21 nuits avec Pattie

Comédie libertaire d'Arnaud et Jean-Marie Larrieu

21 nuits avec pattieJean-Marie Larrieu déclarait : « Inutile de compter les nuits, il n’y en a pas vingt-et-une. Il n’y en a pas mille et une non plus… Au risque d’éventer un aspect essentiel de l’histoire, il n’y en a que trois. »
Caroline (Isabelle Carré, magnifique de candeur, de fraicheur et émouvante) est venue régler vite fait bien fait les détails de l’enterrement de sa mère dans l’Aude. Lorsque Pattie (Karine Viard, étincelante et jubilatoire) lui apprend que sa mère était une libertine avertie, le corps de la défunte disparaît sans laisser de traces.
Même si le récit ne gravite pas vraiment autour du personnage, les récits salaces de l’intarissable Pattie n’en demeurent pas moins cruciaux dans cette histoire de retrouvailles entre une défunte et sa fille en perte de libido. Et les délices de la chair, ne feront l’objet d’aucune scène.
Dans 21 nuits avec Pattie, s’il jaillit littéralement de partout, le sexe est d’abord une affaire de bonnes histoires. Or ici, le sexe suinte non seulement des habitants, de ce paysan érotomane jetant des bûches dans sa camionnette (Denis Lavant, idoine) au romancier nécrophile (Dussollier, sémillant) en passant par l’inénarrable Pattie ; et non seulement des habitants, mais aussi de la terre, où poussent des champignons en forme de phallus, sans oublier la défunte, qui fugue, danse langoureusement et plonge nue dans sa piscine.

Il faut reconnaître que les frères Larrieu nous font oublier l’enquête policière pour voir évoluer Caroline vers les retrouvailles avec sa propre sensualité dans un décor sublime. Nous comprenons alors pourquoi la villa a été baptisée  « La source cachée », et donc, après trois jours passés à y déterrer sa libido, Caroline décide finalement de ne pas la revendre.
C’est par cette pirouette finale que le film passe du thriller au fantastique et au conte érotique dans une comédie jouée par des acteurs tous truculents et formidables. Bref, 21 nuits avec Pattie est un film à voir comme une curiosité parfois crue, mais jamais vulgaire.

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