Mesdames et messieurs, bonsoir

Fim italien à sketches

Signore e signori, buonanotte est un film italien réalisé par Leonardo Benvenuti, Luigi Comencini, Piero De Bernardi, Agenore Incrocci, Nanni Loy, Ruggero Maccari, Luigi Magni, Mario Monicelli, Ugo Pirro, Furio Scarpelli et Ettore Scola ; il est sorti en 1976. L’histoire :

Sur la chaîne de télévision imaginaire TG3, le journaliste Paolo Fiume introduit les sujets suivants :

  • L'enlèvement de Gianni Agnelli qui a besoin de ses travailleurs pour payer une rançon de 25 milliards ;

  • L'entretien avec un ministre corrompu qui se défend en évoquant la loi du plus fort ;

  • Une classe d'anglais tenue par deux agents secrets américains ;

  • Le spectacle « La bombe » qui voit la police paniquer pour un réveil abandonné dans un commissariat, et qui pour masquer sa méprise, met en scène une explosion ;

  • Le suicide d'un garçon napolitain qui doit s'occuper de ses huit frères et sœurs, juste après que sa mère ait été récompensée par un évêque du grand prix de la fertilité ;

  • L'entretien avec un sociologue allemand qui dit vouloir résoudre le problème de la surpopulation en mangeant les enfants pauvres ;

  • Quatre politiciens napolitains, engraissés au détriment de la ville, qui finissent par dévorer la maquette de leur cité ;

  • La tragédie d'un général qui se suicide après que ses médailles soient tombées dans les toilettes ;

  • Un reportage sur l'exploitation du travail des enfants ;

  • La rubrique « Le personnage du jour », dédiée à un retraité pauvre qui, après avoir démontré sa capacité à bien vivre avec 32.000 lires par mois, s'effondre en larmes à la mention d'un filet de bœuf ;

  • Un drame, « Le Saint-Siège », sur la lutte pour la papauté au XVIe siècle;

La rentrée de la Cour d'Appel avec le président Leone et ses magistrats décrépits qui finissent par danser la tarentelle.

Le présentateur conclut ce journal télévisé par le traditionnel « Bonne nuit, Mesdames et Messieurs. »

Mesdames et messieurs bonsoirNous sommes en 1976 – Giscard est au pouvoir en France, le shah dirige encore l’Iran. Dix cinéastes italiens se sont associés pour un film à sketches, genre alors en vogue chez les transalpins.

Sur un fil rouge assez lâche (le dernier JT du jour d'une chaîne de télé avec « Marcello », en présentateur très.... personnel) se déroule devant nos yeux souvent incrédules une satire féroce de la société italienne d'alors (les metteurs en scène, au moins pour les noms les plus connus, étant tous avec le cœur à gauche). Rome, mais aussi Naples, et même Milan (voire la frontière italo-suisse...), servent de décor à des saynètes où les auteurs se permettent tout, y compris la scatologie la plus frontale, dans l'unique dessein de dénoncer la corruption : milieux politiques, d'affaires.... bourgeoisie en général, médias, police, armée, toutes les institutions en fait, et sans surprise chez ces militants anticléricaux, la religion catholique.

C’est brillant, mais surtout ubuesque, surréaliste, débridé, dingue, rythmé, hallucinant, grossier, déroutant, dérangeant, un peu lourd ; nous sommes dans l’univers italianisé des Monty Python sans toutefois les égaler.

Il manque aussi la présence d’actrices, même si nous avons Andréa Ferréol dans le rôle d’Edwige la servante du cardinal et Monica Gueritore, une grande actrice de théâtre, de cinéma et de télévision qui est ici pour son premier film au côté du « grand » Marcello Mastroianni. Les voyant, je ne peux m’empêcher de voir Maurice Chevalier et Pénélope Solette (Alain Chabat et Chantal Lauby, les présentateurs du journal « les nuls l’émission »). Monica Gueritore est talentueuse et parfaite en assistante énamourée du présentateur.

C’est un film qui ne laisse pas indifférent et je ne dispose ni de critiques presse, ni d'un panel de spectateurs pour vous communiquer ‘’l’opinion des gens’’. On aime ou on déteste, mais ce film est à voir comme une curiosité pour tous ces géants du cinéma italiens disparus. 

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