A - B - C

A

Affranchir : mettre au courant, mais c’est aussi corrompre, soudoyer ; s’utilise également pour introniser quelqu’un dans une confrérie ou dans un monde différent et plus curieux c'est aussi : initier sexuellement un garçon ou une fille.
Agate : l’œil, pour les deux on dit plutôt calots
Agricher ou Agriffer:
attraper, accrocher fermement en tenant les mains comme des griffes.
Aileron : le bras et surtout l'avant-bras et la main ; s'utilise en général pour désigner la partie du corps saisie avec la main ; le terme est peu utilisé. Voir aussi brandillon ou manivelle
Aligner l’oseille : c’est payer comptant en argent liquide. Idem pour Cigler.
Argousin :
policier, gendarme, vient de agosin qui désignait au XVe siècle l’officier subalterne chargé de la surveillance des forçats
Arnaqueur – d'usage courant, nous savons qu'il s'agit d'un escroc et ce mot (d’origine picarde venant de harnacher : travestir) fut utilisé par le professeur Lacassagne en 1928 ; professeur de médecine légale à Lyon qui avait été à l’origine de la vocation du docteur Edmond Locard créateur de la scène de crime et du premier laboratoire au monde de police scientifique.
Arnoucher c’est scruter, regarder avec attention, du pur San-Antonio ( voir dans son dictionnaire et le livre titre 3 "Mes hommages à la donzelle" 1952).
Arpions - les orteils.
Arquepincer (se faire): se faire rappeler à l’ordre, se faire arrêter, être interpellé en étant saisi par les épaules. 
Arracher (s’) : partir, quitter rapidement un lieu.
Artiche, argent et l’artiche c’est surtout une somme importante en billets comme les feuilles d’un artichaut.

Arsouille : voyou dévoyé, le mot serait, parlant par respect, un dérivé de l’anglais « arsehole » qui veut dire trou du cul.
Artet et démenet : en lyonnais, se dit de quelqu'un bien comme il faut et dégourdi.
Artoupan : en lyonnais, cette fois, c'est un mauvais garçon.
À toute berzingue – à toute allure vient de berzingue qui voulait dire ivre dans le sens de l’exaltation !
Attatends : typiquement lyonnais on rajouter un préfixe consiste à accentuer le fait ou comme arregarder ou arreluquer qui intensifie l’action.
Attrape-couillon : un couillon était un être peureux et c’est devenu un naïf celui que l’on peut facilement duper et donc l’attrape-couillon est un attrape-nigaud.
Attriquer : acheter quelque chose.
Avoir la lourde – nous voici dans une expression du gaga stéphanois bien employée à Lyon pour signaler que l’on est mal dans sa peau, mal à l’aise et il est très utilisé les lendemains de cuite...
Avoir les crocs : avoir faim, c’est ce qu’on appelle : une métaphore animalisante.
Avoir les portugaises ensablées c’est avoir les oreilles bouchées.

