Le Chat et un vieux Rat

LE CHAT ET UN VIEUX RAT

Où La Fontaine nous montre ici que les hommes sages,
quand ils ont éprouvés la méchanceté de certaines gens,
ne se laissent plus abuser par leurs faux-semblants.

Version truculente de Fabulgone

Un certain Rodilard, matou issu de la lignée de Rodilardus du Quart Livre de Rabelais,
l’Alexandre des Chats, l’Attila des Rats, le minet à la redresse des minets du palais.
C’était un exterminateur qui filait la pétoche dans l’quartier, un génocidaire qui ourdit,
À l’instar des nazillons d’Hitler, le déclanchement de la solution finale des Souris.

À côté de lui, la mort-aux-Rats, les souricières, pardonnez l’image, c’était du pipi d’Chat.
Grosminet était si tant craint que les Souris se terraient chez elles et pour leurs achats
Elles se ravitaillaient au marché noir organisé par quelques chauves-souris la nuit.
Rodilard que ça gonflait de ne plus pouvoir trouver de victimes en était déconfit.

Chat et  le vieux Rat

Il fit marcher ses boyaux du cerveau pour retrouver le goût du Rat dont il était friand.
Il conçut un plan sur l’art de la guerre que n’aurait pas renié Machiavel le grand.
Imitant Villon au gibet de Montfaucon, avec la tête en bas, il joua au pendu crevogné.
Tenant en loucedé la corde de pendu avec sa patte arrière, pour très vite se dégager.

Le peuple des Souris, toutes des nunuches, crurent que c’était un châtiment
Que pour sûr, Patte-pelue avait commis quelques larcins, de rôt ou de fromgi.
Qu’il avait égratigné quelques locdus, provoqué des dégâts dans le gourbi.
Et que finalement, excédés, ses dabs pendouillèrent le mauvais garnement.

Les niaisounettes se promirent alors, d’aller rifougner à son enterrement.
Elles commencèrent par montrer leur pif, sortirent un peu leur cabochon
Rentrèrent vite dans leurs nids, puis ressortirent à nouveau lentement.
Rassurées, elles s’enhardirent, partant en quête d’un reblochon.

Mistigri le pendu ressuscita, lâcha la corde et retomba sur ses pattes.
Il chopa les plus molasses, les goba et jaspina en s’essuyant les moustaches :
Je connais des arnaques, des combines de malade, inutile de jouer à cache-cache.
Même planquées, vous n’serez plus à l’abri. De vous coincer partout, j'me flatte.

C’n’était pas du pipeau, car maître filou magouilla un nouveau stratagème.
Il blanchit sa robe, s’enfarina, bref, se déguisa comme à la mi-carême.
Détournant l’attention des Souris, il s’enquilla dans une huche ouverte
Où la Gent trotte-menu, toujours aussi benête, s’en vint courir à sa perte.

Seul un vieux Rat qui avait des kilomètres au compteur resta pique-plante.
Il s’était fait embabouiner plus jeune, avait perdu sa queue mais pas la vie.
Ce tas de farine, ne me dit rien qui vaille ; c’est je crois une seconde perfidie.
Pensait le Rat, rajoutant : Ce grand couyon aimerait bien que j'me plante.

Il héla Rodilard : « Il ne te sert à rien d’être farine et quand bien même
Tu serais sans gluten que tu peux te brosser pour que j’approche. 
Tu te crois un géant et tu n’es qu’une enflure. Et oui, je sais, c’est moche !
Mais voici venir le mitron, je pense que tu vas avoir un gros problème. »

Le Rat se montre ici fort expérimenté.
Il sait que méfiance est mère de la sureté.

Version de La Fontaine

Un certain Rodilard était surnommé
L’Alexandre des chats, l’Attila, le fléau des rats.
C’était un chat exterminateur, vrai Cerbère, craint une lieue à la ronde
Qui voulait de Souris dépeupler tout le monde.

La mort-aux-Rats, les souricières, n'étaient que jeux au prix de lui.
Comme il voit que dans leurs tanières les Souris étaient prisonnières, 
Qu'elles n'osaient sortir, qu'il n’en pouvait plus trouver,
Le Galand fit le mort, se pendit tête en bas.
La Bête scélérate à de certains cordons se tenait par la patte. 

Le peuple des Souris croit que c'est un châtiment,
Qu'il a fait un larcin de rôt ou de fromage, 
Egratigné quelqu'un, causé quelque dommage,
Enfin qu'on a pendu le mauvais Garnement.
Toutes se promettent de rire à son enterrement 

Elles mettent le nez à l'air, montrent un peu la tête,
Puis rentrent dans leurs nids, puis ressortent et font quatre pas
Rassurées, elles se mettent alors en quête de fromage.

Le pendu ressuscite et tombe sur ses pattes.
Il attrape les moins rapides et dit en les gobant :
Je connais plus d’une ruse de guerre. Dans vos cavernes creuses
Vous ne serez plus jamais à l’abri

Il prophétisait juste car notre maître Chat à nouveau les trompa.
Cette seconde fois, il blanchit sa robe et s’enfarina.
Ainsi déguisé, il se nicha et se blottit dans une huche ouverte.
Où la Gent trotte-menu s'en vint chercher sa perte.

Seul un Rat s’abstint d’aller flairer autour
C’était un vieux routier qui connaissait plus d'un tour ;
Même qu’il avait perdu un jour, sa queue à la bataille. 
Ce bloc enfariné ne me dit rien qui vaille
Cria-t-il de loin au Général des Chats.
Je soupçonne là-dessous encore quelque machine.
Il ne te sert à rien d'être farine.
Quand bien même tu serais un sac, je n’approcherais pas

C’est bien dit de lui, j’approuve sa prudence
Il est expérimenté et sait que la méfiance
Est mère de la sureté.

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