Comme as you are

Drame de Desiree Akhavan

Montana 1993. Bienvenue à God’s Promise, établissement isolé au cœur des Rocheuses. Cameron, vient d’y poser ses valises. La voilà̀, comme ses camarades, livrée à Mme. Marsh qui s’est donnée pour mission de remettre ces âmes perdues dans le droit chemin. La faute de Cameron ? S’être laissée griser par ses sentiments naissants pour une autre fille, son amie Coley. Parmi les pensionnaires, il y a Mark l’introverti ou Jane la grande gueule. Tous partagent cette même fêlure, ce désir ardent de pouvoir aimer qui ils veulent. Si personne ne veut les accepter tels qu’ils sont, il leur faut agir...

Affiche - Comme as you areLa réalisatrice Desiree Akhavan nous propose un film sur le malaise adolescent de l’apprentissage identitaire ou sexuel choisit. Elle choisit, la bienveillance, l'ironie et une certaine légèreté. Ce qui lui est reproché par ceux qui aurait souhaité plus de vindicte dans sa dénonciation de ces écoles religieuses américaines censées remettre les adolescents sur le droit chemin et qui existent encore de nos jours.

Pourtant ce film est bien plus intéressant qu'une soi-disant bluette adolescente que certains ont cru y voir. L’histoire se concentre sur Cameron, Irradiée par le doux visage juvénile et la sensualité de Chloë Grace Moretz, jeune fille dont les désirs la portent vers son propre sexe et livrée à des "redresseurs de tort" abritées sous le paravent de la religion. Elle est très présente dans un récit qui n'abuse pas des flashbacks ni des séquences oniriques.

Les jeunes acteurs endossent brillamment leur rôle de victimes que l'on apprend à dégouter d'eux-mêmes qu’il s’agisse de Jane (Sasha Lane) ou de Adam (Forrest Goodluck). Les rôles secondaires sont excellemment tenus, y compris les plus antipathiques, en particulier avec Jennifer Ehle, remarquable dans son interprétation du docteur Lydia.

Il n’était pas utile d’en rajouter et d’assombrir le scénario car nous comprenons très bien le chemin de croix de ces adolescents soumis à une pression psychologique à la limite du supportable et que le drame qui survient concernant Mark, (Owen Campbell), dans la dernière partie, conforte et confirme.

La dangerosité de la religion à travers l'intolérance qu'elle porte, l'absence de liberté et le poids d'une culpabilité inexistante est donc bien rendue dans ce vivifiant plaidoyer pour la différence. La principale qualité de « Come as you are » de la réalisatrice irano-américaine est de tenir son tempo et sa tonalité tout du long, sans verser dans le côté documentaire.

C’est bien l’absence d’exacerbation de la violence morale (que nous ressentons) qui permet de réfléchir et d’apprécier ce film magnifique aussi par sa bande-son et ses images lumineuses et sombres parfois. L’avis des spectateurs est parlant.

Opinion des gens : Presse – 52% de positif dont 5% de 5/5 et 35% de 4/5 et en négatif 33% de passable et 15% de mauvais. Spectateurs – 90% de positif dont 13% de 5/5 et 20% de 4/5 et en négatif 10% de passable (pas de mauvais).

Nationalité : États-Unis. Genre : drame psychologique.

27/07/2018

Commentaires (7)

fabulgone
Merci pour les précisions. Ta connaissance des Etats-Unis est indéniable. Je vais modifier l'article pour intégrer le Montana.
Pour la jeune actrice, Chloë Grace Moretz, elle m'avait aussi touché dans le rôle de Teri, protégée et sauvée par Denzel Washington dans le film Equalizer.
michel
  • 2. michel | 30/07/2018
Je ne vois que le site d'allociné pour parler de l'état de Pennsylvanie, tous les autres parlent bien du Montana( télérama, sens critique, etc.. même "madmoiZelle"!), ce qui pour moi était clair, ayant un peu vadrouillé dans le coin par le passé;
J'oubliais de dire aussi que Chloe Grace Moretz , pas revue depuis Sils Maria, m'a tout-à-fait convaincue de son talent.
michel
  • 3. michel | 30/07/2018
L'état du Montana se situe au coeur des Montagnes Rocheuses (d'où son nom) bien présentes en arrière plan du film, alors que la Pennsylvanie est un état de la côte est, à quelques milliers de km de là.
Ta question me conduit néanmoins à rechercher plus avant et à préciser ce que je croyais évident...à suivre.
fabulgone
J'avais bien vu les téléphones filaires, mais comment sais-tu pour le Montana ?
fabulgone
Tout à fait c'est bien dans l'esprit de ce que Cameron dit à un ou deux mots près.
michel
  • 6. michel | 30/07/2018
Une précision spatio temporelle : si le film se situe bien en 1993 (auto collant électoral Clinton Gore) il se passe dans le Montana, plutöt qu'en Pennsylvanie.
C'est bien de voir encore des films d'avant les téléphones portables, deux séquences en témoignent.
michel
  • 7. michel | 29/07/2018
Merci de ton commentaire si pertinent!
La phrase clé (à peu près, je n'ai pas en mémoire les mots exacts)me semble être celle que prononce Cameron au cours de l'entretien avec l'enquêteur:"est ce qu'un travail de rendre quelqu'un honteux de soi-même ne constitue pas en soi une violence psychologique ?"
On est assez content de voir que l'effort d'emprise totalitaire de l'institution se heurte à la résistance secrète des 3 amis qui s'évadent .Un peu comme dans le film allemand de l'est avec les lycéens , je trouve;

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