P - Q - R

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Pâlichon : entré dans le langage courant, la pâleur était signe de maladie voir de mort en 1910, arrive ensuite : se faire porter pâle pour éviter un travail ou une corvée et en 1917 : pâle des jambes ou pâle des genoux qui signifie être blanc de peur avec les jambes flageolantes ;
une curiosité,  un double blanc aux dominos c’est un pâlichon.

Panard : en principe c’est un soulier, mais ce terme s’utilise le plus souvent pour le pied et l’expression : prendre son panard désigne (parlant par respect) la jouissance sexuelle.
Pardingue en sapin : une des dix appellations pour cercueil.
Partir à dame : s’évanouir, vient de l’époque où les corsets trop serrés provoquaient des évanouissements et aussi lorsque les coquettes feignaient de partir en pamoison. 
Partir de la caisse : être pris des bronches, pneumonie limite emphysème. Partir se zoner : aller se coucher. Passer les dés : se montrer conciliant, compréhensif, laisser de côté sa colère...

Pascal : une valoche de pascals - une valise de billets de banque, le pascal valait cinq cent francs, aujourd'hui ce serait des billets de cent euros, mais il n'y a pas notre Pascal.
Pas de lézard : nous avons vu que lézard est à la fois un faux-frère, un escroc, et une difficulté et donc pas de lézard se dit pour une action facile à mettre en œuvre.

Passer l’arme à gauche : mourir ; nous sommes ici dans une expression militaire dont l’origine est :
L’infanterie de la Grande Armée napoléonienne utilisait de longs mousquets qu’il fallait recharger. Pour cela, après avoir tiré, les soldats passaient leur arme dans la main gauche pour la réapprovisionner par le canon. Durant le laps de temps relativement long compte tenu du contexte, le fantassin était très vulnérable, car désarmé et très concentré sur la préparation de son prochain tir. Beaucoup d’entre eux se faisaient tuer lors de cette phase délicate, d’où l’expression...
Patacaisse : variante de pataquès, situation bruyante et embrouillée, utilisé par Frédéric Dard et repris dans le dictionnaire de San Antonio.
Pâté de vogue : une confiserie très prisée dans les vogues lyonnaises des autrefois, faite avec de la fleur de farine et garni communément de poires qu’on a fait mariner vingt-quatre heures dans de l’eau de vie et du sucre. On le dore par-dessus avec un jaune d’œuf. Ces pâtés ont la forme d’un chapeau de gendarme. C’est ce qui explique le dicton : avoir l'embuni (le ventre) en pâté de vogue en parlant d’une jeune femme enceinte, en état de grossesse avancée.
Patentaine : lyonnaisisme pour prétentaine.
Peau de balle et balai de crin : dans de nombreuses expressions utilisant peau, il s’agit du mot usuel, où la peau est la fleur de l’individu, le symbole de la vie et  de ce qui existe et donc peau de balle, de zebi, de bite c’est pratiquement rien ; de même le balai de crin n’est pas pratique pour balayer et donc peau de balle et balai de crin est synonyme de rien du tout. Nous verrons petit à petit les nombreuses variantes utilisant peau.
 
