Le jeune homme et le vieillard

En découvrant cette fable de Florian, j’ai compris que la jeunesse actuelle n’était ni pire, ni meilleure que celle des autrefois.

J’ai tout de suite pensé à la chanson de Brassens Le temps ne fait rien à l’affaire :
- Quand ils sont tous neufs, qu’ils sortent de l’œuf, du cocon, tous les jeun’s blancs-becs prennent les vieux mecs pour des cons.

Pour l’illustration, je n’ai pas hésité, j'ai choisi celle qui avait été prise avec Papa au début des années quatre-vingt devant ma maison construite dans le parc du Pilat.

L'image représente bien le dialogue de la fable entre le père et son fils alors que nous parlions tous deux de toute autre chose.

C’est de l’autodérision me concernant et un hommage à Papa qui avait les mêmes vertus que Brassens : un franc parler, de l’amour, de la sagesse. Avec Maman, ils sont maintenant chacun sur une de mes épaules et je sais qu’ils me guident de là-haut.

Cliquez sur l'image pour l'améliorer.

Jeune homme et son père

L' originale de Florian

De grâce apprenez-moi comment l'on fait fortune
Demandoit à son père un jeune ambitieux 

Il est, dit le vieillard, un chemin glorieux,
C'est de se rendre utile à la cause commune,
De prodiguer ses jours, ses veilles, ses talents,
Au service de la patrie.
Oh ! trop pénible est cette vie,
Je veux des moyens moins brillants.

Il en est de plus sûr, l'intrigue.

Elle est trop vile,
Sans vice et sans travail je voudrois m'enrichir.
Eh bien ! Sois un simple imbécile,
J'en ai vu beaucoup réussir.

Florian la fable

Ma version en langage moderne populaire

Où Florian se moque des petits merdaillons
Qui prennent leurs ainés pour de vieux bardons.

Connais-tu les combines pour que du blé j’amasse ?
Demanda à son vieux un gniard peu dégourdasse.

La braise ici bas, ne s’ramasse pas à la pelle,
Faut mouiller ta limace, lui dit son paternel.
Tu dois chaque matin te rendre à ton turbin,
Sans jamais rechigner car c’est ton gagne-pain
Servir ton patron, sans frime ni magouillage
Et cent fois sur le métier remettre ton ouvrage.

Je ne veux pas suer le burnous, répondit le feignasse,
T’as pas un truc plus cool et qui soit moins fracasse ?

Tu peux jouer les larvaires, intriguer, courtiser,
Laisser bosser tes potes en piquant leurs idées
Et rampant vers ton boss te faire valoriser.
Ca ne m'botte pas, dit le môme, de jouer les empaffés.
Pour moi c’qui serait le pied, ce serait de réussir,
Sans lécher ni trimer, bref ! Sans me faire tartir.

Le vieux que tout cela commençait à gonfler
Dégoisa sous le pif du gniard éberlué :
Tu peux rester comme tu es, et là ça t’est facile
Un mec à la ramasse, un fieffé imbécile !
J’en ai vu réussir, tu ne seras pas le premier
Et j’en suis sûr crois-moi encore moins le dernier

Ajouter un commentaire