Marie-Octobre

Drame de Lucien Viard et Julien Duvivier

Marie-Hélène Dumoulin (Danielle Darrieux), patronne d’une maison de couture, était Marie-Octobre pendant la guerre. Membre d’un groupe de résistants, elle a vu son chef et amant Castille arrêté et exécuté par les Allemands. Quinze ans plus tard, elle apprend que le réseau avait été dénoncé par l’un des siens. Elle réunit tous les survivants pour un dîner, bien décidée à démasquer le traître.

Marie OctobreUn huis-clos époustouflant, un film extraordinaire, un casting éblouissant. Un cadeau offert par l’Institut Lumière dans la continuité du Festival 2016. Ce film de 1959 a fait carton plein car nous avons pratiquement fait salle comble ; ceux qui connaissent la grande salle du cinéma lumière au Hangar du 1er film doivent se dire "Ah, quand même !"  et 7,50€ la place (5,00€ pour les abonnés dont je fais partie), c’est un cadeau non ?

Le film a été restauré en 2016 par ¨Pathé et sortira bientôt en DVD. Je le recommande à tous ceux qui n’ont pas eu le privilège d’être à ma place. Mais je laisse Lumière vous le présenter et n’oubliez pas (je sais, je rabâche) d’agrandir les photos en cliquant dessus.

Marie Octobre - acteursPrécisons que le film Marie-Octobre a connu un tournage dans des conditions inhabituelles. Au cours des vingt-trois jours nécéssaire, tous les comédiens sont restés présents en permanence sur le plateau sans qu'ils connaissent le nom du traître avant que cela ne soit absolument nécessaire.

Dans ce huis clos qui dure le temps de l’action, Duvivier retrouve l’atmosphère noire qui irrigue toute son œuvre.

Marie Octobre - Dalban- Il y a parmi nous un traître dont le crime reste impuni… annonce l’hôtesse.

Qui est-il ? Et que faire de lui ? S’ensuit une étude précise de caractères, parfois un peu archétypaux, de la bourgeoisie française des années 1950. Tous ont pris des chemins différents : directrice de maison de couture, avocat, patron de cabaret, ouvrier serrurier, jésuite…

Victorine et LucienNous avons d'abord le doute, puis le mépris et ensuite l’incompréhension qui peu à peu s’insinuent entre ceux qui autrefois étaient frères d’armes. Les rancœurs sont révélées au grand jour. Un seul a trahi mais tous ont leur part de faiblesse et de lâcheté. Dans ce film d’acteurs, Julien Duvivier dissèque ses personnages, faisant ressortir ce qu’il y a de moins glorieux en eux.

« Tout le drame réside dans les réactions provoquées par les uns chez les autres. L’objectif – tel qu’il se trouve employé ici – met en valeur chacune de ces réactions, chaque intention de geste, chaque nuance d’expression, et crée une tension intérieure, très différente de celle que pourrait créer l’optique théâtrale. Dans cet immense décor, c’est avant tout le règne du visage et du détail humains, donc le règne du cinéma. » (Marie Epstein, Cinéma 59 n° 33, février 1959).

Réalisation : Lucien Viard

Scénario : Julien Duvivier, Jacques Robert, d’après le roman Marie-Octobre de Jacques Robert

Dialogues : Henri Jeanson

Interprètes : Danielle Darrieux (Marie-Hélène Dumoulin, dite Marie-Octobre), Bernard Blier (Julien Simoneau), Robert Dalban (Léon Blanchet), Paul Frankeur (Lucien Marinval), Jeanne Fusier-Gir (Victorine), Paul Guers (le père Yves Le Guéven), Daniel Ivernel (Robert Thibaud), Paul Meurisse (François Renaud-Picart), Serge Reggiani (Antoine Rougier), Noël Roquevert (Étienne Vandamme), Lino Ventura (Carlo Bernardi)

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