Le Loup et l'Agneau

Livre I - Fable 10 de La Fontaine

Cette fable d’Esope est sans doute l’une de celles qui ont subi le moins de modifications de la  part de Phèdre et de La Fontaine.

Esope - Un loup, voyant un agneau qui buvait à une rivière, voulut alléguer un prétexte spécieux pour le dévorer. C’est pourquoi, bien qu’il fût lui-même en amont, il l’accusa de troubler l’eau et de l’empêcher de boire. L’agneau répondit qu’il ne buvait que du bout des lèvres, et que d’ailleurs, étant à l’aval, il ne pouvait troubler l’eau à l’amont. Le loup, ayant manqué son effet, reprit : Mais l’an passé tu as insulté mon père. Je n’étais pas même né à cette époque, répondit l’agneau. Alors le loup reprit : Quelle que soit ta facilité à te justifier, je ne t’en mangerai pas moins.
Cette fable montre qu’auprès des gens décidés à faire le mal la plus juste défense reste sans effet.

Phèdre - Un loup et un agneau étaient venus au même ruisseau, poussés par la soif. Le loup se tenait en amont et l'agneau plus loin en aval. Alors excité par son gosier avide, le brigand invoqua un sujet de dispute. Pourquoi, lui dit-il, as-tu troublé mon eau en la buvant ?  Le mouton répondit avec crainte : Comment puis-je, loup, je te prie, faire ce dont tu te plains, puisque le liquide descend de toi à mes gorgées ? L'autre se sentit atteint par la force de la vérité : Tu as médit de moi, dit-il, il y a plus de six moisMais je n'étais pas né, répondit l'agneau. Par Hercule ! ton père alors a médit de moi, fait-il. Puis, il le saisit, le déchire, et lui inflige une mort injuste.
Cette fable a été écrite à l'intention de ces hommes qui oppriment les innocents pour des raisons inventées.

Loup agneauLoup et agneauL'image d'origine montre bien le loup noir, symbole de la force brutale et l'agneau blanc, l'innocence et la pureté. Pour réaliser l'image de mon texte, j'ai commencé par créér un paysage à partir de plusieurs photos que j'ai superposées, puis affinées en les détourant. Ensuite, j'ai pris la photo des deux figurines schleich, loup et agneau sur un fond blanc pour les détourer et les positionner sur le paysage. Comme à chaque fois, j'ai pris de nombreux clichés et photos scannés, jusqu'à obtenir ma vision de la scène.
cliquez sur les images pour les améliorer 

Pour la morale en début de fable "la raison du plus fort est toujours la meilleure", j'ai repris la réplique extraite du film cent mille dollars au soleil où Audiard fait dire à Rocco (Belmondo), s'adressant à Pepa sa fiancée (Andréa Parisy) :  Oh tu sais, quant les types de 130 kilos disent certaines choses, ceux de 60 kilos les écoutent

Version de La Fontaine

Où La Fontaine affirme qu’en ce monde les puissants,
Auront toujours raison face aux pauvres manants.

La raison du plus fort est toujours la meilleure :
Nous l'allons montrer tout à l'heure.

Un Agneau se désaltérait 
Dans le courant d'une onde pure. 
Un Loup survient à jeun, qui cherchait aventure,
Et que la faim en ces lieux attirait.

Qui te rend si hardi de troubler mon breuvage ?
Dit cet animal plein de rage :
Tu seras châtié de ta témérité.
Sire, répond l'Agneau, que Votre Majesté
Ne se mette pas en colère ;
Mais plutôt qu'elle considère
Que je me vas désaltérant
Dans le courant,

Plus de vingt pas au-dessous d'Elle ;
Et que par conséquent, en aucune façon,
Je ne puis troubler sa boisson.
Tu la troubles, reprit cette bête cruelle,
Et je sais que de moi tu médis l'an passé.
Comment l'aurais-je fait si je n'étais pas né ?
Reprit l'Agneau ; je tette encore ma mère
Si ce n'est toi, c'est donc ton frère.

Je n'en ai point.
C'est donc quelqu'un des tiens:
Car vous ne m'épargnez guère,
Vous, vos Bergers et vos Chiens.
On me l'a dit : il faut que je me venge.
Là-dessus, au fond des forêts
Le loup l'emporte et puis le mange,
Sans autre forme de procès

Version de Fabulgone

Quand un mec à la redresse d’au moins cent trente kilos,
Affranchit un pingouin qui même tout mouillé d’chaud,
Sur son pèse gonzesse affiche soixante kilos,
Le pingouin qui n’est pas molasse du ciboulot
Y ferme son claque-merde, et s’fout pas en renaud.
Il esgourde sans moufter ce que jacte son poteau !

Un agneau lichaillait une vase pas dégueulasse
Quand un loup maigriot, le bide sur les godasses
Déboula aussi sec, se disant in petto
Enfin de la barbaque, fini les haricots

Que glandes-tu dans ma zone, arrête de baver
Tu crassouilles ma flotte, t’es pas un peu gonflé ?
Grimpe pas au cocotier, je n'chie pas dans tes bottes,
J’n’écluse pas chez tézig, tu crèches plus loin mon pote !

Tu salopes ma baille, me prends pas pour une brèle
Sur mézig l’an passé, déjà tu jetais d’la grêle.
J’pouvais pas balancer, j’étais même pas gluant,
Je tête encore ma vioque, je suis qu’un p’tit bout d’zan.

Alors c’est ton frangin.
J’en ai pas la queue d’un !
Tu commences ma poule à m’les briser menu.
C’est bien dans ta smalah, que perche le loquedu

Car vozigues, vos matons ainsi que vos clébards,
Bavez sur mes rouleaux, à coups de Trafalgar
Mais assez jaspiné, que déboule ma rebiffe,
Je vais te zigouiller, j’commence par un bourre pif.

Illico il le bute, se casse dans la forêt
S’empiffre de la bestiole, s’en met plein le cornet
Sans passage au guignol, ni baveux, ni procès

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