D'après une histoire vraie

drame de Roman Polanski

Delphine est l’auteur d’un roman intime et consacré à sa mère devenu best-seller. Déjà éreintée par les sollicitations multiples et fragilisée par le souvenir, Delphine est bientôt tourmentée par des lettres anonymes l'accusant d'avoir livré sa famille en pâture au public. La romancière est en panne, tétanisée à l'idée de devoir se remettre à écrire. Son chemin croise alors celui de Elle. La jeune femme est séduisante, intelligente, intuitive. Elle comprend Delphine mieux que personne. Delphine s'attache à Elle, se confie, s'abandonne. Alors qu’Elle s’installe à demeure chez la romancière, leur amitié prend une tournure inquiétante. Est-elle venue combler un vide ou lui voler sa vie ?

D'après une histoire vraieLe réalisateur nous propose un film à suspense, vénéneux ambigu et équivoque. Nous assistons à une réflexion sur le processus créatif et l’angoisse de la page blanche et tout se passe presque à huis clos entre Emmanuelle Seigner et Eva Green qui se donnent la réplique.

Le côté théâtral joué par Eva green peut donner l’impression qu’elle surjoue, mais c’est sans doute une volonté car elle est en parfaite adéquation avec son rôle. Emmanuelle Seigner est parfaite dans son apparence de fragilité et j’ai apprécié le court moment de l’apparition de Dominique Pinon que j’aime beaucoup et qui devient trop rare sur les écrans.

Le rythme est soutenu, l’atmosphère étouffante  va crescendo ; c’est cruel, cynique, quelquefois drôle et je trouve intéressant que la violence se projette sur les objets plutôt que sur les personnes.

L’ambiance délétère actuelle à l'encontre de Polanski est sans doute la cause des critiques, presse et pour une partie des spectateurs, qui sont plutôt négatives. Nous n’avons certes pas un chef d’œuvre, mais pas non plus un navet.

Opinion des gens : Presse – 46% de positif dont 21% de 4/5 et en négatif : 25% de passable et 29% de mauvais. Spectateurs – 60% de positif dont 11% de 5/5 et 19% de 4/5 et en négatif : 15% de passable, 17% de mauvais et 8% de nul.

Nationalité : France. Genre : psychologique, suspense, drame.

09/11/2017

Commentaires (2)

fabulgone
Content de ton retour ; je me doutais que ton avis allait donner un éclairage plus "professionnel" sur la schizophrénie et la paranoïa : très intéressant.
La diction d’Éva Green ne m'a pas contrarié, je l'ai juste trouvée curieuse.
Pour le souci sur l'emprunt de l’interview de Delphine de Vigan, je ne connais pas et bien sûr je n'ai pas été gêné.
J'espère que mes lecteurs lisent les commentaires, c'est un plus.
michel
  • 2. michel | 10/11/2017
"Surjoue" volontairement ? Je ne sais pas trop mais c'est désagréable cette permanente diction fausse d'Eva Green.
Ce film démontre selon moi par l'échec la difficulté qu'il y a à représenter sinon tout-à-fait la folie, tout au moins les moments où l'imaginaire prend le pas sur le réel, au point qu'il faille à Polansk doubler à plusieurs reprises les scènes de violence imaginaires , sur les objets ( encore que celle de la cuisine semble réelle) par des scènes rectificativesi qui du coup amoindrissent le suuspense !
Et puis il reste un peu gênant que cette histoire emprunte à ce point des éléments biographiques de l'histoire de Delphine de Vigan et de son compagnon journaliste littéraire, même si la polémique qu'avait suscitée à l'époque l'interview de l'une par l'autre a dépassé de fait la sphère privée.

Ajouter un commentaire