Corps et âme

film de Idiko Enyedi

Mária, nouvelle responsable du contrôle de qualité et Endre, directeur financier de la même entreprise, vivent chaque nuit un rêve partagé, sous la forme d'un cerf et d'une biche qui lient connaissance dans un paysage enneigé. Lorsqu'ils découvrent ce fait extraordinaire, ils tentent de trouver dans la vie réelle le même amour que celui qui les unit la nuit sous une autre apparence...

Corps et âmeLa réalisatrice Ildiko Enyedi nous propose un film étonnant, envoûtant, un mystère fait de de solidarité entre le monde animal et les êtres humains par le biais d’un rêve partagé par deux êtres en mal d’amour, dans un film sensible, onirique et touchant, aux acteurs vibrants.

Avec intelligence, nous assistons à une allégorie où se côtoient le romantisme poétique dans le choix des séquences avec le cerf et la biche et le réalisme brutal symbolisé par l’abattoir.

Nous ne pouvons rester insensibles devant cette belle histoire d’amour possible qui n’occulte pas les blessures de chacun des deux personnages centraux.

Le scénario est parfait dans sa créativité ; il conduit les deux protagonistes à connaître l’existence de leur rêve partagé, par l’intermédiaire d’une psy, détachée dans l’entreprise pour une enquête, Réka Tenki, qui pose des questions gênantes, et en particulier, s'intéresse aux rêves.

Nous assistons alors comme dans un ballet à la tentative de rapprochement entre Morcsányi Géza, Endre, le directeur de l’abattoir qui traîne un bras gauche inerte et Alexandra Borbély, Maria, la contrôleuse qualité manifestement atteinte d'une forme d'autisme, totalement renfermée, introvertie, psychorigide dans sa phobie du contact, mais dont nous ressentons les failles.

Les plans séquences des images des deux animaux qui s’intercalent à propos dans le déroulement de l’intrigue sont sublimes. Le jeu des deux acteurs principaux est parfait de sensibilité et de subtilité.

Un film fluide, créatif et original basé sur les contrastes nature/enfermement, pureté/trivialité, douceur/violence, réalité crue/onirisme et le blanc de la neige avec le rouge du sang. Un film humain qui va au cœur de notre sensibilité (pas de notre sensiblerie). Il peut dérouter et laissera surement quelques traces en nous donnant à réfléchir. Il mérite en ce qui me concerne son prix : « Ours d’or à la Berlinale de 2017 ».

Pour l’anecdote Alexandra Borbély est célèbre en Hongrie comme comédienne de théâtre et Morcsányi Géza est en fait ‘’écrivain et éditeur’’. Leur couple à l’écran n’en est que plus performant.

Opinion des gens :
Presse – 71% dont 14% de 5/5 et 28% de 4/5 et 29% de passable et pas de mauvais ni de nul.
Spectateurs – 88% de positif (il ne bénéficie pas d’une large diffusion et donc ceux qui le visionnent savent ce qu’ils vont voir) dont 42% de 5/5 et 15% de 4/5 ; en négatif 12% de passable.

Nationalité : Hongrie. Genre : Drame, sentiments, onirisme, film d’auteur.

Commentaires (1)

michel
  • 1. michel | 10/11/2017
Rien à redire ou à ajouter à ta critique parfaite. Je fais partie des admirateurs inconditionnels de ce film tellement original et subtil, autant par son traitement si délicat que par l'éclairage apporté sur la vie et le travail en Hongrie.

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