B

Baliser : avoir peur, , se décline en plus de quarante expressions dont certaines croustillantes comme bander mou ou perdre ses légumes.
Bambaner (se) : flâner, se promener en parler lyonnais.
Bannes, toiles, torchons désignent les draps.
Bardanier : en lyonnais, le lit, la bardane étant la punaise de lit ; en argot on dit pucier dans le même esprit.
Barjacter : parler vite et fort.
Barre de chocolat : lingot d’or.
Baver sur les rouleaux c’est faire preuve d’une grande médisance, c’est ce que le loup reproche à l’agneau dans la fable.
Becter ou becqueter s’utilise pour manger avec la connotation animale du vite fait.
Belle-doche : belle-mère
Être ou se sentir benaise : en parler lyonnais, c’est la contraction de se sentir bien à l’aise, se dit surtout après un bon repas. 
Berlurer :à l’origine c’était rêver, se faire des illusions, Audiard l’employait aussi pour tromper se berlurer, c'est se tromper lourdement.
Beurler : crier, s’écrier en parlant d’une personne ; s’emploie dans le parler lyonnais (vient du latin bragullare : crier). C’est aussi chez les gones, meugler en parlant d’une vache.
Bicher comme un vieux pou : être suffisant, sardonique.
Biclou : vélo, bicyclette. On disait aussi biclo mais le biclou et le clou se sont imposés.
Bécane est plus utilisé pour un cyclomoteur voir comme le terme générique d’un appareil, un ordinateur, une imprimante et toute autre machine.
Bidoche : on dit aussi barbaque, viande généralement de mauvaise qualité, mais c’est aussi la chair humaine.
Bignou, bigophone, bigo, turlu, quatre des treize façons de désigner le téléphone.
Billes, châsses, hublots... toujours au pluriel, désigne les yeux ; pour un seul œil on utilisera plutôt une agate ou une gobille. Une trentaine de mots et expressions associées désignent l’œil ou les yeux.
Binz, bin’s ou bintz : mot très employé par Jacquouille la Fripouille dans les Visiteurs ; désordre, pagaille, bordel... Curieusement c’est à la fois une aphérèse (mot sans le début comme bus pour autobus)  et une apocope (mot sans la fin comme ciné pour cinéma) du mot cabinet où on a enlevé ‘ca’ et ‘net’ pour ne garder que bin (poubelle en anglais) en rajoutant un z et donc le binz c’est se retrouver dans une situation ou un lieu pas très reluisant !
Bistanclaque-pan terme lyonnais, onomatopéique pour le bruit que fait le métier à tisser Jacquard en fonctionnement.
Bitos, galurin ce sont des chapeaux, mais pas des casquettes !
Blaireau, pigeon, locdu : termes désignant celui qui est facile à berner.
Blase ou blaze : Vient de blason, c’est un nom, un prénom ou un surnom, mais ce peut-être aussi un casier judiciaire, un nom commun qui signifie aussi...le nez. Les deux mots figurent dans le Larousse et le Petit Robert.
Bloquer sur ses fumerons : se planter brutalement sur ses jambes, stopper.
Blouser : duper, tromper. Se faire blouser, c’est se faire avoir.
Bocal de cerise : terme traduisant la malchance. 
Boite à dominos : désigne la bouche avec les dents, mais c’est aussi un cercueil avec le squelette, les dominos étant alors les os.
Boite à mensonge : la bouche.
Boite à viande, boite à os, ou boite à asticots : trois des dix appellations pour cercueil.
Bonnard : ce dit en argot d’une chose qui se présente bien. Par contre pour une personne, être bonnard, c’est être trop bon, crédule, naïf.
Borgnotter ou borgnoter : regarder avec attention et insistance en plissant les yeux.
Bosser - comme gratter, turbiner, trimer... c'est travailler dur : il existe une centaine d'expressions qui précisent "la qualité" du travail ; par exemple, celui qui travaille au noir et utilise le matériel de son patron, il perruque.
Boucane (la) : vient de boucaner, puer et c’est la mouscaille, les excréments.
Boules de loto ou gobilles, cela évoque des yeux ronds et exorbités
Boulotter : c’est à la fois manger ou dépenser tout ce qu’il y a, sans laisser de reste pour le manger et jusqu’à son dernier sou pour la dépense. 
Boustifaille : nourriture familière ; on utilise le verbe boustifaillé pour manger grossièrement.
Bourrer le mou, le crâne ou la caisse : C’est raconter des histoires, des mensonges, bluffer.
Braise : c’est de l’argent qui brûle et file entre les doigts de celui qui en a.
Brandillon : bras, surtout l'avant-bras quand on le saisit.
Branque :  qui se laisse facilement berné, sot ; c’est aussi un insensé, un fou ou quelqu’un de stupide et enfin c’est également le client d’une prostituée. Le mot vient de branci qui en piémontais signifie âne.
Bredouillon ; en lyonnais c’est un inconstant qui n’a pas de parole.
Briffer, tortorer : c’est manger copieusement. 
Briser les portugaises : casser les oreilles.
Broquilles : minutes – « il est trois plombes et quinze broquilles à la dégoulinante de la bastoche » : « il est trois heures et quinze minutes à la pendule du salon ; 
l’expression argotique s’utilise en fait dans son intégralité pour répondre à celui qui demande l’heure...même dans la rue.

