La révolution silencieuse

drame de Lars Kraume

Allemagne de l'est, 1956. Kurt, Theo et Lena ont 18 ans et s'apprêtent à passer le bac. Avec leurs camarades, ils décident de faire une minute de silence en classe, en hommage aux révolutionnaires hongrois durement réprimés par l'armée soviétique. Cette minute de silence devient une affaire d'Etat. Elle fera basculer leurs vies. Face à un gouvernement est-allemand déterminé à identifier et punir les responsables, les 19 élèves de Stalinstadt devront affronter toutes les menaces et rester solidaires.

Affiche La révolution silencieuseLars Kraume  nous présente un film extraordinairement réussi, avec une vérité des personnages très prenante, ainsi qu'une reconstitution du climat de l'époque qui lui confère un côté presque documentaire.  

Est-ce pour cela  qu’il n’a bénéficié d’aucune couverture médiatique ? Et c’est dommage ! Ma petite fille, en classe de 4ème, a été le voir avec une amie et elle l’a apprécié pour l’éclairage sur une époque mal connue et l’impressionnant jeu des lycéens, protagonistes de l’histoire.

Ce film nous interpelle pour le courage silencieux de jeunes bacheliers qui découvrent mensonges et non-dit de parents face à un état, somme toute, totalitaire. C’est un film sobre et austère sur un sujet important.

Le casting est impeccable, qu’ils s’agissent des adolescents comme Léo Schreicher, Jonas Dassler ou Tom Gramenz qui s’en sortent comme des chefs. De même que les adultes : Max Hopp en père autoritaire et ultra politisé, Ronald Zehfeld en ouvrier sidérurgiste piégé par sa condition, ou encore Florian Lukas en proviseur dépassé par les évènements. Ils tous sont excellents.

Peu de femmes au casting, où les rôles féminins sont, soit des mères de familles silencieuses et soumises, soit des sbires du système soviétique, presque asexuées. Ce déséquilibre est lié au contexte historique de 1956.

Jusqu’au dénouement, la solidarité du petit groupe est mise à rude épreuve et la tentation de dénoncer son copain pour sauver sa propre condition et celle de sa famille est évidemment une solution à laquelle il faut beaucoup de courage pour renoncer. Le courage, c’est parfois se taire et de ne rien faire de ce que le « système » attend.

L’opinion de ceux qui sont allés voir ce film nous rassure et confirme qu’il est de qualité et mérite d’être vu.

Opinion des gens :
Presse – 84% de positif dont 47% de 4/5 et en négatif 16% de passable.
Spectateurs – 98% de positif et en négatif 2% de passable.

Nationalité : Allemagne. Genre : historique, drame.

04/05/2018

Commentaires (3)

michel
  • 1. michel | 20/05/2018
Son nom me revient: Lena
fabulgone
Mea culpa pour mon absence de propos sur les actrices féminines. Je ne suis pas encore "rétabli" et il me reste une semaine de formalités pour l'inhumation de l'urne. Pendant ces cinq dernières semaines, je me suis efforcé, en étant moins précis,de maintenir un lien sur mon site pour rester proche de mes lecteurs. Effectivement, j'ai beaucoup aimé le jeu d'acteur de Lena Klenke qui rafraîchissait le côté sombre de l'histoire. Et c'est vrai que les femmes ne sont pas complètement silencieuses. Le réalisateur voulait juste montrer que la condition féminine était soit en retrait soit exagérément politisée. C'est vraiment un film qui mériterait d'être diffusé dans les écoles pour montrer que les jeunes gens ne sont pas aussi manipulables que cela. A méditer aujourd'hui...
michel
  • 2. michel | 20/05/2018
Tu oublies injustement l'élève féminine (je n'ai pas retenu son nom, désolé) qui aime successivement (ou simultanément ?) Theo et Kurt. et qui est bien loin d'être un personnage insignifiant ou effacé.
Et, quant aux mères, même si elles sont en apparence soumises de prime abord, et n'élèvent pas frontalement la voix contre les pères, elles ne sont nullement complètement silencieuses.
Cette remarque faite, je te suis tout-à -fait dans l'admiration et l'éloge que tu fais de ce film . De tous les films sur la RDA , aucun dans mon souvenir n'avait montré autant de nuances et de finesse. Ainsi, les jeunes gens sont montrés avec leurs joies et bonheurs, leurs rires, et non les grises mines habituellement de circonstance quand il s'agit de ce régime, certainement autoritaire et totalitaire , mais qui ne peut jamais complètement réaliser son projet de contrôle total des consciences;

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