Faute d'amour

Drame d'Andrey Zvyagintsev

Boris et Genia sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Genia fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser... Aucun des deux ne semble avoir d'intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu'à ce qu'il disparaisse.

Faute d amour afficheJe tiens tout d’abord à remercier,  celui de mes amis qui est un cinéphile exigeant et averti, d’avoir attiré mon attention sur ce film.

Andrey Zvyagintsev nous présente une vision âpre et désespérée d’un monde sans amour, où tout respire le manque de chaleur, le désamour de deux parents vis à vis de leur enfant.

Ce pourrait être un film banal si les images sublimes et la perfection de la mise en scène n’avait pas cette lucidité, cette froideur d’une puissance bouleversante sur cette innocence bafouée.

Les plans sont magnifiques et ce qui fait la force de ce film, c’est de montrer les comportements des adultes, plutôt que la détresse de l'enfant.

Pendant cette histoire, nous parviennent les échos d’une actualité pleine de violences et d’effrois de fin du monde ce qui laisse à penser que nous sommes dans un pays où la déliquescence des mœurs, tient à celle de la société. Croire qu’il s’agit d’un pamphlet sur la Russie de Poutine est un raccourci que je ne cautionne pas car l’attitude de ce couple n’est pas propre à un seul pays et chaque nation peut balayer devant sa porte.

De même la bureaucratie est mise en évidence par certaines critiques alors que le responsable de la police, conscient de ses moyens limités, initie tout de suite et accompagne le travail de bénévoles quasis professionnels dans la recherche de disparus. Un bel exemple de coopération, même si le résultat n’est pas à la hauteur des efforts.

Oui, ce film est un véritable choc parfois désagréable à regarder tant les turpitudes des parents, parfaitement interprétés par Mariana Spivak et Alexey Rozin, nous font malaise. Un plaisir cinématographique douloureux, saisissant et qu’il ne faut pas manquer.

Opinion des gens :
Presse – 86% de positif dont 40% de 5/5 et 36% de 4/5 et en négatif 14% de passable.
Spectateurs – 92% de positif dont 26% de 5/5 et 53% de 4/5 ; En négatif, 4% de passable et 4% de mauvais (ils n’ont en fait pas apprécié l’amalgame entre les parents et le peuple russe).

Nationalité : Russe, Français, Belge, Allemand. Genre : drame, mœurs.

Les parents

Commentaires (2)

fabulgone
Nous aurions tort de rejeter un peuple à cause de son dirigeant et c'est ce que le général De Gaulle avait fait le 24 janvier 1964 en reconnaissant la chine populaire de Mao ; "nous établissons des relations avec la chine de toujours et son peuple et non pas avec un seul homme" avait-il déclaré. Alors même si nous ne sommes ni pour Poutine, ni pour Trump, nous ne devons pas offenser les Russes ni les Américains mais les respecter. Ce qui n'empêche pas d'avoir des avis sur la politique suivie par tel ou tel dirigeant. Voilà pourquoi "Faute d'amour" est avant tout un film centré autour de la défaillance d'un couple et non pas d'un pays.
michel
  • 2. michel | 25/09/2017
Il est vrai que les télés partout et toujours allumées, comme c'est le cas en Russie nous dit-on, ce qui pour nous est assez gênant, font un contrepoint dramatique en nous rapportant ,de manière outrageusement partiale, le récent conflit ukhrainien au conflit conjugal et au drame familial. Ce point à lui seul différencie grandement cet auteur de Bergman auquel il est souvent comparé.

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