Les deux coqs

Les deux coqsCette fable est sans doute celle qui peut traverser les siècles sans prendre une ride tellement l'histoire se décline sous de multiple facettes.

Reconnaissons aussi que l'homme se laisse facilement séduire dès qu'il croise le joli minois d'une aguicheuse. Il est prêt à tomber devant ce trompe-couyon.

Il faut aussi qu'il montre sa force avec ses biscottos.

Vainqueur un jour perdant le lendemain. Faut surtout pas la ramener et jouer les King Kong sinon c'est aller dans le mur.

"Les deux gones" ou "Les deux coqs" c'est blanc bonnet et bonnet d'coton.

Les deux gones

Deux julots s’appréciaient et se la coulaient douce 
Une gisquette se pointa et ce fut le chaos
Comme lorsqu’Hélène de Troie à la belle frimousse,
Provoqua une guerre, avec son gigolo.

T’aurais vu nos deux mecs, rouler des mécaniques,
Se toiser, s’insulter et en venir aux mains
Tout ça pour une drôlesse ; je sais, c’est pathétique,
Eux qui encore hier, étaient  deux bons copains.

Mais voilà, il suffit que rallège une poutrone
Habillée ras-la-touffe, maquillée ripolin
Pour faire perdre la tête à nos deux joyeux gones.
Ils montèrent sur le ring, pour obtenir sa main.

Le vaincu tout péteux, dû quitter le plancher.
Il gicla des mirettes, préparant sa rebiffe,
Refusant sa défaite, de sa haine amplifiée
« Je vais le démolir, lui coller un bourre-pif »
Criait-il à tous vents, tandis qu’il s’entraînait
Echafaudant des plans, les plus tordus je crois.

Le vainqueur au bras de sa donzelle, paradait.
Jouait les Matamore, et déclamait sa joie
D’une voix de stentor qui fit trembler une vitre.
Alors elle se brisa et tomba telle la lame
D’un échafaud, sur le coqueluchon du pitre.
Qui avala sa chique. Vain Dieu quel mélodrame.

Et le perdant d’hier en consolant la veuve
Se plaça aussi sec en nouveau prétendant.
Appréciant d’être aidée au cours de son épreuve.
Ce fut sans état d’âme, qu’elle le prit pour amant.

Le Destin facétieux se moque bien de Toi
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille.
Gardes toi de l’excès et sans faire profil bas
Soit humble pour garder le gain d’une bataille.

Les deux coqs

Deux Coqs vivaient en paix ; une Poule survint, 
Et voilà la guerre allumée. 
Amour, tu perdis Troie (1) ; et c'est de toi que vint 
Cette querelle envenimée, 
Où du sang des Dieux même on vit le Xanthe (2) teint. 
Longtemps entre nos Coqs le combat se maintint : 
Le bruit s'en répandit par tout le voisinage. 
La gent qui porte crête au spectacle accourut. 
Plus d'une Hélène au beau plumage 
Fut le prix du vainqueur ; le vaincu disparut. 
Il alla se cacher au fond de sa retraite, 
Pleura sa gloire et ses amours, 
Ses amours qu'un rival tout fier de sa défaite 
Possédait à ses yeux. Il voyait tous les jours 
Cet objet rallumer sa haine et son courage. 
Il aiguisait son bec, battait l'air et ses flancs, 
Et s'exerçant contre les vents 
S'armait d'une jalouse rage. 
Il n'en eut pas besoin. Son vainqueur sur les toits 
S'alla percher, et chanter sa victoire. 
Un Vautour entendit sa voix : 
Adieu les amours et la gloire. 
Tout cet orgueil périt sous l'ongle du Vautour. 
Enfin par un fatal retour 
Son rival autour de la Poule 
S'en revint faire le coquet : (3)
Je laisse à penser quel caquet, 
Car il eut des femmes en foule. 

Moralité
La Fortune se plaît à faire de ces coups ; 
Tout vainqueur insolent à sa perte travaille. 
Défions-nous du sort, et prenons garde à nous 
Après le gain d'une bataille.

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