Vice-versa

Film d'animation des studios Pixar et Pete Docter

Extrait de la critique de Christophe Chabert publié dans le Petit Bulletin du mardi 16 juin 2015. Sans doute la meilleure critique à laquelle je n'ai rien à rajouter.

"Les studios Pixar et Pete Docter donnent une singulière lecture de ce que l’on appelle un film-cerveau en plongeant dans la tête d’une fillette de onze ans pour suivre les aventures de… ses émotions ! Aussi ambitieux qu’intelligent, drôle, émouvant et exaltant, voici une date majeure dans l’histoire du cinéma d’animation."
Vice versa"Pixar travaille le genre dans ce qu’il a de plus noble : une ouverture vers un imaginaire figuratif illimité qui permet de nouer un dialogue riche et intuitif avec les jeunes spectateurs, tandis que les plus âgés font tourner à plein régime leurs méninges pour en décrypter les soubassements intellectuels.
Le tour de force de 
Vice-versa, c’est donc de rendre évident à l’écran ce qui ne l’était pas du tout sur le papier : figurer des concepts abstraits que les sciences cognitives, la psychanalyse et les neurobiologistes étudient sans relâche. À cela s’ajoute une autre tâche, encore plus immense : raconter l’instant où Riley va devoir faire le deuil de son enfance, c’est-à-dire accepter la complexité émotionnelle qui est le premier pas vers la maturité.
À chaque étape, Docter déploie une générosité sans borne et un culot qui semble ne pas connaître de limites. Deux séquences sont ainsi littéralement inédites : celle où l’on visite le studio qui fabrique les rêves,et celle dans le couloir des pensées abstraites, où 
Vice-versa devient pendant une dizaine de minutes une pure œuvre d’art.
Tout cela n’a en fin de compte qu’un seul but : emmener le spectateur vers le moment déchirant où Riley accepte que la tristesse n’est pas une émotion négative, mais un sentiment qui doit être mis en équilibre avec la joie. C’est la naissance de la mélancolie, d’une nouvelle bille qui n’est plus monochrome mais multicolore. Quelque chose a changé dans sa vie, mais dans la nôtre aussi : on ne regardera plus jamais de la même façon le cinéma d’animation, sinon le cinéma tout court, après ce chef-d’œuvre qu’est
 Vice-versa."

Pour lire l'intégralité de l'article de Christophe Chabert, cliquez ci-dessus, sur la phrase en rouge de la premiere ligne

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