Épisode 13 à 15

Épisode 15 – On se dirrige vers la veillée funèbre

La mort n'est en définitive, que le résultat d'un défaut d'éducation
puisqu'elle est la conséquence d'un manque de savoir-vivre

Pierre Dac - Avec mes meilleurs pensées

Où la Reine jubile, Gaston fait la gueule, les Nains et les Ingalls sont effondrés.    

Toute excitée la teigneuse, s’enquille dans sa piaule. Sur un guéridon une lettre est posée bien en vue. C’est une bafouille de Platt-Fuss.
« Salut ma Grosse !
Soulignons ici que chez les sorciers, ce sobriquet est une marque de gentillesse et d’affection sans la moindre connotation péjorative. Merci de m’avoir prévenu de ton succès avec une photo du cadavre de la princesse adressée sur mon smartphone. Je n’ai donc plus aucune raison de prolonger mon séjour et avec Azurel nous repartons dans ma contrée, pour l’ouverture de la chasse... aux stroumpfs. Bonne continuation, plus rien ne te fait de l’ombre, alors profite !» 

La cigogne facteurReposant la bafouille, la Reine va s’asseoir à son bureau. Sur l’écritoire, elle prend sa plume d’oie Mont-Blanc (une contrefaçon) et répond : « Bon vent à toi aussi vieille canaille, éclate-toi bien ; Je t’adresse mes souhaits les plus vénéneux pour la réussite de ton projet. N’oublie pas d’invoquer la patronne des technocrasses, notre copine Mélusine Enfayite ».

Dans un tiroir, elle récupère un sifflet à ultra-sons, souffle et moins d’une broquille plus tard, la cigogne-facteur vient se poser sur le rebord de la fenêtre avant de repartir livrer la missive au sorcier noir.

Pétante de joyeuseté, elle file zapper Gaston qui lui présente sa trombine des mauvais jours ce dont elle n’a cette fois rien à cirer.
- Alors génie de pacotille c’est qui la plus choucarde du royaume ? quémande-t-elle.  

La Reine et GastonD’une voix enrouée par la tristesse le génie rebrique :
- Blanche Neige a soufflé sa veilleuse, c’est sûr. Pourtant même à l’état de viande froide, elle reste encore le prix de Diane de toutes les drôlesses d’ici ou d’ailleurs. Tu te berlures si tu crois être la premzire. Tu restes et resteras un outsider et puis c’est marre ! 

Esgourdant cette diatribe, la Reine grimpe au cocotier, vire au cramoisi, pète sa tuyauterie et pour ne pas choper un infarctus foudroyant, elle balance un cendrier mastoc, en faux cristal sur l’écran. Le miroir plus du tout magique explose, libérant Gaston qui ne demande pas son reste et prend son tapis volant pour rejoindre ses potes qui turbinent du côté de Bagdad.
C’est ça dégage le plancher, je n’aurais pas de mal à te remplacer, éructe la Reine qui s’enferme aussi sec dans sa chambre en bougonnant.

Dirigeons notre caméra sur le lieu du drame.

Les nains de retour du turbin raboulent dans leur cambuse. Ça n’est pas un spectacle jojo qui se présente à eux lorsqu’ils biglent Blanche Neige affalée sur le parquet.
Rêveur fonce illico, espérant ranimer l’orpheline. Mais que dalle !
C’est la fin des haricots, la grande faucheuse a chouravé notre amie, jacte-t-il dans un sanglot.

- Si la raclure me tombe sous la paluche, je lui ferai passer le goût du pain, je l’explose, la ventile, la disperse façon puzzle, je lui crève la paillasse lentement à petit coups de surin, rajoute Dynamite qui connaît bien les Tontons flingueurs.

Bouftou tombé à genoux près de la princesse, lui prend une main et grommelle des injures à l’encontre de la mauvaise.

