S à Z

S

S’abouser : en parler lyonnais se dit de quelqu’un qui tombe mollement par terre, métaphoriquement et parlant par respect, comme une bouse de vache. Le lyonnais, toujours soucieux de ne pas choquer son entourage, précède une formulation scabreuse ou scatologique de « parlant par respect ».
S’accroupetonnèrent : s’accroupirent (Dictionnaire de San-Antonio).
S’aligner le tarin, le blair, le pif : c’est vraiment se cogner le nez à en saigner. 
Salopiaud ou salopiot : se dit d’une personne à la moralité répugnante.
Sangloter à s’en déponteler le corgnolon : en lyonnais c’est pleurer violemment à s’en étrangler et se faire mal au gosier.
Sapé : être habillé correctement et chic souvent avec un complet, un costume, une belle robe... ; à la différence de fringué qui concerne tous les vêtements simples et ordinaires ; on dit se fringuer et se saper pour s’habiller. Celui qui, une fois habillé, est plus ridicule qu’élégant est mal sapé et celui qui porte ses vêtements de travers est mal fringué. Quant aux frusques ce sont de mauvais vêtement. Le parler argotique est plus précis qu’on ne le croit.
Savoir comment ça se danse : variante de connaître la musique, savoir de quoi on parle.
Scoumoune – nous connaissons tous ce terme qui désigne une forte malchance, il vient depuis 1930, des truands corses et marseillais, pour désigner la scomun qui dérive du latin excommunicare et l’excommunication était ce qui pouvait arriver de pire dans les autrefois.
Se cailler le raisin : s’inquiéter.
Se casser le bourrichon : réfléchir sur ce qu’il faut faire.
Se déballonner : ne pas porter le chapeau, refuser toute responsabilité.
Se démangogner les agotiaux, remuer les jambes en tous sens pour s’assouplir.
Se dépoutroner : une poutrone est une femme de mauvaise vie, trop ou mal maquillée et donc se dépoutroner c’est reprendre un visage sans excès de maquillage.
S’enquiller, s’introduire, pénétrer dans un lieu, sur une route, un endroit balisé. Autrefois enquiller signifiait cacher entre les cuisses un objet volé à la détourne.
Se faire Arquepincer : se faire rappeler à l’ordre, se faire arrêter ou interpeller en étant saisi. 
Se faire bouillir la cafetière : c’est la vraie prise de tête.
Se faire suer le burnous, comme pour mouiller sa liquette ou sa chemise, c’est travailler dur.
Se faire une pendule de gamberge : c’est vraiment se torturer la cervelle, trop réfléchir.
Se gaffer : utilisé ici pour se douter, se gaffer c’est aussi se tromper.
Se geler les arpions : la sensation de grand froid, se fait sentir quand on se gèle les doigts de pieds. 
Se jeter dans les torchons, se pieuter : aller se coucher
Se glisser dans les toiles : c’est comme se jeter dans les torchons, aller se coucher.
Se marpailler la comprenette : être contrarié en parler lyonnais.
Se mélanger les pinceaux ou les boyaux du cerveau marque une grande confusion.
Se mettre au turf : se mettre au travail avec ardeur, d’où mouiller la chemise.
Se mettre de collagne, se réunir par affinité.
Se mettre en sale - dans les autrefois, la semaine les gens s’habillait pour le travail et donc en parler lyonnais se mettre en sale par opposition à se mettre en dimanche, consiste à s’habiller sans craindre de se tacher, c’est aussi mettre une tenue spécifique de travail.
S’ensauver : en lyonnais on rajoute « en » devant sauver pour préciser qu’il s’agit d’échapper à un risque.
Se poiler ou se poêler : C’est bien sûr se tordre de rire ; se poiler est plus couramment utilisé et il règne une incertitude sur l’origine soit à partir de poil (l’idée de se tortiller) ou poêle à cause du dicton ancien : c’est la poêle qui se moque du chaudron !
Se remuer le lard c’est se décider à agir en se déplaçant.
Se taper la cloche : c'est faire bombance.
Se torcher une boisson : c’est boire un bon verre d’alcool, s’utilisait au début du XXème siècle pour prendre une cuite dans le sens familier, ironique : « se mettre propre ».
Se tuber à s’en faire peter la ventraille : mâchonner, faire un gueuleton, se goinfrer avec l’idée d’abondance.
S’habiller en propre ou se mettre en dimanche, c’est mettre ses beaux habits le dimanche et aussi les jours de fête, les célébrations, (mariages, invitations, enterrements...).
Sortir du colletar : se réanimer : coaltar, colletar ou coltar état d’ivresse ou d’évanouissement, voire être dans une situation embrouillée.
Souillarde : A Lyon, les vieux appartements disposaient dans la cuisine, d'un renforcement, la souillarde, qui donnait sur le tuyau d'évacuation des eaux usées, il y avait l'évier et la pierre d'évier où nous entassions la vaisselle et où nous préparions les légumes ; ce coin comportait aussi une petite fenêtre en renfoncement du gros de mur et qui donnait sur la cour des immeubles et que la cuisinière ouvrait pour éviter la buée. Dessous c'étaient les produits d'entretien, seau et broc en fer blanc pour aller chercher l'eau à l'une des fontaines situées le long des trottoirs. Au-dessus, petits placards ou étagères accueillaient les gamelles, poêles et tout le petit matériel pour préparer le repas. 
Souffler sa veilleuse : Une des 48 expressions pour mourir, une jolie périphrase pour rendre son dernier soupir. 
Soufflets : les poumons et par extension les seins, sachant que plus de cinquante mots d’argots désignent les seins féminins.
Surprise au déballage, se dit d’une femme que l’on rencontre à son lever (en tout bien tout honneur) avant le passage à la case coiffure et maquillage.

