Villeneuve nous offre avec « Premier Contact » un film de science-fiction intelligent qui n’a rien à voir avec les habituels « Guerre des mondes » ou « Indépendance Day » dont le seul objectif est de magnifier le héros américain qui finit par vaincre un ennemi cent fois plus avancé et plus fort que lui en fédérant toute les nations.

Nous avons ici une histoire audacieuse, captivante, émouvante et surprenante.

Clin d’œil à Kubrick « 2001 Odyssée de l’espace » et à Truffaut « Rencontre du Troisième type » ; il n’en est pas une copie avec un scénario très travaillé, sans effets spéciaux ni violence ni stupidité affligeante et une très belle image de Bradford Youg qui oscille entre un présent aux couleurs glaciales et des flash-back aux couleurs chaudes.

Nous découvrons avec originalité les « Aliens » dans un flou très artistique. Le contact n’est pas physique, mais bien celui qui est le thème de cette histoire pacifique et poétique ; nous montrer l’importance et la beauté du langage, fondement de la communication orale mais aussi écrite.

Amy Adams dans le rôle de Louise Banks, professeur et experte en langage et communication porte superbement le film sur ses frêles épaules, car ici, il est question de délicatesse et d’humanité.
Le personnage d’Ian Donnelly interprété par Jérémy Renner est tendre avec un peu d’humour qui arrive à point ; bien sûr il nous paraît un peu effacé par rapport au rôle principal féminin mais c’est surement volontaire. Pour une fois que l’héroïne n’est pas dépendante d’un homme, nous n’allons pas nous plaindre.
Quant à
Forest Whitaker, le colonel Weber, il est aux antipodes de tous les clichés habituels, ni va-t-en-guerre, ni mollasson mais bien confiant et soucieux de donner les moyens à la professeure pour la réussite de sa mission.

Le continuum espace-temps que nous découvrons peu à peu et un peu déroutant sans nous faire perdre le fil de l’intrigue car les cases temporelles s’imbriquent en douceur, même si nous perdons de nos repères habituels. Beaucoup de symboles et de puissance sont exposés ici de façon simple et avec talent : de « carpe diem » à nos rapport avec les autres, de nos parlers qui influencent nos comportements et de notre difficulté à nous comprendre à cause de la barrière des langages diversifiés.

Autant de messages qui nous font dire :
- Jusqu’à quel paroxysme et jusqu’où devrons-nous baigner dans le malheur pour parvenir à une union !
Un très beau film à ne pas manquer dans le contexte perturbé actuel.

Bonnes opinions                                                                                 Avis défavorables

Presse :         92% dont 30% de 5/5 et 55% de 4/5   -   pas de mauvais, ni de nul, 8% de passable à 2/5
Spectateurs : 79% dont 23% de 5/5 et 39% de 4/5   -   21% dont 5% de nul !

Commentaires (1)

michel
  • 1. michel | 07/01/2017
Le titre français ("Premier contact"), pour une fois bien mieux que l'original ("Arrival"), indique parfaitement la problématique en jeu dans cette histoire.
Les questions linguistiques qui se posent pour parvenir à un premier contact, précisément, sont passionnantes , et c'est en effet ce qui distingue ce film des multiples histoires d'extra terrestres sur les écrans et qui très souvent supposent la question résolue, sans nous dire jamais comment.
Parfaitement d'accord sur le reste de votre critique .
J'ajoute qu'Amy Adams est ici d'une simplicité aux antipodes de sa sophistication de "Nocturnal animals".

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