Grisbi suggère qu’on mette un contrat sur la tête de la Reine :
- Nous avons suffisamment de pognon pour embaucher Jason Statham le flingueur le plus sûr et le plus efficace au monde ainsi que Josh Randall le meilleur chasseur de primes du pays.

Nous allons y réfléchir lui répond avec un triste sourire, Dandy, mais pour l’instant, ne la laissons pas sur le carreau, déposons-la sur son pieu pour la veiller toute la nuit.

Blanche NeigeHercule avec délicatesse la porte jusqu’à sa chambre, l’installe dans son pageot avant d’écraser une larme qui coulait sur sa joue. - C’est l’effort dit-il.

Sans doute, sans doute, toussote Cosinus en rajoutant : je vais bigophoner chez les Ingalls pour les prévenir.

Quelques broquilles plus tard, la famille débaroule dans la carrée.
Je vais préparer les en-cas avec du sauciflard, de la charcutaille et du fromgi, signale Bouftou, suivi dans la cuisine par son pote Rêveur.
- J’ai récupéré la trousse à maquiller et la médaille de baptême de Blanche dans son
sac Vuitton, je vais lui faire une petite décrassouillette funéraire, informe Caroline.
Je viens t’aider lui dit Laura.

En regardant la princesse, Caroline se retourne brusquement et déclare à la cantonade :  

Fin de l’épisode ! A suivre...

Que va déclarer Caroline ?
Réponse A : J’ai un ami dont les ancêtres étaient les momificateurs  attitrés des pharaons ; C’est une pointure, il était même pressenti pour momifier Mao ; Je peux l’appeler, il viendra avec ses vases canopes pour mettre les viscères, foie, reins, rate, cœur... !
Réponse B : Elle commence sa décomposition, si vous ne voulez pas que ça fouette avant l’aube je suggère de la tremper dans un bain de lavande
Réponse C
 : Avez-vous remarqué que notre amie a gardé ses couleurs, sa chaleur ; c’est comme si elle ne piquait qu’un roupillon. Elle n’est même pas raide comme un macchabée !
Réponse D : Nous devions aller faire les magasins demain, est-ce que vous savez où elle rangeait ses bons de réduction, ce serait dommage de les perdre !

Glossaire
Choucard
c’est une appréciation très positive et élogieuse pour dire beau, bien ou bon.
Souffler sa veilleuse : jolie périphrase pour mourir, rendre son dernier soupir.
Prix de Diane : nous sommes dans le summum de la beauté avec la séduction et l’intelligence en prime ; en hippisme, le prix de Diane est réservé aux pouliches et donc celle qui gagne est parée de toutes les qualités par les turfistes. Une belle femme est en argot une belle pouliche et le prix de Diane c’est la plus belle parmi les belles. C’est pour cela que Gaston traite la reine d’outsider.
Grimper au cocotier c’est atteindre le paroxysme de l’énervement, ce qui conduit à Péter sa tuyauterie c’est-à-dire perdre toute retenue.
Rabouler signifie rentrer chez soi ; le mot ne se trouve pas dans les dictionnaires officiels d’argot car s’est une particularité de l’argot utilisé à Paris et à Lyon ; il remplacer s’abouler. Papa disait "raboule ta fraise" pour "viens ici".
Raclure se dit d’une personne profondément méprisable. Les gandous lyonnais (ceux qui vidaient la nuit les fosses d'aisance) utilisaient de longues raclettes pour enlever les "raclures" c'est à dire les résidus de merde séchée (parlant par respect) collées dans la cour.

Épisode 14 -  La pomme, c'est comme pour Adam et Eve, c’n’est pas bon !

Parler pour ne rien dire ! Marcher pour ne pas avancer
Vaut mieux se taire et rester assis

Raymond Souplex    

Où la reine déguisée en Gisèle des vamps pourrait bien être la grande faucheuse.    

