D -E - F

D

Dalle (que) : expression argotique qui signifie « rien du tout » et rien à voir avec la dalle qui est la gorge, le gosier, dalle était de l’argent allemand à l’époque de Napoléon et être fauché, sans argent, c’était n’avoir que dalle (ce que répondaient les allemands quand les grognards demandaient de l’argent aux autochtones) ; Actuellement très utilisé avec comprendre : il ne comprend que dalle !
Dargeot : postérieur (surtout féminin)  créé en 1971 par San Antonio, pour l'homme on dit plutôt dargif.
Daron : ou dab, en argot c’est un petit patron et aussi le père. Un daron est aussi un tenancier de bistrot ou de maison close, mais pour la maison close, c’est surtout une daronne, une mère maquerelle. Un dabe c’est le père - une dabe ou dabuche c’est la mère - dabesse la mère supérieure d’un couvent et parfois une reine. Au pluriel, dabes ou darons ce sont les parents. Notons que le Grand Dab c’est Dieu.
Décaniller : partir à pied.
Décarrer : quitter un lieu et gicler c'est partir vite, se sauver.
Dèche : misère : bel exemple d’un mot qui est entré dans le dictionnaire courant et qui vient de déchet (ne posséder que des déchets, c’est être dans la misère) vient aussi de déchoir qui signifiait perdre au jeu et bien sûr celui qui a tout perdu dans un tripot clandestin se retrouve dans la dèche.
Dégoiser ou dégoise : discourir, le discours ; ces deux mots ont été créés par San-Antonio (livre6 – Des clientes pour la morgue 1953) et c’est surtout dire n’importe quoi.
Dégonflé : celui qui perd son courage par crainte ; ce mot est entré dans le langage usuel ; cette métaphore du verbe original se dégonfler est pareille que pour déballonné.
Dégoter : trouver, découvrir, rencontrer après recherches
Dégringoler de la croque : se rassasier avec de la nourriture en abondance.

Délourder : ouvrir ou déverrouiller une porte, (1957) ; c’était en 1851, détrousser.
Démenet : en lyonnais, dégourdi.
Dépoter son géranium : encore une façon imagée de mourir  
Derche
: postérieur comme dargeot mais là c'est mixte ; apocope et resuffixation de "derrière" les fesses. (1906)
Dessinandier : en canuserie lyonnaise, c’est celui qui exerce la profession de dessinateur pour la confection des pièces de tissu en soie.
Dévisser son billard : être à l’agonie, mourir.
Digeo : abréviation pour digestif
Douiller : payer avec regret ce qui va bien avec la douloureuse qui est une addition salée, pas une simple note.
Drogation, drogasser (se) : en parler lyonnais, "médication" et se drogasser, c'est prendre des drogues, des potions concoctées par les apothicaires.
Dubelloire : cafetière traditionnelle lyonnaise en grès ou en faïence avec passoire de même nature qui faisait partie du décor des loges de concierges, système à percolation inventé vers 1800 par Dubelloy, neveu d’un archevêque parisien. « 
Il y a toujours sur le coin du fourneau la dubelloire, manière que si quelqu’un vient à l’improviste, qu’on s’attendait pas, ben on lui paiera toujours une petite tasse de café ! Savez ça que c’est ! ».
Du gravier dans les lentilles : familièrement cette métaphore désigne une situation qui comporte un désagrément.

E

Ébravagé : en parler lyonnais : écervelé, sans réflexion, qui dit et fait n’importe quoi.
Écluser : boire une consommation, une bouteille, c'est en principe boire avec excès.
Écrase-merde : chaussure à semelle large et épaisse (1898) pour Caradec (1977), ce mot sans "s" est toujours au féminin pluriel "des écrase-merde". Plus rare certain disent un écrase-merde au masculin...
Embiernes : en parler lyonnais ce sont les ennuis, les embêtements de toutes sortes et parlant par respect, le Parisien dirait,  ‘’les emmerdes’’.
Embuni ou ambuni : vient de umbilicus en latin puis ombilic, désigne le nombril et par extension le ventre. Pour une femme enceinte on dit qu'elle a l'embuni en "pâté de vogue" par analogie à une patisserie ronde et consistante qui se vendait dans les vogues des autrefois.
En avoir sa claque : se lasser, en avoir assez, ras-le-bol... 
En croquer pour : aimer quelqu’un, sous ses différentes formes mais avec respect : platonique, fraternel ou celui de deux personnes entre-elles.

En loucedé ou lousdé, loucedoc, lousdoc : en douce, discrètement en catimini, mais ce n’est pas du louchebem, l’argot des bouchers lyonnais et parisien, c’est du largonji un code utilisé par certains professionnels au XIXème siècle et dont quelques mots ont été perpétués par les « mauvais garçons ».
Entourloupe : tromperie, escroquerie, vient du français entourloupette (jouer un mauvais tour) et bien sûr entourlouper c'est escroquer
Entuber : c’est tromper escroquer ; à l’origine c’était sodomiser sans connotation péjorative. Aujourd’hui le terme est galvaudé et remplacé par enculer qui reste plus injurieux.
Enviandé(e) : terme injurieux pour enfoiré car le verbe enviander signifie posséder sexuellement, sodomiser.

Épouser la Camarde... souffler sa veilleuse : quelques-unes des 48 expressions pour mourir. 
Équevilles : ce sont les balayures, les ordures en parler lyonnais.
L’escadrin : comme escalier, se dit au singulier quand il s’agit d’un ensemble de marches qui arrive sur un palier. S’il faut passer par plusieurs paliers, il faut dire les escaliers ou les escadrins (amis défenseurs de la langue française bonjour !).

