Un homme pressé

Comédie - Hervé Mimran

Alain est un homme d’affaires respecté et un orateur brillant. Il court après le temps. Dans sa vie, il n'y a aucune place pour les loisirs ou la famille. Un jour, il est victime d'un accident cérébral qui le stoppe dans sa course et entraîne chez lui de profonds troubles de la parole et de la mémoire. Sa rééducation est prise en charge par Jeanne, une jeune orthophoniste. À force de travail et de patience, Jeanne et Alain vont apprendre à se connaître et chacun, à sa manière, va enfin tenter de se reconstruire et prendre le temps de vivre.

Affiche un homme presséHervé Mimran nous propose L’adaptation d’une histoire vraie avec Fabrice Lucchini qui brille dans un rôle sur mesure taillé pour lui dont les dialogues à base d’inventions de langage et de mots tordus, crépitent à notre oreille avec un aplomb qui fait mouche, dans sa diction si particulière.

Mais le vrai plus de ce film, c’est que le réalisateur a eu l’habileté, de l’entourer de personnages bien marqués comme Igor Gotesman, Vincent l’infirmier, à la fois comique et pierrot lunaire, la cuisinière jouée par Clémence Massart qui nous fait penser à Maïté l’icône de la « cuisine des mousquetaires » des années 90. Le choix de Rebecca Marder (sociétaire de la Comédie Française) pour interpréter la fille d’Alain est une belle idée, car la relation père/fille, émouvante et sensible, fonctionne avec naturel.

Tous les petits rôles comme le serveur du café ou le chauffeur jouent leur partition, petite mais utile ; même le chien nous offre sa jolie présence.

Face à Lucchini, nous avons Leila Bekhti toujours magnifique, lumineuse et fraiche dans la peau de l’orthophoniste pleine d’empathie, qui apporte sourire et légèreté à ce récit.

Ce n’est certes pas un chef d’œuvre, mais ce film est optimiste et tendre. Il aborde avec délicatesse différents thèmes, tels que le passage du temps, la difficulté de tout gérer en une journée ou encore la nécessité parfois de prendre du temps pour soi, pour se retrouver et se rappeler ces rêves d’enfants que nous n’avons pas réussi à réaliser.

La marche vers Compostelle, ne doit pas être regardé comme crédible. C’est une allégorie qui rajoute au désir de rédemption de cet homme en reconstruction.
Saluons l’interprétation irréprochable de tous, jusqu’aux seconds et petits rôles.

Opinion des gens : Presse – 63% de positif dont 33% de 4/5 et en négatif 17% de passable et 20% de mauvais. Spectateurs – 76% de positif dont 18% de 5/5 et 32% de 4/5 et en négatif 15% de passable et 9% de mauvais.

Nationalité : France. Genre : comédie dramatique.

09/11/2018

Commentaires (2)

michel
  • 1. michel | 21/11/2018
Pour avoir une idée de ce qu'est un film subtil, discret, fin et sans gros sabots, je recommande "Amanda", qui révèle cette fois complètement Vincent Lacoste, omniprésent sans lourdeur et d'une sobriété remarquable, démontrant ainsi qu'on peut émouvoir sans recourir aux ficelles du pathos larmoyant. Film vraiment magnifique!
michel
  • 2. michel | 20/11/2018
Comédie plutôt moyenne à mon sens. Scénario de départ certes relativement original mais traité superficiellement. Lucchini fait son numéro, Bekhti me semble assez peu crédible, peu professionnelle en ce qu'elle est toujours + ou - à la remorque de L. si bien qu'on n'a guère une idée précise de son travail . Elle est toutefois moins caricaturale que les seconds rôles, mais bon...
On comprend que l'épreuve va changer le patient, mais on ne voit guère comment s'opère cette transformation magique qui le fait passer de l'odieux au presque sympathique.

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