Ce jour-là, descendue dans son labo, la reine fricota un poison mastar à base de venin d’aspic. Elle avait fait installer un vivarium où elle élevait des serpents. Au début elle avait choisi des vipères de race lubriques, mais leur venin ne tuait pas et provoquait des effets secondaires sur les drôlesses, du genre accélération de la libido, un peu comme le viagra chez les michtons.

– Y n’faut pas que je renouvèle l’erreur commise sur Lady Chatterley. Je croyais la tuer, mais le poison l’a rendue foldingue du sexe et elle m’a même piqué mon amant, Marcel le garde-chasse ! Pensa-t-elle.
Du depuis cet incident, elle avait cherché de nouvelles formules dans ses grimoires jusqu’au jour où en visionnant le film « Cléopâtre » de Franc Roddam, avec Timothy Dalton (Jules César), Billy Zane (Marc-Antoine) Rupert Graves (Antoine/Auguste) et Leonor Varela (la reine d’Egypte), elle s’était délectée en visionnant le suicide de la reine qui mourait d’une piqure d’aspic. Elle avait donc viré les vipères pour les remplacer par des aspics égyptiens qu’elle faisait venir du Caire.

– Si avec ça je rate mon coup, je rentre au couvent, se dit-elle.

Elle inocule le poison à l’aide d’une piquouze dans un quartier de pomme « royal gala », bien sûr. De sa malle à défroques, elle se travestit en ‘’Gisèle’’ la Vamp (Dominique de Lacoste) qui disait dans un sketch avec Lucienne: « La mort ??? Ah non !!! Je n'y pense jamais, ou alors je pense à celle des autres, c'est plus gai. »  

Rappelons que son labo donne sur une rivière qui lui permet de quitter en loucedé le palais pour aller espionner ses sujets dans une taverne du patelin. Malheur au blaireau de l’opposition qui après avoir jeté de la grêle sur elle, se retrouvait entôlé dans une oubliette sans piger qui l’avait balancé !

Et donc le lendemain à l’aube, elle s’enquille par ce passage puis se dirige vers la turne des Nains. Planquée à proximité, elle sort de son sac Hermès, un thermos de caoua bien chaud. Elle s’en mouille la meule, d’une tasse pleine avec deux sucrettes. Lorsque l’alarme de son portable se déclenche vers les dix plombes, elle s’en va toquer à la lourde du gourbi.
Blanche Neige se rend à la fenêtre et bonnit que par sécurité, elle ne délourde pas. La Reine, opine du bonnet et jacte qu’avec tous ces loubars et traîne-patins faut faire gaffe pour pas finir entubé.
Pendant que les deux frangines se tapent la converse, la fausse Gisèle sort de son sac Hermès la pomme royal gala qu’elle partage en deux, croquant la première moitié. Elle tend la partie empoisonnée à Blanche Neige qui l’accepte sans méfiance et prend son opinel dans son
sac Vuitton pour éplucher le fruit.
L’Orpheline cuisine alors la Gisèle sur le pourquoi du comment, elle trimbale sa viande dans le coinstaud. Gisèle rencarde qu’elle était une tantine de Charles Ingalls.

-Ca fait bien cinq piges que je n’ai pas pété la miaille de mon neveu, de sa fenotte et des trois pisseuses. Je me suis donc remué le lard pour rabouler ici et leur faire une petite surprise. Mais Toi ma chouquette, que glandouilles-tu dans ce bled ? 

Blanche Neige, suivant les conseils de ses nouveaux amis, dégoise qu’elle bosse comme stagiaire de Diamondsland à Anvers, capitale mondiale du commerce de diamants.
- Mes potes, les rase-bitume, extraient de leur mine des pierres de haute qualité. J’ai pour mission d’en négocier l’achat. Elle poursuit son baratin sans croquer le fruit, ce qui commence à gonfler la mauvaise.

Blange neige et la pommeOn va pas y passer le réveillon, faut qu’elle arrête de bavocher, pense-t-elle.
-Excellente cette pomme, dit-elle en croquant un quartier ! Sur ce, Blanche Neige coupe un morceau de royal gala et se l’enfile d’un trait. Elle en a aussitôt la sifflette coupée, bat l’air de ses bras et s’abouse sur le plancher.