Éternuer dans le son par la bascule à Charlot : c’est une périphrase bien explicite pour un condamné dont la tête tranchée tombe dans un panier de son après qu'il fut basculé sous le couperet de la guillotine.
Étiquettes : ce sont les oreilles. On dit aussi les portugaises (1950) par analogie à la forme des huitres portugaises.
Être d’équerre : convenir parfaitement.
Être déssampiller : c’est avoir les vêtements en lambeaux, déchirés.

Eustache – nous savons qu’il s’agit d’un couteau à manche de bois utilisé par les truands ; vient depuis 1776, du coutelier stéphanois Eustache Dubois.

F

Faire des polisses : en lyonnais c’est faire des polissonneries.
Faire le pet : une des métaphores amusantes du mot pet qui est à la fois quelque chose de bruyant, d’imperceptible, que l’on n’avoue pas et qui suppose , parlant par respect, de s’immobiliser pour le lâcher et donc ici c’est faire le guet en restant immobile et hors de vue.
Faire sa pelote : c’est gagner correctement sa vie pour mettre de l’argent de côté et une bonne pelote peut amener la fortune.
Faisandier : escroc : au début en 1843 c’était le terme faisant du participe présent du verbe ‘’faire avec’’ avant d’être rattaché en 1887 à l’oiseau faisan et par extension faisandier ; Aujourd’hui on utilise seulement faisan.
Falzar, fumantes : attributs vestimentaires, le pantalon et les chaussettes.
les fesses-tristes comme les pisse-vinaigre : ce sont des casseurs d'ambiance, des grognons toujours prêts à la critique négative. 
Faux derch ou faux cul : faux-frère, hypocrite, par analogie à l'accessoire féminin qui se plaçait sous la jupe pour donner l'illusion de fesses rebondies que poétiquement nous appelons des fesses callypiges.
Feignant, feignard, feignasse : vient de fainéant (faire le néant) et donc paresseux.
Fête à bras : reprendre le travail.
Fiarde : toupie de bois que l’on lance avec une ficelle enroulée, un jeu des cours de recrées des lyonnais des autrefois.
Fifrelette,  vient de fifrelin qui signifie pas grand-chose et donc c’est un peu comme dire ‘rien du tout’  puisque ce sont si peu de choses.
Filer ou avoir les abeilles : se faire énerver ou être énervé, expression très prisée des méridionaux : amis du midi bonjour ! 
Filer de l’huile : mourir lentement, à petit feu et pas obligatoirement dans la souffrance comme ici. 
Filoche : sac pour les courses, filet à provisions en parler lyonnais. Attention, c'est un sac ajouré comme un filet de pêche.
Finir en eau de boudin : se dégrader, mal finir.
Flouze : argent, terme générique comme pognon.
Foncer ou taper bille en tête : aller rapidement et sans hésitation, c’est un peu péjoratif car risqué ; la bille en tête, c’est la première boule de billard sur laquelle le joueur tape et qui va conditionner la réussite ou l’échec.
Fouille : tout le monde sait que c’est la poche, mais savez-vous qu’à l’origine ce mot fut employé par Rabelais en 1546 et signifiait ‘’la bourse’’ !

Fourachaux : mot lyonnais qui signifie écervelé et un peu fou, vient de ce que les travailleurs des fours à chaux de Vaise et de Saint-Clair du côté de Lyon avaient mauvaise réputation, un peu voyous, irréfléchis...
Foutre le souk : Mettre du désordre bruyamment. Le souk c’est aussi une boutique, un magasin avec toute sorte d’articles rangés de façon aléatoire et par extension, c’est la chambre en désordre des enfants. Le mot vient des marchés arabes qui sont hétéroclites, bariolés, vivants et bruyants.
Franglisme ou franglais, ce sont des mots, des effets de mode (souvent un peu snob) qui sont un mélange d’anglais et de français, ce qui n’apporte rien à la langue anglaise ou française, à l’inverse d’un anglicisme comme beefsteak, week-end... généralement nous adoptons un vrai mot anglais dans le français usuel pas un franglais.
Fric, pèze, pognon, les mots ne manquent pas pour désigner l’argent.
Frichti : vient de l’alsacien fristick et du lorrain frichtick dérivé de l’allemand früchstück (déjeuner du matin), c’est un en-cas, une nourriture simple.
Fricoter : c’est ici se livrer à une activité coupable. S’emploie aussi pour "faire bombance", "avoir des relations sexuelles", "gaspiller", et "faire des manigances". C’est un des rares mots d’argot qui a autant d’acceptions différentes.
Fringues, frusques : les fringues concernent tous les vêtements simples et ordinaires. Quant aux frusques ce sont de mauvais vêtement. Voir aussi sapé.
Frotter : à l'origine il s'agissait d'une danse en couple érotique, puis c'est devenu dans les années cinquante flirter, nouer une intrigue amoureuse, se caresser sans aller "trop loin" pour ne pas faire "Pâques avant carême" (être enceinte avant le mariage).
Fumer du bocal : être rouge de colère. 
Fuseaux : il s’agit des jambes généralement minces ni trop maigres "gigots fins" ni trop grosses "jambonneaux", et "stopper des deux fuseaux", signifie qu’on s’arrête brusquement sur place.
Futal : utilisé couramment en langage populaire pour désigner le pantalon, on dit aussi : le bénard, le bénouze, le grimpant.

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