La Mélodie

film de Rachid Hami

À bientôt cinquante ans, Simon est un violoniste émérite et désabusé. Faute de mieux, il échoue dans un collège parisien pour enseigner le violon aux élèves de la classe de 6ème de Farid. Ses méthodes d’enseignement rigides rendent ses débuts laborieux et ne facilitent pas ses rapports avec des élèves difficiles. Arnold est fasciné par le violon, sa gestuelle et ses sons. Une révélation pour cet enfant à la timidité maladive. Peu à peu, au contact du talent brut d'Arnold et de l'énergie joyeuse du reste de la classe, Simon revit et renoue avec les joies de la musique. Aura-t-il assez d’énergie pour surmonter les obstacles et tenir sa promesse d’emmener les enfants jouer à la Philharmonie ?

La Mélodie-afficheLa Mélodie, ce film de Rachid Hami nous transmet ce que nous croyons impossible, « l’espoir »  ce qui me rappelle toujours cette citation de Sénèque « ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas qu'elles sont difficiles. » Et c’est bien le fil rouge de cette histoire, oser même si c’est difficile.

Kad Merad signe ici son meilleur rôle dans un registre d’humilité et de sobriété, sans pathos ni mièvrerie et Samir Guesmi, que j’apprécie énormément nous montre une fois de plus l’étendue de son talent et son penchant naturel à l’empathie, sans se faire piétiner.

C’est humain, frais, spontané et nous ne sommes pas en face d’une caricature de gosses de banlieue. Ils ne sont pas faciles, mais pas non plus perdus socialement. Que ce soit une dispute pour un mot ou un regard, ou une partie de rigolade à propos des filles et de l’amour, ils sont naturels et attachants sans violence exacerbée.

La relation que tisse Kad Merad avec Arnold, Renély Alfred, (superbe leader improbable, improvisé et ...accepté de ses camarades) est franche et sans concession. Mais le vrai bonus de ce film c’est qu’enfin nous assistons à une position forte des parents qui ont leur mot à dire et leur rôle à jouer. Ils ne sont pas démotivés, des faire-valoir, des rouspéteurs, ils s’engagent pour leurs enfants auprès des deux enseignants. Et ça se passe naturellement comme nous aimerions que ce soit la norme.

Et enfin travailler, mouiller la chemise, oui, mais avec plaisir. Je vais sans doute passer pour trop bienveillant, mais je défie quiconque de me démontrer qu’oser est impossible. Ce film mérite d’être vu et nous fait un bien fou.

Opinion des gens : Presse – 79% de positif (je ne me sens pas seul) dont 20% de 4/5 et 21% de passable. Spectateurs – 76% de positif dont 33% de 5/5 et 30% de 4/5 et 24% de passable.

Nationalité : France. Genre : problème de société, éducation.

14/11/2017

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