La Reine qui a amené un rossignol offert par Fantômas, force la porte d’entrée, se précipite vers sa bru et pour ne pas se faire blouser une seconde fois, vérifie que la môme a bien dépoté son géranium. Le pouls ne bat plus, la flamme d’une allumette devant ses lèvres ne vacille pas et elle lui croque un doigt de pied. Dans les autrefois, lors du constat de décès, les carabins se faisaient accompagner de celui qui était chargé de l’inhumation. Celui-ci croquait un orteil et si le corps ne tressaillait pas le décès était confirmé. C’est l’origine du vocable croque-mort. Blanche Neige n’ayant réagi à aucun des trois tests, la Reine, confiante, se renquille au palais dans un ricanement sinistre.

Fin de l’épisode ! Ou de l’histoire ! A suivre...Peut-être...

Que peut-on rajouter ?

Réponse A : On ferme le bouquin, on plie les cannes et on allume la téloche pour zieuter le journal de vingt plombes. C’est plus gai. Quoi que…avec les infos !
Réponse B : Si on veut que les amerloques rachètent le scénario, on fait intervenir Bruce Willis qui après avoir piqué l’antidote au docteur Frankenstein, ranime la minette qui n’était autre que la fille cachée de Walt Disney
Réponse C
 : Les rois mages ayant vu dans le ciel l’étoile annonciatrice du décès de la princesse, ils convoquent les chevaliers de la table ronde pour partir rechercher le saint Graal capable de faire revivre Blanche Neige.
Réponse D : Si vous croyez que je vais laisser l’histoire se finir en eau de boudin, c’est faire un mésusage de votre capacité à positiver. Essayez donc d’imaginer ce qui va suivre !

Glossaire
Fricoter c’est ici se livrer à une activité coupable. S’emploie aussi pour faire bombance, avoir des relations sexuelles, gaspiller, et faire des manigances. C’est un des rares mots d’argot qui a autant d’acceptions différentes.
En loucedé ou lousdé,loucedoc, lousdoc -  en douce, discrètement en catimini, mais ce n’est pas du louchebem, l’argot des bouchers lyonnais et parisien, c’est du largonji un code utilisé par certains professionnels au XIXème siècle et dont quelques mots comme celui-ci, ont été perpétués par les « mauvais garçons ».
Jeter de la grêle c’est médire, par opposition à jeter de la pommade qui est flatter, mais le résultat est pareil, c’est de la moquerie.
S’enquiller, s’introduire, pénétrer dans un lieu, sur une route, un endroit balisé. Autrefois enquiller signifiait cacher entre les cuisses un objet volé à la détourne. Quille c’est la jambe.
Entuber c’est tromper escroquer ; à l’origine c’était sodomiser sans connotation péjorative. Aujourd’hui le terme est remplacé et galvaudé par "enculer" qui pourtant reste plus injurieux.
Traîne-patins c’est un miséreux, un vagabond, mais toujours louche à l’inverse du clochard volontaire ou du Sdf involontaire.
Trimbaler sa viande c’est se promener nonchalamment ou marcher avec difficulté.
Péter la miaille, expression lyonnaise pour faire la bise.
Glandouiller c’est en principe perdre son temps où se trouver dans un trou perdu ; le terme s’utilise donc pour comprendre la situation d’une personne qui ne semble pas à sa place.
Se remuer le lard c’est se décider à agir en se déplaçant.
S’abouser, belle métaphore lyonnaise pour signifier qu’on tombe en s’écrasant comme une bouse de vache.
Blouser, duper, tromper. Se faire blouser, c’est se faire avoir.
Dépoter son géranium  encore une façon de mourir.
Finir en eau de boudin, se dégrader, mal finir.

Épisode 13 – Encore un essai manqué mais c’était moins une !

