Le Renard et la Cigogne

Livre 1 fable 18 de La Fontaine

Cette fable est presque du copier-coller de celle d'Esope recueillie par Plutarque et qui s'intitulait
1-18 le renard et la cigogneLe Renard et la Grue.
La morale en était : Tu ne peux pas te plaindre de moi raisonnablement puisque j'ai suivi ton exemple, et que je t'ai traité comme tu m'as traitée.

Phèdre en a lui aussi peu modifié le contenu et l'intitula
Le Renard et la Cigogne.
La morale devint : Il faut savoir souffrir avec patience ce dont on a donné soi-même l'exemple. 

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Renard et cigogneComme il se doit, je vous mets les deux illustrations, l'ancienne et la moderne que j'ai concocté soigneusement, pour en trouver les éléments.

J'ai d'abord créé un décor puis incrusté dessus, les deux animaux choisi parmi de nombreuses images et j'ai enfin incrusté les deux vases. 

Pour l'anecdote, j'ai écrit cette fable en 2009 en me souvenant de mai 2007, période qui connut le duel politique entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkosy. 

Version de La Fontaine

Où La Fontaine démontre qu’il vaut mieux être fair-play Tromper, c’est être trompé dans les plus brefs délais.

Compère le Renard se mit un jour en frais,
Et retint à dîner commère la Cigogne.
Le régal fut petit et sans beaucoup d'apprêts :
Le Galand, pour toute besogne
Avait un brouet  clair (il vivait chichement).
Ce brouet fut par lui servi sur une assiette.
La Cigogne au long bec n'en put attraper miette.
Et le Drôle eut lapé le tout en un moment.

Pour se venger de cette tromperie,
À quelque temps de là, la Cigogne le prie.
Volontiers, lui dit-il, car avec mes amis
Je ne fais point cérémonie."
À l'heure dite, il courut au logis
De la Cigogne son hôtesse ; 
Loua très fort sa politesse, 
Trouva le dîner cuit à point.
Bon appétit surtout ; Renards n'en manquent point. 

Il se réjouissait à l'odeur de la viande
Mise en menus morceaux, et qu'il croyait friande.
On servit, pour l'embarrasser
En un vase à long col, et d'étroite embouchure. 
Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer,
Mais le museau du Sire était d'autre mesure.
Il lui fallut à jeun retourner au logis,
Honteux comme un Renard qu'une Poule aurait pris,
Serrant la queue, et portant bas l'oreille. 

Trompeurs, c'est pour vous que j'écris, 
Attendez-vous à la pareille.

Version de Fabulgone 

Voyons si aujourd’hui cette maxime s’appliquerait !

Compère Nicolas sortit son bas de laine,
Pour garder à briffer la belle Ségolène.
Non pas pour ses mirettes ou pour lui faire plaisir,
Grimpant dans les sondages elle lui filait le tracsir.
Elle passe à la téloche ce soir sur Thé-et-Faim.
Et il comptait lui faire passer le goût du pain.

Autour de son long cou ayant mis sa serviette, 
Elle se mit en demeure de licher son assiette  
Qui contenait une soupe et quelques coquillettes.  
La Cigogne au long bec n'en pu attraper miette.
Renard avait lapé sa soupe en un instant, 
Et il laissa partir la belle, furieuse, en rigolant.  
Se disant que la gueuse excitée comme une puce  
Va foirer son émission qui sera son terminus.  

Elle garda son sang-froid au cours de l’interview.  
Se dit qu’un politique ça n’craint pas les voyous. 
Elle prépara ensuite soigneusement sa rebiffe  
Pour tromper à son tour le petit escogriffe.  
Concoctant son menu, entre autres préparatifs,  
Dans un vase à long col, elle coupa un rosbif  
En morceaux tout petits qu’elle servit à Renard,  
Ȧ son tour invité sans flairer le traquenard.  

Son museau n’entra pas dans le vase trop étroit. 
Au jeu de trompe-couillon c’était bien lui cette fois  
Qui jouait les tartignoles tandis que Ségolène   
Etait pliée en deux riant comme une baleine.  
Il rentra donc chez lui, piteux et l'oreille basse,  
Sans avoir rien bouffé, le bide sur les godasses.

Trompeurs qui vous croyez plus fort que les mistons  
Soyez bien sûr qu'un jour, un retour de bâton 
Vous frottera les manettes bien vite à l'occasion.

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