Au revoir là-haut

film de Albert Dupontel

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l'un dessinateur de génie, l'autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l'entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire.

Au revoir la haut afficheAlbert Dupontel nous offre un film spectaculaire et populaire, mélange de tragédie et de comédie avec une inventivité telle, que ni la poésie, l’émotion ou l’aventure ne sont absentes.

Ce n’est pas faux non plus que le réalisateur, avec malice et élégance, nous communique et nous l’acceptons, son côté anar et rebelle. Car tout bien réfléchi, nous sommes bien en présence de deux arnaques dont l’une est le fait de Laurent Lafitte qui se révèle un salaud génial, une ordure de toute beauté et l’autre de Nahuel Perez Biscayart qui habite son personnage par son regard et son corps, dévoilant une nouvelle facette de son talent jouant une victime au grand cœur, un peu naïf mais escroc tout de même, mélange de Robin des Bois et Arsène Lupin.

Et c’est en cela que ce film est excellent, puisque nous adhérons sans état d’âme à ce personnage à la gueule cassée, à Héloïse Bulster, l’adolescente qui l’accompagne, superbe de naturel, et à son ami fidèle, Albert Dupontel, touchant, qui devient son complice. Au diable l’amoralité !

Le côté épique dans les tranchées et les masques témoignent d’une belle virtuosité et de création d’images somptueuses. Niels Arestrup, de son côté, toujours aussi magistral et talentueux parvient à créer l’émotion là où on ne l’attend pas. Les autres personnages comme Emilie Dequenne, Mélanie Thierry, Michel Vuillermoz et Kyan Khojandi complètent ce beau casting où tous les autres seconds rôles ont leur place.

Tout ceci nous donne un des plus beaux films de l’année qu’il ne faut pas manquer.

Opinion des gens :
Presse – 91% de positif dont 32% de 5/5 et 47% de 4/5 et en négatif 9% de passable.
Spectateurs – 92% de positif dont 49% de 5/5 et 33% de 4/5. Pour le négatif, je ne signale que les 5% de passable, car les 2% de médiocre, sont d’une vilaine écriture et les 1% de nuls émanent de personnes refoulées à l’entrée et qui n’ont pas vu le film !!!

Nationalité : France. Genre : comédie dramatique.

Commentaires (2)

fabulgone
Un commentaire qui montre que le spectateur n'est pas passif d'autant pour un film qu'il apprécie,
la remarque sur les termes "putain!" et "ça coûte bonbon" est juste ; l'expression argotique ça coûte bonbon qui double le terme bon (cher) pour signifier que ce doit être très cher, est effectivement utilisée seulement depuis le milieu du XXe ; c'est peut-être dérisoire, mais ça peut-être utile si porté à la connaissance du scénariste.
Pour la raison qui a poussée le fils à être poilu, je pense que c'est le sentiment de mépris par son père, qu'il ressent au début du film qui l'a conduit à s'engager.
Merci donc pour la qualité de cet avis que je considère constructif.
michel.t
  • 2. michel.t | 29/10/2017
Au revoir là-haut", de et avec Dupontel, est un film d'une indéniable beauté, avec des images aux couleurs magnifiques évoquant les autochromes Lumière, avec des citations artistiques réjouissantes, Keaton !, les peintres viennois (Muscha, Kokoschka), Duchamp....
On passera sur un léger abus de prises de vue par des drones en passe de remplacer les mouvements de grue, hormis la course du chien du début...
Ma gêne vient du scénario insuffisamment travaillé qui ne nous dit pas par exemple comment un fils de riche tout-puissant se retrouve simple poilu, ou bien ça m'a échappé.
Le problème des films d'époque trop parfaits est qu'on ne peut s'empêcher d'y guetter les anachronismes, et on les trouve ici, il me semble, non dans la perfection avérée et appuyée des décors et costumes, mais dans des expressions et niveau de langage qu'on a peine à situer il y a 100 ans, au hasard de ma mémoire: "en fait"(tic langagier on ne peut plus moderne), "ça coûte bonbon", "putain! "..., il s'agit d'impressions qui nuisent un peu à l'impression générale globalement bonne.

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