Mon chat est pratiquant : le vendredi donnez-lui à choisir
entre le ronron à la viande et le ronron au poisson,
il choisira le ronron au poisson
.
Jean Carmet – Je suis le badaud de moi-même.

Où Caroline sauve sa copine tandis que la reine fait une pause.

Dirigeons notre caméra en direction du bruit de moteur pétaradant qui s’amplifie en arrivant vers la chaumière. Bon sang, mais c’est bien sûr, il s’agit bien de Caroline.

Benz velo 1886Elle se pointe au volant de sa « Benz Vélo » la première voiture brevetée et commercialisée en série en 1886. Elle comporte deux roues arrière conductrices, un moteur à un cylindre horizontal avec un arbre à cames vertical. Ce bijou peut quand même atteindre des pointes de 25 kilomètres à l’heure. Arrivée devant le perron, elle actionne son klaxon à poire mais ne voyant pas sa copine sortir, elle descend de sa calèche motorisée.
Intriguée par la fenêtre entrouverte, elle zyeute à l’intérieur et borgnotant sa pote, raide sur le carrelage, elle récupère dans le coffre de la tire, la trousse à pharmacie qui, à cause des pannes et des retours de manivelle, est livrée en sus d’un nécessaire de réparation. De son
sac Prada, elle sort le rossignol que lui a offert son copain Arsène Lupin et déverrouille la porte d’entrée. Zieutant la princesse qui commence à bavocher, signe annonciateur que celle-ci va dévisser son billard. Caroline qui possède son brevet de secouriste, diagnostique un empoisonnement cutané.
Elle repère la blessure superficielle au cuir chevelu, ce qui la rassure, car le poison vient à peine de commencer son infiltration. Elle le pompe avec l’aspi-venin et lui fait une piquouze de contre poison. Au bout de quelques minutes, la Princesse soulève ses mirettes en poussant un petit soupir.
Elle sourit en reconnaissant sa voisine qui l’aide à se lever et à s’installer sur le canapé. Lorsqu’elle cause de sa mésaventure avec Mary Poppins, Caroline rebrique que c’n’est pas la vraie gouvernante, car celle-ci est toujours à Londres d’où elle lui a bigophoné la veille.

- Il doit surement s’agir d’un nouveau stratagème de ta belle-doche déclare-t-elle car la mauvaise est plus tordue qu’un pied de vigne. Je te suggère de remettre nos soldes à plus tard. Préparons-nous un petit frichti pour nous remettre de nos émotions.

Pendant ce temps, la marâtre qui a retrouvé son apparence, arrive au château. Elle s’enquille par l’entrée de la valetaille pour ne croiser personne. Une fois dans sa piaule, elle se torche un bon verre de whisky et clique sur la touche ‘’on’’ du miroir magique. En reluquant la sale bouille de Gastounet, elle pige qu’il y a encore du gravier dans les lentilles. Il a les chocottes comme un astibloche que l’on présente à un hameçon.

Avant qu’il ne commence à bafouiller, la Reine Mère jacte :   
Te caille pas le raisin, rien qu’à arnoucher ta face de carême, j’augure que tu vas encore déballer des salades pour noyer le poiscaille ! Autant te la ramener tout de suite à la case départ et t’allonger derechef sur ce qui c’est passé, ça nous fera un bonus.  

Votre Grandeur est trop bonne ! Se répand le Génie trop heureux de se la jouer lèche-carpette. Il poursuit :
Caroline, la bergère de Charles s’est radinée chez les rase-moquettes dès que tu avais mis les bouts. Elle a toujours du sérum anti venin depuis l’an passé lorsque Laura la pisseuse a débusqué un serpent à sonnette. La nouillette avait cru que c’était une des maracas oubliée par les Mariachis qui avaient donné un spectacle au village voisin de Trifouillis les Oyes. Heureusement, le crotale n’avait presque plus de venin, et la gosse soignée tout de suite en fut quitte pour une grosse fièvre.