C

Ça baigne, tout baigne : sous-entendu dans l'huile, le beurre ou la margarine, pas dans l'eau ; autrement dit il s'agit de lubrification pour dire que tout fonctionne bien et qu'il n'y a pas de friction.
Cabochon ou cabèche : en lyonnais, sommet de la tête.
Cacou : en lyonnais c’est l’œuf, une  onomatopée qui vient du cri de la poule.
Caduche : se mettre au caduche c'est tirer au flanc, faire semblant d'être malade ; s'emploie dans le monde du travail pour celui qui par fainéantise feint la maladie, va voir son toubib et se met à la sécu.
Cage à poulet ou boite à ragoût, désigne l’estomac et était bien utilisé des anciens lyonnais, qui étaient nombreux à consommer le dimanche du poulet rôti avec un bon ragoût de ‘’pommes’terre’’.
Cage à soufflets : Poitrine, les soufflets étant les poumons.
Cagouinces : toilettes ; en lyonnais nous disons : les écommuns qui vient de la période où les w.-c. étaient partagés et sur le palier.
Calancher, fermer son parapluie : mourir.
Calcif, calbute ou calbar : c’est le caleçon ou caneçon en parler lyonnais.
Calendos, coulant, fromgi : Un calendos est toujours un camembert ; un coulant c'est aussi un fromage frais qui en vieillissant se met à couler voir se peupler de petits asticots (astibloches) ce qui donne l'impression qu'il "marche" ; fromgi est le terme générique de fromage.
Calots – toujours au pluriel, désigne les yeux ; pour un seul œil on utilisera plutôt une agate ou une gobille.
Calter ou se calter
 : partir en courant.
Cambuse contrairement à l’argot qui lui donne une connotation négative, en parler lyonnais c’est un appartement ou une maison classique.
Ça sent la fin de saison : ce sont les derniers instants d’un agonisant.
(Se) casser le bourrichon, c’est réfléchir intensément et se tourmenter parce que la bourriche relève de la tête d’un académicien, d'un intello. 
(Se) casser le cabochon, c’est réfléchir simplement parce que comme la caboche, cabochon est la tête du commun des mortels.
Caquenano : en lyonnais, personne niaise qui est aussi emprunté, empoté.
Carrée : en argot, c’est une chambre et par extension un petit appartement, une maison quelquonque.
Carafon : c’est la tête, mais surtout le sommet et là où se tient le cerveau car un mauvais carafon est synonyme de mauvais caractère, une tête dure ou de cochon.
Casaquin : métonymie de ce qui était au XVIIIe siècle un petit vêtement du dessus du genre paletot et donc c’est le dos à la hauteur des épaules.
Chabanais : Comme raffut, c’est du tapage, du désordre et du scandale. À l’origine, le chabanais était une maison-close (vient d’un célèbre lupanar, rue Chabanais à  Paris) et aux cartes, avoir un chabanais, c’est avoir un carré de dames qui donc rapportent...des points !
Chanin : en lyonnais qualifie un temps, un vent, désagréable, vif, aigre, piquant.
Chiader : accomplir parfaitement une tâche.
Chichon : À l’origine c’est chicha mot en verlan de haschisch.
Chicaison et lichaison : se dit d’un repas copieux riche en nourriture et boissons.
Chipoter : faire le difficile et aussi marchander : une petite nuance dans faire chipoti-chipota qui signifie être maniéré, précieux, minauder.
Choucard c’est une appréciation très positive et élogieuse pour dire beau, bien ou bon.
Chougner ou chouigner : en lyonnais c’est pleurer en poussant des cris comme un petit porc qui se dit choun.
Chouïa : vient du maghrébin Chouya qui signifie : un peu. Chouravé ou chouré c’est voler, pas dans les airs mais dans la poche du voisin.
Ciboulot: en lyonnais, sommet de la tête
Cigler c’est payer comptant en argent liquide. Idem pour aligner l’oseille.
Cigroler
 : lyonnaisisme pour  secouer en tous sens.
Claboter : un mot de plus pour mourir et s’emploie souvent pour mourir de froid ou sur la place publique comme la petite fille aux allumettes.
Claqueposse : dans les années trente, en place Bellecour à Lyon, il y avait un coin entouré d’une mini barrière décorative, réservé aux enfants avec des balançoires et des véhicules à pédales qui se louait à la demi-heure. De même les mamans pouvaient louer des chaises pliantes. Les jeunes mamans et nounous employées par la haute bourgeoisie, s’y arrêtaient pour allaiter les petits minots. Il y avait alors ceux que nous appelons des voyeurs, qui, à peine dissimulés par les tilleuls, s’embusquaient pour lorgner les seins des jeunes femmes et ces claquesposses (de posses, forte poitrine et surtout mamelles des animaux) étaient houspillés par les gens respectables qui les pourchassaient à coup de cannes ou de parapluies. Le terme est resté pour désigner celui qui sournoisement reluque les attributs féminin.
Claquer de la menteuse : claquement de langue pour exprimer sa satisfaction.
Cloquer : mettre quelque chose à quelqu’un sans ménagement, rapidement.
Constipé du morlingue : le morlingue, il s’agit du porte-monnaie féminin, celui avec le petit fermoir métallique à deux boules qui s’entrecroisent, d’où l’expression être constipé(e) du morlingue pour définir l’avare, qui volontairement n’arrive pas à l’ouvrir.
Le porte-monnaie masculin est désigné sous le terme crapautard (Dictionnaire argotique des trucs, des bidules et des machins).
Coqueluchon : En lyonnais, au sens propre, c’est le haut d’une fiarde (toupie de bois que l’on lance avec une ficelle enroulée, un jeu des cours de recrées des autrefois) ; au sens figuré c’est le sommet de la tête.
Coquer la miaille c’est en lyonnais faire une bise sur la joue.
Cracher : au début signifiait avouer mais pas spontanément, puis le mot a évolué et s’est diversifié de façon souvent métaphorique avec l’idée de débourser ou donner avec plus ou moins de facilité ou de contrainte comme, cracher au bassinet pour payer sous la pression, cracher le marmot pour accoucher, cracher le venin pour éjaculer (à la différence du français classique qui signifie dire des méchancetés), cracher blanc, du coton ou de la ouate pour avoir soif. Autrement nous avons : cracher son embouchure ou son âme pour mourir. Cracheur de bobards : menteur invétéré et une curiosité : cracher jaune, qui signifie être riche.
Crapahuter : à l’origine s’était un terme militaire pour désigner une marche forcée avec exercices au sol. Par extension c’est devenu : faire une randonnée, marcher sur un chemin difficile et long.
Crécher : en argot, c’est résider, habiter dans son domicile principal.
Crevogner : en lyonnais, être très fatigué, abattu.
Croquenots ou croquenauds : chaussures.
Cuchon : quantité en lyonnais : un des rares mots de ce parler régional encore bien utilisé de nos jours.

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