Chez Nous

Drame de Lucas Belvaux

Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l'aiment et comptent sur elle. 
Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales.

Chez NousLucas Belvaux nous propose un film tristement réaliste et terriblement d’actualité. L’exercice est délicat, voire périlleux et les écueils évidents sont loin d'avoir été évités. Mais au-delà de caricatures un peu outrancières et gênantes, le fond du film vaut franchement le détour, ne serait-ce que pour l’embrigadement effrayant dont André Dussollier (le médecin de famille) dirige les rennes...

Nous avons ici un film maîtrisé de bout en bout et terriblement d’actualité. Certes, l'héroïne est un peu traitée comme une oie blanche bien naïve qui est un peu trop passive et ignorante, jusqu'à ne pas s'inquiéter des idées et du programme du parti qui la recrute, ceci sans se poser d'emblée les questions essentielles et primordiales. Mais  nous nous trouvons face à une plongée passionnante dans les rouages d’une campagne municipale et de l’appareil d’un parti politique plus vrai que nature.

Alors au-delà des clivages politiques, ce film nous interpelle sur notre capacité à distinguer le vrai du faux et je ne crois pas que nous en sortions indemne car il n’y a ni gentil ni mauvais et la problématique est que nous ne savons pas clairement ce qui doit être dénoncé dans ce radicalisme présent des deux côtés qui évite le jugement tranché.

Le choix d’Emilie Dequenne (avec qui Belvaux travaille pour la seconde fois) apparaît comme une évidence. Elle se glisse dans la peau de cette infirmière et mère courage recrutée par le parti avec une facilité déconcertante. Guillaume Gouix s’avère le point faible du scénario car même s’il est bien interprété il apparaît un brin trop chargé en paramilitaire extrémiste. Quant à Catherine Jacob, juste en ersatz de Marine Le Pen, en passant par Anne Marivin, excellente et étonnante en représentante de la classe moyenne séduite par le parti, ils sont tous impeccables et jamais dans la caricature.

Un film difficile qui pose plus de questions qu’il ne donne de réponses. Mais il appartient à chacun de faire son choix. En ce qui me concerne je pense qu’il permet à chacun de réfléchir sur la facilité d’être embrigadé, que ce soit en politique (quel que soit l’orientation) ou dans une religion sectaire.

Opinion des gens :
Presse – 83% d’avis positifs dont 7% de 5/5 et 33% de 4/5  -  nous avons aussi 17% de passable, pas de mauvais ni de nul.
Spectateurs – 64% de favorable dont 31% de 5/5 et 20% de 4/5 et bien sûr compte tenu du contexte 36% de négatif dont 24% de nul.

Nous sommes en période électorale et il faut respecter la sensibilité de ceux que ce film peut choquer.

 

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