La reine commence à trépigner et Gaston reprend très vite :
En fait, ton peigne empoisonné a ripé sur le serre-tête de Blanche Neige et l’écorchure a été trop superficielle pour que le venin agisse rapidos. C’est bien la scoumoune qui nous poursuit. Dépitée, la teigneuse éteint le miroir laissant Gaston songeur.

Le génie se revoit postuler pour un job très sympa au palais de Shéhérazade. Hélas, son pote Ali le devança et le coiffa au poteau en le laissant baba, et du depuis, ça faisait déjà mille nuits qu'Ali savourait les histoires qu'elle racontait à son Seigneur et maître ; ce soir ce devrait être la mille et unième.
Gaston avait ensuite réussi son entretien d'embauche pour s’installer au château du roi Stéphane, mais le miroir ne fut jamais livré, car la fille du roi victime d'un maléfice, s'était malencontreusement piqué le doigt avec le fuseau d'un rouet. En conséquence, toute la smala, le père, la mère, la fille, les courtisans et les domestiques comme les animaux ainsi que les plantes vertes s'endormirent pour cent ans. Dépité, le génie retourna à la case chômdu jusqu'à ce qu'il dégote ce bisness à la gomme.      

Je me suis vraiment fait arnaquer, gémit-il !
Pour se consoler et la reine s’étant retirée, il en profite pour passer un coup de grelot à son pottos Ali afin qu’il lui narre le mille et unième conte de Shéhérazade.

De son côté, la teigneuse décide de laisser murir sa rebiffe jusqu’à temps que la Princesse, les bas-des-miches et la famille Ingalls relâchent leur niveau de sécurité.

Pendant une semaine, elle joue (ou plutôt devrais-je dire elle triche) aux tarots avec Platt-Fuss, l’épongeant de cent sacs qu’il lui refile d’ailleurs en monnaie de singe avec des faux fafiots. Puis un soir…

Fin de l’épisode, à suivre...

Que va encore imaginer la mauvaise ?
Réponse A : Injecter de la strychnine dans un régime de banane
Réponse B : Injecter de la mort au rat dans une portion de boudin
Réponse C : Injecter de la ciguë dans une pomme « royal gala »
Réponse D : Injecter de l’arsenic dans un panier de cerises orné de vieilles dentelles
« Mangez des fruits pour être en bonne santé ! » En est-on bien sûr ?

Glossaire
Borgnoter
c’est regarder avec insistance.
Dévisser son billardêtre à l’agonie, mourir.
Belle-dochebelle-mère.
Frichti
vient de l’alsacien fristick et du lorrain frichtick dérivé de l’allemand früchstück (déjeuner du matin), c’est un en-cas, une nourriture simple.
Piauleau XVIIème siècle il s’agissait d’une gargotte, un lieu malfamé avant de glisser petit à petit vers un appartement modeste. S’utilise aussi pour une chambre d’enfant toujours en désordre.
Se torcher une boissonc’est boire un bon verre d’alcool, s’utilisait au début du XXème siècle pour prendre une cuite dans le sens familier, ironique : « se mettre propre ». Dans le Nord-Pas de Calais torcher en parler régional signifie saucer, essuyer son assiette.
Du gravier dans les lentillesfamilièrement cette métaphore désigne une situation qui comporte un désagrément.
Radinerles puristes de l’argot auraient écrit Caroline a radiné chez les nains car le verbe radiner est intransitif et signifie venir, arriver, s’amener. Peu à peu radiner est devenu se radiner en forme pronominale.
Scoumounenous connaissons tous ce terme qui désigne une forte malchance, il vient depuis 1930, des truands corses et marseillais, pour désigner la scomun qui dérive du latin excommunicare et n'oublions pas que l’excommunication était ce qui pouvait arriver de pire dans les autrefois.      

Commentaires (1)

marie thé
  • 1. marie thé | 10/09/2016
on reconnait bien notre blanche neige endormie.... suspens!

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