Pris de court

Un film de série noire d'Emmanuelle Cuau

Nathalie est joaillère et vient de s’installer à Paris pour un nouveau travail et une nouvelle vie avec ses deux fils. Mais la direction de la bijouterie change soudainement d’avis et lui annonce que le poste ne sera pas pour elle. Nathalie veut protéger ses enfants et décide de ne rien leur dire. De ce mensonge vont naître d’autres mensonges de part et d’autre. L’engrenage commence…

Pris de courtL’intérêt de cette histoire sensible d’Emmanuelle Cuau se trouve dans l'angle d'approche qui consiste à planter une structure familiale déracinée, fragile, endeuillée et en pleine reconstruction (une mère et ses deux enfants), pour virer dans le polar le plus inquiétant.

Ce glissement, est très bien négocié vers la partie sombre de l'histoire. Elle est engendrée à l'origine par le fils aîné Paul, Renan Prévot, déstabilisé et qui plonge dans une spirale de délinquance infernale parce que sa mère le déçoit. Un engrenage qui aura des répercussions !

C’est certes un peu tiré par les cheveux, et les disputes entre le fils et la mère sont peu crédibles car trop outrées, mais la sauce prend avec de l'efficacité et de la logique !

Ce film est en effet porté par une Virginie Efira impressionnante de charisme avec la pudeur émouvante d’une femme maternelle et combative dont l’attitude de plus en plus surprenante, nous interpelle avec cette faculté qu'elle a à s'adapter à ses difficultés nouvelles et inattendues.

Dans le rôle du prédateur menaçant, Gilbert Melki est parfait, sans faute et sobre ; cette sobriété permet de cultiver tout du long une incertitude quant à l'issue du film. Nous sommes entraînés progressivement dans de fausses pistes et de faux-semblants.

Dommage que la fin nous laisse sur notre faim, car si j’avais écrit le scénario, je n’en serai pas resté là. Tant pis, imaginons la suite...

Pays : France - genre : série noire, drame
Opinion des gens : Presse – 84% de positif dont 12% de 5/5 et 36% de 4/5 ; pour le négatif, 16% de passable. Spectateurs – 67% de positif dont 18% de 5/5 et 18% de 4/5 ; pour le négatif 27% de passable, 3% de mauvais et 3% de nul.

N.B. un peu désorienté, j’aurais mis tout juste la moyenne, à chaud en sortant. Mais mon naturel revient au galop et je ne reste pas dans le négatif en donnant un 3/5. Je pense que ma faculté de voir dans ma tête, un film avec les protagonistes, me fera reprendre le scénario car la fin me frustre un peu.

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