Pello : nous avons ici un mot typiquement argotique lyonnais synonyme de pékin et qui ne figure pas dans les dictionnaires si ce n’est le dictionnaire du français argotique et populaire de François Caradec et Jean-Bernard Pouy (éditions Larousse, format 12,5 X 19, au prix modique de 11€90) et que je recommande vivement à tous ceux qui souhaitent un ouvrage simple, joyeux, agréable et assez complet pour s’initier à l’argot populaire. De nos jours, il est très utilisé par les jeunes lycéens et dans les milieu populaire pour désigner un individu dans un sens péjoratif.
Pendrille : en parler lyonnais c’est un garnement, mauvais sujet, vagabond déguenillé.
Perruquer : travailler au noir en utilisant le matériel et l'outillage du patron.
Pestouille : terme traduisant la malchance.
Pétaouchnock : localité (imaginaire) très lointaine. A l’origine, il s’agissait d’une création fantaisiste et xénophobe car il s’agit d’un pays indéterminé peuplé de noirs.
Peter la miaille : expression lyonnaise pour se faire la bise. se prononce sans le é ; peter se pronnonce comme petit
Péter sa tuyauterie : c’est-à-dire perdre toute retenue ; on dit aussi péter un plomb, un cable... 
Péteux : en argot, poltron, mal à l’aise, c’est aussi être prétentieux.
Petzouille : homme du commun.
Pèze, pognon : les mots ne manquent pas pour désigner l’argent.
Piaule piôle ou piolle
: terme générique : appartement, domicile, logement. Au XVIIème siècle il s’agissait d’une gargotte, un lieu malfamé avant de glisser petit à petit vers un appartement modeste. S’utilise aussi pour une chambre d’enfant toujours en désordre.
Piauler, comme quincher : c’est crier d’une voie pointue et aigüe.
Piauler au charron : hurler en s’énervant, monter sur ses grands chevaux. 
Picaillons : s’emploie toujours au pluriel, un mot lyonnais très usité pour les sous et l’argent mais pas pour une seule pièce.
Pignocher : en lyonnais, manger lentement du bout des dents, on dit aussi mangeotter, manger sans faim.
Pinailler : tergiverser, trop réfléchir avant d’agir.
Pinceaux : pieds, s’emploie toujours au pluriel.
Pioche-poubelle : vagabond par analogie à ceux qui, sur les fins de marchés, récupèrent les légumes abandonnés ou ceux qui fouillent les poubelles.
Pioncer : une des quinze façons d’évoquer le dormeur, tout le monde connaît l’expression pioncer à l’hôtel du cul tourné pour dormir fâchés.
Pipa : terme affectueux pour dire papa en lyonnais ou petit père chez un vieillard estimé ; le pipa Claudius qu’à défunté la semaine dernière était tellement de bon command, que tout le quartier de Vaise l’avait accompagné jusqu’à Loyasse (célèbre cimetière lyonnais comme le Père Lachaise est « Le » cimetière parisien).
Pique-plante : en lyonnais : être debout sans bouger ; une belle métaphore pour dire planté comme un piquet.
Pisser de l’œil ou pisser des calots : pleurer et pisser du nez : saigner.
Pisseuse : se dit d’une jeune fille encore enfant, je n’ignore pas le caractère sexiste du terme, mais il est utilisé sans méchanceté.
Pisse-trois-goutte, se dit d’une petite fille qui a la bougeotte.
Pisse-vinaigre : comme les fesses-tristes, ce sont des casseurs d'ambiance, les grognons toujours prêts à la critique négative. 
Plier les cannes : en argot, une jambe est une canne qui vient de canne à pêche puisque la jambe est constituée de plusieurs éléments (cuisse, genou, mollet...). Avant de partir, le pêcheur, démonte sa canne-à-pêche et donc plie les cannes ; par extension, plier les cannes, c’est aussi quitter une activité, un travail sous-entendu avec son matériel puisque dans les autrefois, les ouvriers avaient leurs propres outils.
Pognon, les mots ne manquent toujours pas pour désigner l’argent.
Plombe : l'heure - Il est dix plombes et cinq broquilles (minutes) à la "dégoulinante de la bastoche" (horloge pendule, cadran solaire, montre...) la réponse à une demande sur l'heure se dit toujours dans sa totalité (heure minute et avec dégoulinante de la bastoche quel que soit le support utilisé).
Poireauter : attendre debout.
Portugaises : les oreilles et briser les portugaises : casser les oreilles ; portugaises ensablées lorsqu'on s'adresse à quelqu'un qui fait répéter ou dit Hein ? on lui répond :
t'as les portugaises ensablées va te les faire draguer !
Portez-vous bien et quoi que vienne tenez tati : expression lyonnaise utilisée entre personnes qui s’apprécient pour dire « restez en bonne santé et soyez prêt à résister aux embarras de la vie qui se présenteraient ».
Poutrône  mot typiquement lyonnais pour désigner une tête grossière de carton sur laquelle les modistes faisaient leur bonnet. C’est aussi une poupée d’enfant en carton puis en chiffon sans bras ni jambes. À la révolution, la Poutrône était le sobriquet de la statue de la déesse Raison. C’était aussi une femme de mauvaise vie car le mot vient du vieux français poutre, jument.
Prendre du souci : rentrer à la maison.
Prêter la main : en lyonnais c’est aider manuellement, donner un coup-de-main.
Prix de Diane : nous sommes dans le summum de la beauté avec la séduction et l’intelligence en prime ; en hippisme, le prix de Diane est réservé aux pouliches et donc celle qui gagne est parée de toutes les qualités par les turfistes. Une belle femme est en argot une belle pouliche et le prix de Diane c’est la plus belle parmi les belles. Un jolie et fraîche jeune fille genre miss France. À utiliser avec précaution car pour la gent féminine, être comparée à une jument fut-ellle un prix de Diane c'est péjoratif.
Pucier : en argot c'est dans le même esprit que Bardanier en lyonnais pour, le lit la bardane étant ici la punaise des bois de lit. 

