Wonder Wheel

Drame de Woody Allen

Wonder Wheel croise les trajectoires de quatre personnages, dans l'effervescence du parc d’attraction de Coney Island, dans les années 50 : Ginny, ex-actrice lunatique reconvertie serveuse ; Humpty, opérateur de manège marié à Ginny ; Mickey, séduisant maître-nageur aspirant à devenir dramaturge ; et Carolina, fille de Humpty longtemps disparue de la circulation qui se réfugie chez son père pour fuir les gangsters à ses trousses.

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Wonder whellWoody Allen  nous propose une histoire qui s'inscrit dans la pure tradition des intrigues mélodramatiques théâtrales aux personnages complexes et tourmentés pris dans le tourbillon du hasard qui influe et modifie leur destin.

Les années 50 sont superbement représentées grâce en partie à la magnifique photographie de Vittorio Storaro. Tout repose sur l’intensité des sentiments des personnages, notamment celui interprété par Kate Winslet qui étouffe et qui est sans cesse dépassée par les événements, que ce soit avec son fils pyromane (le jeune Jack Gore qui bénéficie d’une parfaite direction d’acteur) ou dans sa vie sentimentale.

Elle est formidable de complexité et de profondeur en serveuse à l'existence ratée au passé d'actrice, enchainée à sa relation avec son mari (l’excellent et tout de même pathétique James Beluschi) qu'elle n'aime pas, jalouse de sa belle-fille Carolina (Juno Temple qui joue une bimbo un peu écervelée et inconsciente de la réalité. Elle a déjà joué dans quelques films de gangster et était aussi... la fée Capucine de Maléfique) qui vient d'arriver mais aussi totalement éprise de Mickey, le maitre-nageur (surprenant Justin Timberlake qui en plus nous gratifie d’une voix off qui apporte une touche de légèreté compensant cette histoire assez sombre et cruelle).

Nous sommes plongés dans le drame poignant d’existences ratées, un spectacle de cinéma théâtral empreint d’une délicate photographie, de décors majestueux et d’acteurs au diapason. On peut aimer ou détester car il ne se passe pas grand-chose en termes d’actions, tout est très intériorisé.

Opinion des gens : curieusement, l’opinion globale de la presse et des spectateurs se rejoint. C’est rare et cela mérite d’être souligné.
Presse – 80% de positif dont 9% de 5/5 et 48% de 4/5 et en négatif 15% de passable et 5% de mauvais.
Spectateurs – 80% de positif dont 14% de 5/5 et 36% de 4/5 et en négatif 15% de passable et 5% de mauvais.

Nationalité : États-Unis. Genre : drame, rétro des années 50.

09/02/2018

Commentaires (4)

michel
  • 1. michel | 11/02/2018
A rectifier l'erreur orthographique : il s'agit de"wheel" (la roue) et non de whell , sans qu'on puisse dire précisément , au-delà de l'attraction foraine, quel symbolisme se cache dans cette métaphore ...
fabulgone
Je suis trop nul en anglais et je n'ai même pas vu mon erreur de transcription du titre ; c'est bon, j'ai rectifié. D'après ce que j'ai compris de l'entretien de Woody Allen avec les professionnels du cinéma, Wonder Wheel symboliserait un décor d'opérette, un univers en trompe l'œil pour les visiteurs qui y viennent pour fuir le réel !!! D'où la fille qui vient pour s'évader de la réalité et les acteurs qui eux aussi tentent de fuir leur quotidien affligeant... Je te le dis comme je l'ai perçu !!!
michel
  • 2. michel | 11/02/2018
A la différence de toi, je ne trouve pas que les personnages soient d'une grande complexité, du moins dans la majeure partie du film m'apparaissent-ils assez unidimensionnels et presque caricaturaux. Il est toutefois vrai que sur la fin, quand le drame se noue véritablement, ils s'animent davantage et sortent des stéréotypes (excepté le gamin qui incendie toujours aussi imperturbablement!).
C'est pourquoi, quoiqu'admirateur de Woody Allen depuis toujours, je ne suis pas emballé par cet opus.
fabulgone
Je n'ai pas trouvé les personnages grotesques, plutôt minés par leurs passés et je crois qu'ils bouillonnaient intérieurement (c'est ce que je ressentais en m'infiltrant dans chaque personnage). Ginny rongée par sa faute originelle, pleine de rancœur et qui sombre dans l'illusion de l'amour. Humpty qui ne surmonte pas la mort de sa première épouse. Mickey centré sur son passage à Bora-Bora. Carolina insouciante en apparence sera rattrapée par son passé. Le garçon avec sa pyromanie répétitive est "intéressant". Un film noir, pas le meilleur ! mais qui traduit peut-être le côté désenchanté et désabusé de Woody Allen dont je continue d'apprécier l'oeuvre ; chaque film est différent et je ne mets jamais d'échelle de valeur...

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