Mobile Étoile

Film franco-canadien de Raphaël Nadjari


Mobile etoileHannah (Géraldine Pailhas), chanteuse de musique classique, passionnée et obstinée, dirige une chorale à Montréal avec son mari Daniel (Luc Picard), pianiste et leur fils violoncelliste (Alexandre Sheasby). Ils vivent de concerts de création de musiques françaises sacrées, véritables trésors du patrimoine, composées pour les synagogues de France fin XIXe - début XXe. Mais depuis quelques temps, ils peinent à maintenir leur groupe vocal à flot. Et alors qu’ils recrutent Abigail, une jeune fille fragile et surdouée qui leur redonne de l’espoir, l’ancien professeur d’Hannah, Samuel (Paul Kunigis), arrive à Montréal avec une ancienne partition perdue..

Le film de Raphaël Nadjari nous montre une histoire modeste qui se déroule au Québec dans laquelle il ne manque ni l’émotion ni la justesse des films réussis.
Rendre captivant le quotidien d’un groupe méconnu de choristes classiques « Les Cantiques » n’est pas chose aisée. Cependant, tous les acteurs se donnent à fond avec justesse et sincérité et je rajoute ici Etha, mezzo-soprano et professeur de danse, interprétée par Félicia Schulman et Marius, l’ami (Raymond Cloutier).
Je retiens la scène de l'audition du « Miracle de la clef » qui est un pur régal, car chacun donne tellement de soi avec un plaisir partagé, que nous sommes gagnés par cet enthousiasme. Entre les inquiétudes financières, le spectre bien présent d’un mentor et Abigail (Eléonore Lagacé), plus jeune, les coups de théâtre sont nombreux au sein du groupe.
Inquiétudes, regain d’espoir, rires et moments de doutes jalonnent ce film qui fait vite oublier ses deux heures par la qualité d’écriture et d’interprétation de ses personnages.

Je ne suis ni musicien, ni chanteur et le chant choral classique m’est inconnu, mais ce film m’a subjugué par tout ce qu’il véhicule de beauté et d’émotion.
Il s’adresse sans doute à une certaine catégorie de spectateurs et sans le CNP Bellecour, je ne l’aurais pas visionné. Je n’avais même pas lu l’article de fond paru dans le mensuel Positif de mai (sans doute le meilleur mensuel dédié au cinéma et édité par l’Institut Lumière, ce qui est un gage de qualité), sur le réalisateur et Géraldine Pailhas.
À la lecture des deux articles je suis conforté et confirme que ce film est une petite pépite offerte à tous ceux dont l'affectivité non refoulée est tournée vers le positif.

De gauche à droite : David, Daniel, Hannah, Abigail, Etha

La chorale

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