T à Z

Tabagnon : en lyonnais c’est une estrade où généralement on fait un discours.
Taper la converse : discuter agréablement entre amis.
Tailler au chagrin : aller au travail, le chagrin c’est l’emploi salarié ou non.
Tailler le bout de gras : discuter, bavarder.
Tambouille : repas et aussi se dit d’une cuisine simple voire médiocre.
Taper le carton : jouer aux cartes. 
Taper ou foncer bille en tête : aller rapidement et sans hésitation, c’est un peu péjoratif car risqué ; la bille en tête, c’est la première boule de billard qui va conditionner la réussite ou l’échec.
Tarbouif : une des 25 façons de désigner le nez. Le tarbouif désigne un nez turgescent comme celui d’un poivrot ; ce pourrait être un mot formé de l’argot tarin et de bouif (cordonnier) ! Alphonse Boudard créateur du vocable a-t-il été un « amateur » du théâtre de Guignol auquel cas il se serait inspiré de Gnafron le regrolleur au nez rouge vinasse.
Taupinière à cloportes ! : La plus étonnante des dix appellations pour cercueil.
Tavelle : tous les petits gones lyonnais le savent, c’est la trique de Guignol.
Toiles, torchons : désignent les draps.
Torche-croupion ou torche-cul désigne un mauvais journal et aussi la profession de foi déposée dans la boite au lettre par un candidat aux élections ; un torche-morve c’est un mouchoir, alors pour relever le niveau, j’ai décidé d’appeler une serviette de table un torche-babouines ou torche-limaces (essuie-lèvres) à noter que si limace au singulier est une chemise, limaces au pluriel, ce sont aussi les lèvres.
Torcher une boisson – c’est boire un bon verre d’alcool, s’utilisait au début du XXème siècle pour prendre une cuite dans le sens familier, ironique : « se mettre propre ».
Torcher : en parler régional dans le Nord-Pas de Calais signifie saucer, essuyer son assiette.
Tortorer
 : manger copieusement.
Tout trempe : en lyonnais nous n’utilisons pas le participe passé mais le mot simple pour désigner un état ; Ainsi nous sommes tout trempe pour dire que nous sommes trempés comme trempe de chaud et pas trempé de chaud ou tout gonfle après un bon repas et non tout gonflé.
Traczir, trouillomètre à zéro, pétoche : au moins une quinzaine de mots désignent la peur avec des degrés d'intensité, de bloblote une petite peur à trouillomètre à zéro qui symbolise bien la peur glaçante et paralysante au degré zéro.  Peureux possède aussi ses expressions imagées comme "avoir de l'eau de bidet dans les veines". Traîne-patins c’est un miséreux, un vagabond, mais toujours louche à l’inverse du clochard volontaire ou du Sdf involontaire. Tricoter des gambettes : danser, gambiller... Trimbaler sa viande c’est se promener nonchalamment ou marcher avec difficulté.
Trogne-pouce, ce mot était utilisé par la mère Cotivet pour désigner son parapluie. Notre pipelette lyonnaise, interprétée par Elie Perigot Fouquier, se produisit sur radio France Lyon de 1927 à 1971. Elle habitait au « cent moins n’un » 99 Montée de la Grand’Côte en bas des pentes de la Croix-Rousse.
Tronche de gaille : littéralement en argot c’est une « tête de cheval », pour le dictionnaire de San Antonio, dans « Le coup du père François », c’est une insulte pour dire de quelqu’un qu’il est têtu et stupide. Papa, lecteur de San Antonio utilisait cette formule pour ceux qu’il considérait comme stupide, incapable de réfléchir et de changer d’opinion même face à l’évidence. Petit, je croyais que c’était une tête de cochon ; après tout, c’est un peu pareil ! 

 

U V W X Y Z

Un coup de latte : coup de pied chaussé puisqu’une latte est une chaussure ; par contre, latter c’est donner un coup de pied chaussé ou non.
Un mec qui en jette : C’est quelqu’un qui a de l’allure, élégant et au port altier.
Un va-de-la-gueule : s’emploie pour celui qui fanfaronne et dis n’importe quoi pour faire de l’esbroufe.
Vachard : dur et sévère ; en argot c’était autrefois le sobriquet pour désigner un paresseux et un resquilleur. Les mots vivent et évoluent changeant de sens.
Vadrouiller : marcher, vagabonder sans but précis.
La vagnotte ou redingote, veste du dimanche, était dans nos campagnes une sorte de bât pour les ânes, c’est donc par irrespect que les paysans comparait les gens chics qui portaient une vagnotte, à un âne.
La vase : comme la baille, la flotte, c’est de l’eau qui plus est, claire et même potable, mais les affranchis et aussi Gnafron se méfient de ce liquide plus dangereux pour la santé que le vin. D’où cette comparaison avec la vraie vase.
Les vasistas : il s’agit d’yeux grands ouverts
Vieille toupie : personne âgée, agitée et acariâtre.
Vivre à la colle être en couple sans être marié, les gones disent "vivre dans le péché" manière de se moquer gentiment des "cathos".
Voir ou entendre le loup péter sur la pierre-de-bois ou d’évier, une très jolie périphrase du parler lyonnais et de ces expressions, employée par Guignol dans son journal des années 49 à 54. C’est connaître l’amour charnel et le pratiquer. Je n’en ai pas retrouvé l’explication, alors si un de mes lecteurs pouvait m’en donner l’origine, ce serait adorable.
Y aller au quadrille des mâchoires – une expression digne d’Audiard pour désigner celui qui mange de bel appétit avec une exceptionnelle force de mastication ; Jean Gabin utilisa cette formule dans une interview restée célèbre à propos de Lino Ventura qui était un maître dans l’art de dégringoler de la croque.

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