Q - R

Dalle (que) : expression argotique qui signifie « rien du tout » et rien à voir avec la dalle qui est la gorge, le gosier, dalle était de l’argent allemand à l’époque de Napoléon et être fauché, sans argent, c’était n’avoir que dalle (ce que répondaient les allemands quand les grognards demandaient de l’argent aux autochtones) ; Actuellement très utilisé avec comprendre : il ne comprend que dalle !
Quille : la jambe.
Quincher : en parler lyonnais, c'est pousser des cris aigus et perçants.
Quinquets, ou calots : une des nombreuses dénominations pour les yeux.
Rabibocher : en lyonnais, remettre en état quelque chose d’abimé et donc se rabibocher, c’est se réconcilier.
Rabouler : pour rentrer chez soi ne se trouve pas dans les dictionnaires officiels d’argot, c’est une particularité de l’argot utilisé à Paris et à Lyon ; il remplacer s’abouler.
Rabouler en suif : c’est arriver très brutalement et en colère.
Raclure : se dit d’une personne profondément méprisable.
Radasse : femme de mauvaise vie qu’a des heures de vols et n'est plus très fraîche. 
Radiner : les puristes de l’argot auraient écrit
Caroline a radiné chez les nains car le verbe radiner est intransitif et signifie venir, arriver, s’amener. Peu à peu radiner est devenu se radiner en forme pronominale : Caroline s'est radinée chez les nains.
Raffut : Grand bruit ; ce mot d’argot est entré dans le langage courant. Il avait pour origine le verbe raffuter qui n’est plus utiliser et qui signifiait, disputer violemment.
Raisiné pisse gros (le) : nous sommes dans le cas d’un saignement de nez conséquent, le sang est associé à la couleur du jus de raisin. 
Ravaler sa chique : agoniser et aussi mourir.
Rallèger : revenir, rentrer chez soi.
Rebiffe  : vengeance et faire murir sa rebiffe : préparer sa vengeance.
Regrettier : en parler lyonnais, ce sont les régisseurs d’immeubles ; utilisé par Guignol à qui
ça fait regret de payer son loyer.
Rejoindre la grande faucheuse : mourir.
Renauder : rouspéter, s’énerver, utilisé depuis le XVIIe siècle et qui a donné renaud : la colère. Nous avons ensuite : monter au renaud (se mettre en colère), être à renaud (être en colère), mettre à renaud (provoquer la colère) et chercher renaud qui est chercher querelle.
Rencarder : renseigner dans le sens de prévenir.
Rendre ses clefs : encore une belle métaphore pour mourir.
Retourner au charbon : reprendre le travail après une pause.

Revoyure – en lyonnais c’est se revoir à nouveau, à la revoyure signifie au revoir.
Rifougner : terme populaire utilisé surtout par les fenottes envers ceux qui rient sous cape ; il ne figure dans aucun dictionnaire !
Ripatons : c’est à la fois les souliers et les pieds, mais on utilise rarement ripatons pour souliers, il y a une bonne quinzaine de façons de parler des chaussures ex : grolles, écrase-merdes...
Rouler dans la farine : pour berner, tromper ou leurrer, est en fait un raccourci de l’expression complète : rouler dans la farine pour en faire des beignets
Rouler des biscottos : comme rouler des mécaniques, c’est frimer.
Rouler sa viande dans les torchons : aller se coucher.
Rouletier : voleur de grands chemins et roulottier c’est un voleur de voitures en stationnement.
Ruban : chemin sinueux de campagne.

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